Valérie Sengler psychanalyste à Paris et Saint-Mandé

Thérapies brèves. Psy pour enfant, adolescent, adulte. Spécialiste des pervers narcissiques.

Victime d’un pervers narcissique au travail ?

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Victime d’un pervers narcissique au travail ?

« J’ai la sensation de ne plus vraiment faire partie de mon entreprise. On ne me confie plus guère de missions, je ne suis plus convié aux réunions de travail, je me sens isolé. Mon supérieur parfois m’ignore, parfois me demande d’accomplir des tâches irréalisables. J’ai l’impression de ne plus exister aux yeux des autres. Cette situation me pèse beaucoup, je ne vois pas de solution. Comment puis-je y mettre un terme ? »

Il me semble que vous pourriez-ici être en proie à un pervers narcissique (PN). Je vais dans un premier temps vous aider à repérer un pervers narcissique, ensuite je vais vous éclairer sur les failles en vous qui permettent au PN d’avoir de l’emprise sur vous et enfin je vous donnerai des conseils pour vous protéger des PN.

Comment repérer objectivement un pervers narcissique ?

Le pervers narcissique se trouve souvent à des postes à  responsabilité avec des subordonnés sous ses ordres. Il n’éprouve aucun affect et son manque de scrupule peut dérouter. Son comportement est différent en public et en privé. Il ne s’excuse pas, ne supporte pas la critique et n’avoue jamais ses fautes.

Le pervers narcissique donne des injonctions paradoxales ou des ordres contradictoires, flous. Les objectifs sont souvent inatteignables et les demandes irréalistes. Il va alterner la flatterie et la dévalorisation, il va calomnier sa victime et va l’humilier. Sans raison apparente, il va passer de la bienveillance à une attitude cassante et sèche.

Son but est purement et simplement de vous détruire.

Comment repérer en vous le travail de sabotage d’un pervers narcissique ?

Les symptômes vont s’amplifier au fur et à mesure que le temps passe. Une impression de mal être va progressivement se transformer en l’idée que l’on ne vaut rien, vous avez peur, vous êtes désespéré et vous pouvez en dernier lieu faire un burn out ou avoir des pensées suicidaires.

Des symptômes physiques comme entre autre des migraines, des maux de ventre, des douleurs chroniques, du stress des insomnies vont venir compléter ces effets néfastes. Ils viennent mettre « en maux » votre souffrance psychique.

Les victimes vont souvent utiliser des antidépresseurs.

Quelles sont vos failles ?

Les victimes d’un pervers narcissique ne le sont jamais par hasard, il y a une part de « responsabilité » chez elles, car le pervers narcissique et sa victime se choisissent.

En effet, elles ont une structure de personnalité qui les désigne comme des proies idéales.

La victime a souvent eu une enfance difficile avec des parents pervers narcissiques et ne connaît pas d’autres type de rapport affectifs que ce rapport de dépendance et d’humiliation, de chantage affectif, de « je t’aime et je te hais, tu es tout pour moi et tu ne vaux rien. ». Elle n’a pas eu de nourriture affective pour se construire et souffre de carences telles que le manque d’estime d’elle-même, le manque de confiance en elle.

En réalité la victime et le pervers narcissique ont eu une enfance semblable. La différence est que le pervers narcissique a réussi à survivre en devenant un être dépourvu d’affect et trouvant sa jouissance dans le mal qu’il fait à l’Autre, à l’image d’une forteresse barricadée, hérissée de pics en fer et impénétrable, alors que sa victime s’est construite à l’image d’une maison aux fondations instables et ouverte aux intempéries.

Comment se protéger des pervers narcissiques ?

Le meilleur moyen de protection est dans ce cas toujours la fuite.

La victime va souvent être isolée au sein de l’entreprise car les autres salariés ont peur de perdre leur emploi s’ils venaient à prendre parti pour elle. Parfois, le pervers narcissique va même aller à se poser en victime de dénonciations calomnieuses et est capable de porter plainte pour diffamation contre sa victime. Il y toujours un décalage entre l’image qu’il donne de lui à l’extérieur et qui est très flatteuse et l’attitude en privé qui est radicalement à l’opposé.

Si toute fois vous voulez rester dans cette entreprise, je vous conseille de ne pas montrer vos émotions en cas de propos humiliants ou blessants car le PN trouve sa jouissance dans la vue du mal qu’il vous afflige.

Essayez de ne pas parler de votre vie, afin de ne pas lui donner de prise pour vous anéantir ultérieurement. Soyez le plus secret possible pour vous protéger.

Ne vous culpabilisez plus, en vous disant que ce n’est pas de votre faute si vous n’atteignez pas les objectifs car objectivement ils ne sont pas atteignables.

Ne vous justifiez plus, ne discutez plus car vous aurez toujours torts. Utilisez des expressions toutes faîtes telles que «  c’est votre opinion », « c’est votre avis ». Ces expressions ont l’avantage de vous permettre de rétorquer et donc de ne pas subir l’attaque puisque vous  riposter, mais aussi de vous protéger car elles ne vous empêtrent pas dans des discussions où vous aurez de toute façon à nouveau torts.

Envoyez des mails de confirmation de ce qui vous a été demandé afin d’avoir une preuve écrite et ainsi de vous protéger.

Lire nos articles sur l’apport de la psychanalyse à la victime d’un manipulateur pervers narcissique en famille et , sur les pervers narcissiques en entreprise et sur Comment moins subir la pression et le conformisme du groupe en entreprise ?

À propos de l’auteur

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris editor

10 commentaires pour l’instant

MorinPublié le1:40 - Juin 28, 2017

Merci pour l article. Je le vis exactement en ce moment 🙁

    LouPublié le8:45 - Juil 2, 2017

    Moi aussi j’ai vécu ça. Il m’a mis dehors avec petit bébé quand il a vu que je tiens le coup et que je ne suis pas dépressive. Il faut parler parler avec des personnes pour voir que ce n’est pas vous problème, que c’est lui. Mais c’est dur mais il faut leur montrer qu’on très FORT.

LEBONPublié le8:33 - Avr 5, 2018

bonjour, pour ma part il s’agit d’un pervers mais au boulot (là ou l’on passe plus la moitié de sa vie), je n’en peux plus, et ne suis pas la seule. en dépit de maintes alertes à notre direction rien ou plutot des sois disants actions mais rien de concrets, alors ma question QUE FAUT IL FAIRE ?

    Valérie Sengler, psychanalystePublié le2:23 - Avr 10, 2018

    Bonjour,

    Je comprends votre désarroi. Le meilleur conseil est celui de fuir. Mais ce n’est pas toujours possible.

    Je peux donc vous donner quelques pistes.

    Si plusieurs personnes sur votre lieu de travail subissent ces agissements, vous pouvez vous réunir après avoir constitué un dossier où les faits sont consignés et alerter la direction.
    Vous pouvez également aller déposer des mains courantes au commissariat.
    Accumulez en même temps des preuves comme des mails par exemple ou même des enregistrements ou encore des certificats médicaux si votre santé est mise à mal par un harcèlement incessant.
    Le harcèlement est pris très au sérieux depuis peu par les juges. Il est répréhensible.
    Vous pouvez alerter l’Inspection du travail et la médecine du travail.

    Au niveau psy, il faut se protéger en parlant le moins possible de soi. Je vous invite à lire mon article sur les autres moyens.

    Je conclurais en vous disant qu’il faudrait faire un travail psy sur vous afin de fermer la faille en vous qui attire ce genre d’individu.

    Je vous souhaite de trouver la solution.

    Tenez-moi informée !

    Bien cordialement.

    ZazaPublié le11:54 - Mai 25, 2018

    Bonjour, j’ai aussi été victime d’un PN au travail… le Directeur de site… et comme vous, la diection générale n’a rien fait sauf soi disant actions (pas concretes), pires même, a cautionné « habilement » que ce soit pour moi ou mes collegues, ensembles ou seuls. J’ai été la 1ere victime (donc pas compris) jusqu’a ce qu’il commence son « travail » sur d’autres collegues avant de m’achever…
    Si vous voulez un conseil, le seul primordial, Fuyez! D’une maniere ou d’une autre. Ne faites pas comme moi, n’attendez pas d’être achevée… Soit vous avez encore de l’énergie et trouvez vite un autre emploi, soit allez voir de suite votre medecin en lui expliquant la situation pour qu’il vous mette en maladie et fasse une lettre au medecin du travail (ça aura plus de poids). faites vous suivre par un psy (pour vous et pour vous proteger/defendre) et gardez bien toutes les copies de tous les courriers/certificats medicaux. Si vous vous sentez, faites démarche prud’hommes, mais c’est long… Dans mon cas, ça a été quasiment la seule chose pour me défendre les preuves de mon dossier medical, et encore, les docs sont « frileux » de vous faire un certif attestant LA CAUSE de votre etat. Donc, faut inciter a faire faire des correspondances entre les differents docs. Quant aux mails, j’ai bien essayé, j’ai eu tres peu de preuve avec, car il venait me répondre de vive voix en m’en remettant une couche pour me rabaisser comme quoi je comprenais rien (ben forcement, des ordres contradictoires…). les enregistrements, j’en ai fait, mais pas possible de les prendre en compte en proces, car fait a l’insu du concerné… Valerie Sengler a raison, ne parlez pas de vous, ni a lui, ni a vos collegues, car n’ayant pas d’infos par vous, il va essayer d’avoir les infos par les collegues (c’est ce qu’il a essayé de faire). repliquer même de façon concise du style « c’est votre opinion », il a tourné en impertinence de ma part. si je me taisais, c’etait de l’arrogance. Il n’y a rien a faire pour resister a ce genre de gars a part fuir au plus vite, surtout si la direction generale ne fait rien… c’est a dire le virer… même en maladie, il a continué son harcèlement par l’intermédiaire de son RH, par des non paiement, des mails m’accusant de ne pas avoir envoyé la prolongation d’arret de travail (alors que j’etais dans les temps), ou me demandant faussement (j’ai su que c’etait pas vrai) mes coordonnées complétes avec tel pour mise a jour des dossiers du personnel de l’entreprise, et j’en passe…
    Alors seule solution, FUYEZ d’une maniere ou une autre, mais tres vite, si vous restez, vous allez tres vite etre epuisée et tomber, littéralement, le pire, sans vous en apercevoir. Moi la veille de mon arret, malgré les conseils des collegues, je comptais retourner au boulot (ma fierté… et parce que c’était pas ma faute, c’etait lui qui etait PN…) . Le lendemain matin, j’ai pas su sortir du lit, je me rappelerai toujours le geste de sortir du lit et mon effondrement total a fondre en larmes…
    Plein de courage a vous…

ZazaPublié le12:17 - Mai 25, 2018

Je rajouterai une chose, il est tres important de voir du monde, de sortir s’aérer quand on est victime de ce genre de personne, et d’essayer de ne pas trop prendre a coeur l’entourage qui ne comprend pas votre etat (et ne peut pas le comprendre), qui essaye de vous rebooster quitte a vouloir vous faire un electrochoc, vous connaissant d’habitude fort… mais vous avez besoin de tout sauf ça, quand vous etes par terre par ce genre de personnes, vous ne raisonnez plus normalement, vous ne pouvez plus tout simplement. si vous en arrivez la, faut faire appel a des professionnels pour vous aider a vous reconstruire.

firansa firansaPublié le9:28 - Juil 2, 2018

Coucou ,merci pour l’article .Actuellement ma copine en couple avec un manipulateur pervers narcissique et mon problème c’est comment je vais la convaincre qu’elle est avec un MPN ;j’ai besoin d’aide concernant le sujet.
Merci d’avance pour l’article.

    Valérie Sengler, psychanalystePublié le8:38 - Juil 3, 2018

    Bonjour,
    Merci pour votre intérêt concernant mon article.
    Mes patientes ont souvent eu un déclic en lisant des livres ou des articles sur les pervers narcissiques. Elles me disent :  » ce qui est écrit, c’est exactement ce que je vis ». C’est un soulagement mais aussi une grande tristesse car survivre signifie toujours la séparation. C’est à cette étape qu’elles viennent me consulter. C’est l’étape la plus difficile car le pervers narcissique redevient un.prince charmant quand il sent que la personne s’éloigne. J’aime dire que cette relation toxique est comme une drogue.
    Bon courage pour votre amie. Elle a de la chance de vous avoir.
    Bien cordialement.

CAROLINEPublié le6:12 - Juil 6, 2018

Bonsoir, J’ai été victime d’un pervers narcissique au travail. Il parait que les victimes sont souvent des adultes surdoués, joyeux, extravertis, naïfs… ce qui est mon cas. J’ai fait l’erreur de trop parler lors des repas de midi et ensuite il s’est servi de mes confidences contre moi. Il m’a aussi ignorée, faisant comme si j’étais invisible, transparente, critiquant tout ce que je dis et fait, me faisant des reproches et disant après aux autres que j’avais mal compris ou qu’il n’avait jamais dit ça ! Le pire pour moi c’est de voir que les autres sont dupes et qu’ils ne voient en lui que son côté « bon-vivant », grivois et « franchouillard ». Je quitte mon travail (où j’étais bien avant son arrivée) à cause de lui….

    Valérie Sengler, psychanalystePublié le7:38 - Juil 6, 2018

    Bonjour,
    Effectivement, les pervers narcissiques s’attaquent toujours à des personnes lumineuses et gentilles. Ils cherchent de qu’ils ne possèdent pas : cette joie de vivre et cette innocence. Et ils vont tout mettre en œuvre pour détruire leur victime. A savoir que les victimes ont une faille qui fait qu’elles sont attirées par ce genre de personnage. Le travail psychanalytique va mettre à jour cette faille et permettre que les pervers narcissiques ne vous attirent plus.

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