Victime d’un manipulateur pervers narcissique en famille ?

Victime d’un manipulateur pervers narcissique en famille ?

« Depuis trois ans, je vis avec un homme qui, quand je l’ai rencontré, avait tout pour plaire: il avait un côté rassurant, il avait du charisme, il gagnait bien sa vie.

Très vite, sans même que je ne m’en rende compte, il a commencé à être dévalorisant et culpabilisant. Dès que j’essaye de parler avec lui de ce problème, dans l’espoir d’avoir une relation de couple saine, il me dit que c’était moi qui prend tout mal, que l’on ne peut rien me dire, que je suis excessive et susceptible. Toutes ses phrases commencent par : « mais c’est toi qui… ». Je ne peux pas avoir une discussion constructive avec lui. C’est tout simplement impossible, il est incapable de se remettre en question. Quand je n’en peux plus et que je finis par partir, il me le reproche. Il a levé la main sur moi plus d’une fois. Je me dis que je l’ai poussé à bout, que c’est moi qui l’entraine à se conduire de la sorte. Parce que j’agis forcément d’une façon qui ne lui convient pas. Il faut que je rentre dans son cadre, que je sois comme il veut que je sois. « Tu es trop ceci, tu es trop cela ». Tantôt il me culpabilise, tantôt il me fait des éloges. Notre vie n’est que disputes et pleurs. Que puis-je faire pour sortir de cette impasse ? »

Culpabilisation et destruction de l’autre

Charmeur, séduisant, intelligent… Au premier abord, un pervers narcissique présente de nombreuses qualités et c’est bien là le danger ! Il nous protège, nous comprend. C’est le prince charmant. Le premier moment d’enchantement passé, il va immanquablement révéler sa vraie nature : intrusif, manipulateur, parfois violent, mais aussi doucereux presque hypnotique. Alternant agression et douceur, démonstration de force et (fausse) soumission, le pervers narcissique réduit l’autre à l’état d’objet. Grâce à son emprise, le manipulateur grignote le cerveau de l’autre jusqu’à le faire douter de lui-même. Il le détruit à petit feu, le coupe de son entourage.

Il culpabilise, dévalorise l’autre, sème la zizanie, change ses opinions et ses comportements en fonction des situations, ne tient pas compte des besoins des autres, il est tout simplement incapable d’empathie. Il n’a aucun problème, va très bien et considère que tous les problèmes viennent de l’autre. D’où une incapacité totale à se remettre en cause. L’autre perd de plus en plus pied, cherche à s’améliorer, à lui plaire, ne comprend plus rien et sombre souvent dans la dépression, la dévalorisation de lui-même pouvant aller jusqu’à la tentative de suicide.

L’approche du psychanalyste

Le travail thérapeutique va consister à chercher dans l’histoire de la victime, les failles qui font qu’elle donne prise à ce type de personnes, à ensuite décortiquer les mécanismes de manipulation ne serait-ce que pour les identifier et éviter qu’ils ne se reproduisent. Mais, au final, et sans doute avant tout, à sortir de cette relation d’interdépendance en comprenant le pourquoi de cette attirance. Il importe ensuite d’apprendre à renoncer à l’attente, si valorisante, d’être aimé par cette personne et à faire le deuil d’une communication idéale avec celle-ci.

Toutes les victimes évoquent « un sentiment de malaise », mélange d’attirance et de répulsion devant ce type de personne. Toutes notent aussi qu’elles n’ont, le plus souvent, pas pu ou pas voulu entendre ces signaux d’alerte. Et lorsqu’elles en prennent conscience, il est déjà souvent trop tard. La thérapie va permettre, d’une part, à apprendre à entendre ces divers signaux, à les décrypter et, d’autre part,  de se remettre « après », de se reconstruire psychiquement et éviter d’y replonger. Car souvent, la solution la plus adéquate sera la fuite. Et un travail sur soi-même qui évitera de répéter cette situation, en d’autres termes de retomber sous le charme d’un autre manipulateur.

Lire les approches thérapeutiques et la psychanalyse d’une victime d’un manipulateur pervers narcissique au travail.

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4 Comments

  1. Bonjour. Ma situation est deliquate. Mon ex mari a obtenu la garde de nos 2 enfants il y a 6 ans après plusieurs années de mariage et de procédure avec des coups bas trop longs à détaillés. J ai été en thérapie pendant plus de 5 ans et la conclusion que c est un PN. Aujourd’hui, notre fils de 15 ans fait comme lui entre mensonges humiliations. Le même comportement que son père a mon egard. Je ne sais plus quoi faire ni comment agir. De plus j ai peur pour ma fille de 11 ans et qui leur tient tête et qui le paie cher au niveau des punitione. Il y a une aide éducative en place depuis 3 ans mais les enfants ne disent rien.
    Merci de vos conseils.
    Sandrine

  2. Bonjour,

    Mon ex conjoint est un PN. Nous avons eu un enfant ensemble qui a 17 ans.
    Séparé depuis 17 ans, mon ex ne peut plus m’atteindre alors il s’en prend à notre fils.
    Je recherche un psy qui pourrait aider mon fils à comprendre ce qu’il subit .
    Nous habitons dans le 95.

    Auriez-vous des adresses ?

    Cordialement

    1. Bonjour Madame,
      Malheureusement avoir des enfants avec un PN, nous met dans l’impossibilité de couper définitivement les liens avec eux. Les enfants deviennent alors les vecteurs idéaux pour atteindre le parent qui a osé les quitter. Sans pitié, ils vont utiliser l’enfant pour faire du mal à l’ex et vont tout faire pour casser leur propre enfant. Car si l’enfant va mal, l’ex va mal aussi.
      Vous pouvez aller en justice et demander qu’il y ait une réduction des temps de garde. Vous pouvez demander à votre enfant ce qui se passe chez son père. Je pense qu’il peut demander au juge de moins voir son père.
      C’est une bonne solution qu’il voit un psy pour pouvoir parler librement car un enfant ou un ado cherche parfois à protéger son parent et ne dit pas tout.
      Je n’ai pas de psy à vous conseiller. Je ne consulte pas encore par téléphone mais je vais y venir prochainement.
      Je dirais de choisir à l’instinct un thérapeute, d’y aller et d’écouter le ressenti de votre enfant. S’il s’y sent bien c’est que c’est OK, s’il n’a ne serait-ce qu’un petit rien qui ne lui convient pas, il faut aller ailleurs. Un bon psy ne va pas tenter de le retenir. Les ados que je suis peuvent cesser de venir me voir s’ils le désirent et revenir quand ils le veulent. Ils ont besoin d’être totalement libres et donc respectés dans ce choix. Enfin, tout ce qui est dit dans mon cabinet est secret. Seul l’ado décide de ce qui sera dit. Je ne parle jamais avec les parents. Je ne suis que la thérapeute de l’ado.
      Enfin, à chaque séance votre enfant doit se sentir soulagé, je ne dis pas joyeux, gai mais comme me disent les adolescents « débarrassés d’un poids ».
      Je vous souhaite de trouver le bon professionnel et j’espère vous avoir éclairé.

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