J’ai peur de l’avion

J’ai peur de l’avion
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Les phobies sont des réactions inconscientes de défense. L’inconscient essaie par ce biais de faire comprendre qu’il y a un danger. Ce danger est en réalité un événement oublié ou non analysé comme traumatique. Chaque phobie est donc liée à un élément intime, qui ne fera sens que pour la personne qui en souffre. Trouver le traumatisme originel l’arrêtera instantanément.

Marie, phobique de l’avion

Marie vient me consulter en début de mois, car elle doit prendre un avion quelques semaines plus tard et en a une énorme phobie.

Je lui demande comme à mon habitude de connecter sa peur au niveau de son corps. Dès cela fait, son cœur se met à battre violemment, sa bouche s’assèche et elle commence à transpirer. Marie se sent mal. Je débute mes tapotements issus de l’EMDR et mon analysante découvre qu’elle angoisse particulièrement sur le décollage et les virages de l’appareil. Elle ne craint pas le vol en lui-même. La séance se poursuit, le corps de Marie continue à montrer des signes de stress et, sur l’échelle de zéro à dix que j’utilise pour connaître le niveau d’intensité du désagrément, elle est toujours au maximum. Je sais que le traumatisme à l’origine de cette phobie n’est pas encore trouvé. Comme nos deux inconscients baignent l’un dans l’autre, j’ai l’habitude d’exprimer ce que j’éprouve ou ce qui me vient à l’esprit pendant le travail. J’interroge Marie sur sa peur de la mort. Elle me dit ne pas la ressentir. Des personnes de sa famille sont décédées, mais sans grand impact. Je lui demande alors si elle a déjà failli perdre la vie. « Oui, à deux reprises quand j’étais toute petite. » Elle me raconte : « Je devais avoir deux ans, je suis dans le siège enfant dans la voiture de mes parents. Je ne suis pas attachée ». Ils ont un accident et le véhicule fait plusieurs embardées. Miraculeusement, elle est projetée dans l’air et retombe entre les sièges arrière et avant sans la moindre blessure. Je désensibilise ce traumatisme. Il me semble que cette propulsion se rapproche du décollage de l’avion.

Trouver le traumatisme originel pour soigner la phobie

Le deuxième épisode se passe alors qu’elle est âgée de trois ans. Dans une aire de jeux, Marie a grimpé sur une araignée géante où les enfants peuvent monter très haut. Elle est accrochée avec ses pieds à une des cordes et se balance dans le vide, la tête en bas. Soudainement, elle est prise de frayeur quand un garçon lui attrape une jambe. Elle lâche tout et voit le sol s’approcher d’elle alors qu’elle tombe la tête la première. Malgré son jeune âge, elle me dit qu’elle savait qu’elle allait mourir. Au dernier moment, elle tourne son visage et se fracasse la joue et le menton. Là encore, plus de peur que de mal. À nouveau, je lui montre les liens entre la violence d’un décollage et cet accident.

Après avoir désensibilisé ce deuxième trauma, je demande à Marie de se reconnecter à sa phobie de l’avion et de me dire si elle ressent encore un quelconque désagrément. Elle m’indique que sur mon échelle il est au premier stade et qu’elle n’a plus de stress au niveau corporel.

Cette fois-ci, la ou plutôt les causes originaires ont été trouvées. Marie a pris son (en)vol en fin de mois sans aucune angoisse !

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