Au secours, j’achète tout le temps !

Au secours, j’achète tout le temps !
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Est-ce normal que je veuille tout le temps acheter des choses ? A partir de quand mon comportement devient il anormal ? Quelles sont les solutions pour y remédier ?

Chacun connait cette pulsion qui soudain nous envahit et nous pousse à acheter tout et parfois n’importe quoi sur un coup de tête… Achat que nous regretterons souvent un peu plus tard.

L’achat, une reconstruction narcissique

« C’est clair, j’achète trop de vêtements et parfois je culpabilise. J’en achète quasi toutes les semaines car je suis toujours tentée par quelque chose. J’aimerais bien ne rien acheter jusqu’aux soldes mais ça me semble encore tellement loin ! Quelle fille peut résister aux chaussures, aux vêtements ? Moi je n’en connais pas ! » me dit Martine.

Se faire plaisir en achetant par exemple des vêtements, des accessoires est une bonne chose. Cela signifie que psychiquement nous allons bien. Nous avons envie de nous combler. Nous nous narcissisons en quelque sorte. Dans cette nouvelle jupe à la dernière mode nous nous sentons plus belle, plus désirable. Cela peut être une forme constructive d’expression de soi. Adèle qui avait une mauvaise image d’elle-même et qui par conséquent n’arrivait pas à aimer son corps a vécu comme une grande victoire ce fameux jour où après avoir acheté un short ultra court et un petit haut assorti, est arrivée à sa séance toute pimpante. Elle s’est renarcissisée et se voit telle qu’elle est réellement, une superbe jeune femme. Cet achat est un acte de reconstruction narcissique.

Acheter peut également être une sorte de doudou dont nous nous emparons quand nous avons dû faire face à un coup dur. Se faire plaisir alors que nous venons de subir une rupture amoureuse ou que nous venons de nous faire incendier par notre patron est une très bonne solution car nous mettons en achetant du baume sur nos plaies. Murielle après avoir rompu avec son ami est venue dans une superbe robe vert anis avec des chaussures jaune en velours et un sac à main orange en velours lui aussi. Elle était absolument superbe et resplendissait en me disant que c’est le premier achat de vêtements depuis la rupture. « C’était cher, mais ça m’a fait un bien fou ! D’autant que je n’aurais jamais osé mettre ce genre de chose avant quand j’étais avec lui ! ». Nous activons naturellement en nous une réaction que nous mettions en œuvre quand nous étions bébé. Le petit qui est triste ou qui a subi une contrariété va prendre son doudou pour se consoler. Et ça fonctionne !  Cet achat est un achat de compensation. Jusque là tout va bien !

Quand acheter tout le temps est une maladie

Cindie me dit : « Je n’arrête pas d’acheter, j’achète, j’achète, j’achète encore et encore, c’est un cercle infernal. Je n’arrive pas à m’arrêter. La plupart des choses que j’achète, je ne les utilise pas. C’est un peu obsessionnel. J’achète des quantités industrielles de vêtements. En ce moment j’ai arrêté et je me sens complétement vidée. Même quand je travaille je trouve du temps pour aller faire des achats. C’est un enfer que je vis. Je suis à découvert à ma banque ».

Oniomanie est le mot savant qui désigne cette fièvre acheteuse pathologique quand elle est excessive. L’achat est alors une drogue…

Le déroulé est toujours le même : les personnes sont envahies par une excitation, une euphorie et une urgence à acheter ici et maintenant. Elles sont incapables de se contrôler et se jettent à corps perdu dans les achats. Une fois ces derniers effectués, elles vont être en proie à de la honte mais aussi à de la tristesse d’avoir fait ces achats et ensuite à de la colère contre elles-mêmes car elles n’ont pas été capables de se refréner et se sentent coupables. Parfois, elles iront jusqu’à dissimuler les objets achetés et même comme m’avouait Isabelle :  «  Je les jetais à la poubelle dans leur emballage, j’avais trop honte et ces achats me dégoûtaient profondément ». Viendra la dernière étape qui est de se faire la promesse qu’elles ne recommenceront pas. Bien entendu, elles ne pourront pas résister et le cycle d’achats compulsifs va recommencer.

Ces personnes ont souvent des troubles associés, elles peuvent être dépressives, souffrir d’anxiété ou encore avoir des troubles du comportement alimentaire.

Les causes de l’addiction à l’achat se situent comme toujours dans l’enfance. La relation parent-enfant a été dysfonctionnelle. Ces patients ont souffert d’un manque affectif qu’ils comblent en achetant. Ils ont une mauvaise estime d’eux-mêmes et éprouvent un sentiment de vide intérieur. Leur identité est floue, ils se cherchent. Ils ne savent pas qui ils sont faute d’avoir été narcissisés tout petits par l’amour inconditionnel de leurs parents. Il semblerait que dans leur enfance ils aient trouvé une certaine forme de réconfort dans des objets. Ces objets leur ont permis de combler une partie de ce sentiment de vide intérieur et de solitude.

Les solutions passent par une maîtrise de soi retrouvée

Les cas pathologiques d’addiction nécessitent un travail psychanalytique permettant de réparer le vide intérieur et par la même de faire émerger l’identité de la personne.

Les cas d’achats impulsifs non pathologiques peuvent, si les personnes sont en demande, trouver une amélioration par la fréquentation de l’association des acheteurs anonymes.

Je suggérerais une autre alternative qui est de se soumettre au challenge de ne pas acheter, par exemple des vêtements, si le problème concerne les vêtements, pendant une certaine période et de voir ensuite l’effet que cela produit sur nous. Cette mise à distance peut se révéler très bénéfique car les personnes ont alors un contrôle sur leurs actes et donc ne subissent plus. C’est une sorte de sevrage. Elles vont se sentir mieux et vont naturellement continuer à suivre ce cercle vertueux.

Enfin, payer en espèces est également un bon moyen pour limiter les achats car nous nous rendons compte de ce que les achats nous coûtent. A l’opposé, les cartes de crédits et les organismes de prêt à la consommation sont délétères car ils nous donnent l’illusion que nous avons de l’argent et que nous pouvons dépenser sans compter.

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A lire sur le site : Je n’arrive pas à jeter…


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