Valérie Sengler psychanalyste à Paris Saint-Mandé

Psy spécialiste des pathologies lourdes, enfant, adolescent, adulte

Harcèlement de l’enfant

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Harcèlement de l’enfant

Votre enfant a changé. De gai, il est devenu taciturne. Il n’a plus envie d’aller à l’école. Il dort mal… Après la surprise survient le questionnement et l’inquiétude. Que vit mon enfant ? Comment puis-je l’aider ?

Comment repérer le harcèlement ?

Deux chiffres qui parlent d’eux-mêmes : 1 enfant sur 10 souffre de harcèlement et 50% des enfants n’en parlent pas (source UNICEF 2014).

Les indices d’un possible harcèlement

Le harcèlement peut se repérer à deux niveaux : l’attitude de l’enfant et l’état de ses affaires.

En effet, l’attitude de votre enfant a changé. Il est irritable, se renferme sur lui, est nerveux, fatigué, il mange beaucoup ou moins, n’a plus d’entrain, fait des cauchemars, se néglige, se fait mal, ne veut pas aller à l’école, ne veut plus manger à la cantine et veut arriver à l’heure exacte des cours et jamais en avance.

En ce qui concerne ses affaires, de façon répétée son matériel scolaire est abîmé, ses vêtements peuvent être déchirés ou « disparaissent », les lunettes peuvent être cassées… Ce caractère répétitif doit être un signal d’alerte.

Harcèlement de l’enfant : à ne pas dire, à ne pas faire

La question à ne surtout pas poser est celle qui consiste à demander : «  es-tu victime de harcèlement ? » Elle est trop frontale et va susciter de la peur chez votre enfant. De fait, il répondra quasiment toujours par la négative. Pourquoi cette peur ? Peur d’être dépassé par votre réaction, par ce que vous allez faire. Il ne voit pas comment il va pouvoir continuer à gérer son quotidien à l’école après un éventuel esclandre de votre part.

Comment dire et faire dire le harcèlement ?

Il faut amener le sujet indirectement : « Je sais qu’il y a parfois des problèmes… est-ce que c’est ce qui t’arrive ? Je ne sais pas ce qui se passe à l’école pour toi, mais si j’avais été dans ce cas lors de ma scolarité, j’aurais aimé pouvoir en parler à mes parents. »

Il faut lui promettre de ne rien faire sans son accord. Cette promesse va le rassurer et lui permettre de s’ouvrir à vous en toute confiance. Il sera également décideur dans ce qui sera mis en œuvre et aura ainsi à nouveau un certain contrôle sur ce qui lui échappait auparavant. Il ne subit plus et c’est déjà un grand pas pour lui.

Quelles actions mener contre le harcèlement de l’enfant ?

La procédure officielle

En tant que parent, vous pouvez rencontrer le chef d’établissement et/ou le médecin scolaire ou l’infirmière scolaire pour leur faire part de ce que votre enfant vit. Vous pouvez également porter plainte. Ce sont là les procédures officielles. Pour ma part, je pencherai pour une autre approche…

La psychanalyse pour lutter contre le harcèlement

Pourquoi un travail psychanalytique plutôt que les procédures officielles ? Il me semble que les cours de récréation sont des microcosmes de notre société régis par des codes et que les conflits entre élèves doivent se régler entre élèves. Il ne faut pas se voiler la face en se disant que l’intervention des parents auprès de la hiérarchie va arranger les choses. Souvent, l’intervention va au contraire aggraver le vécu de l’enfant qui sera catalogué de « vraiment trop nul, tes parents sont obligés d’intervenir à ta place ». Ce message sera très humiliant pour votre enfant et va le conforter dans sa position de bouc émissaire. L’agresseur quant à lui, deviendra la star de la cour de récréation car il aura réussi à mobiliser les adultes par sa méchanceté et il va gagner en popularité auprès de ses pairs. L’intervention des adultes fragilise malheureusement le jeune.

Ensuite, intervenir à la place de votre enfant, c’est lui dire indirectement qu’il n’est pas capable de se défendre tout seul et cela va donc le fragiliser encore davantage. Cette attitude va de plus risquer de favoriser le phénomène de répétition en vertu duquel il est hautement probable que plus tard, dans sa vie professionnelle ou privée, voire les deux, il soit à nouveau en prise avec des harceleurs n’ayant pas réglé ce problème à sa source, c’est-à-dire à l’école.

Harcèlement de l’enfant : la solution proposée par la psychanalyste

Dans un premier temps, je vais demander à la victime de me décrire le harceleur. Nous allons ensemble faire un travail de décorticage : que dit-il ? Comment le dit-il ? Qu’est ce qui revient le plus souvent ? Comment est-il physiquement ? Cette phase d’analyse permet à la victime de dédramatiser en remettant le harceleur à sa juste position, par exemple un garçon qui n’est pas sûr de lui et qui, par son harcèlement, acquiert de l’assurance en devenant le leader d’un groupe.

Ensuite, chercher ensemble le talon d’Achille du harceleur, car derrière chaque harceleur se cache une personne souffrante qui masque sa souffrance au moyen de la violence qu’elle fait subir à l’autre. Par ce travail, la victime reprend confiance en elle et sort de l’emprise du harceleur en le voyant comme un être peu sûr de lui et non comme un caïd.

Enfin, la victime va apprendre à riposter sur mesure. Nous ferons ensemble des mises en situation où la victime va apprendre à retourner la flèche de l’agresseur vers ce dernier au lieu de la prendre en plein cœur. On va ainsi modifier la relation et réduire le potentiel agressif du harceleur. Concrètement, nous allons par exemple décortiquer l’insulte qui revient le plus souvent : « tu es énorme, on dirait un éléphant » et nous allons trouver une riposte sur mesure comme « je suis peut-être énorme, mais je peux maigrir ; par contre, toi, tu ne pourras jamais grossir du cerveau ».

En résumé ce travail psy qui va permettre à la victime d’être acteur dans sa démarche de protection d’elle-même. Il me semble primordial que cette attitude puisse émerger le plus rapidement possible car ainsi le phénomène de répétition sera stoppé et n’apparaîtra plus dans sa vie future et si cependant cela devait se reproduire, l’agression serait de fait moins violente et surtout la victime serait en capacité cette fois-ci de riposter efficacement.

À propos de l’auteur

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris editor

2 commentaires pour l’instant

géraldPublié le9:15 - sept 19, 2017

Bonjour,
Mon fils a été harcelé il y a un an.
Depuis il a des réaction très impulsives très colériques toujours dans la confrontation.
Que peut-on faire pour lui montrer que cela n’est pas la bonne solution ?
Merci de votre aide.

    Valérie Sengler, psychanalystePublié le7:14 - sept 20, 2017

    Bonjour Monsieur,
    Votre fils a vécu une expérience traumatique. Les traces laissées devraient être nettoyées à l’occasion de quelques séances psy. Ce harcèlement a également pu faire surgir des problématiques plus anciennes. Faire un point avec un psy me semble être une bonne solution si et seulement si votre fils est d’accord.
    Bon courage.

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