Je me promène nu(e) devant mes enfants

Je me promène nu(e) devant mes enfants
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« J’ai l’habitude de me promener nue devant mon fils de sept ans. Je suis séparée du père de cet enfant et je vis seule avec lui. Une amie m’a fait la remarque que se promener nue devant lui était une chose qu’elle trouvait choquante. Elle n’a pas su m’expliquer pourquoi. Pouvez-vous m’éclairer ? ».

Le rapport à la nudité : une question de culture et de mœurs

Certaines populations africaines ou amazoniennes vivent quasi-nues. Elles suivent des coutumes et des rites ancestraux, parfois millénaires. Il n’y a donc pas à remettre en cause des mécanismes provenant de sociétés qui se sont construites sur ces modèles.

Dans les pays occidentaux, et plus particulièrement en France, il a fallu attendre les années soixante et la libération sexuelle pour voir nombre d’adultes déambuler nus devant les autres, y compris devant des enfants. Etaient revendiquées la liberté sexuelle, la libération des corps. Bref, la pudeur bourgeoise, les entraves étaient jetées aux oubliettes, la liberté sous toute ses formes, affichée. A peu près au même moment apparaissent les clubs nudistes où la nudité est considérée comme une libération, parfois comme la source d’un nouveau bien-être.

L’enfant de 1 an à l’adolescence : plaidoyer pour la pudeur

Lors de la prise de bain avec son nourrisson, chaque parent a pu goûter le corps à corps avec son enfant, dans un moment de fusion très intense où le tout petit fait un avec son parent. L’enfant retrouve dans l’eau du bain le liquide amniotique ; il est plongé dans la paisibilité de sa gestation. Ce moment ressourçant pour l’enfant peut l’apaiser et lui permettre de retrouver, le temps d’un bain, ses moments de symbiose perdus avec sa venue au monde.

En revanche, dès qu’il cesse d’être un bébé, lorsque l’enfant commence à marcher, l’adulte doit prendre de la distance corporelle : l’enfant a un corps, le parent a un corps ; ils ne sont désormais plus en fusion, mais constituent deux êtres distincts. Cette distinction permet à l’enfant de se développer sans avoir à subir l’intrusion visuelle et proxémique du corps de ses parents.

Séduction et dégoût

Vers cinq ans, l’enfant va chercher à séduire le parent du sexe opposé. Il tentera naturellement de découvrir à quoi ressemble le corps de ses parents. Il aura souvent, et c’est normal, des gestes comme toucher les seins de sa mère ou essayer de voir à quoi ressemble le sexe de son père et de sa mère.

Cette curiosité doit avoir pour réponse que le sexe de l’adulte est de l’ordre de l’intime et ne peut être vu par les enfants pour les raisons que je vais développer…

Pour les adultes, leurs organes génitaux ne posent aucun problème ; se promener nu est plutôt souvent le signe d’une liberté et d’une certaine zenitude. Mais ils ne se mettent jamais à la place des enfants. Et si nous nous plaçons du point de vue d’un enfant, les organes génitaux sont vus d’en bas, et paraissent d’une taille énorme et d’une laideur certaine, pour l’enfant.

Mes analysants qui ont vécu avec des parents ayant eu cette attitude, en parlent avec d’autant plus de dégoût qu’ils ont eu le sentiment de subir cette vision qu’ils n’étaient pas en mesure de refuser. Parfois, ils disent avoir été en proie à une excitation très forte, avec des stimuli dépassant leur capacité d’intégration, créant un trauma.

Qui suis-je, qui vais-je devenir ?

Pour un enfant, grandir suppose de devenir une personne distincte des autres. Le parent qui impose à son enfant la vision de ses parties intimes est à l’origine d’une agression visuelle écrasant l’enfant et obérant ses capacités à devenir un adulte équilibré.

Comment peut se construire un petit garçon à qui il est donné de voir le pénis de son père, si grand alors que le sien est tout riquiqui ? Comment une petite fille peut-elle se construire lorsque sa mère lui montre un pubis velu et des lèvres paraissant énormes, alors qu’elle ne constate rien de tout cela chez elle ?

L’enfant s’interroge, se sent dévalorisé.  Comment pourra-t-il se développer sainement face à cette image parentale surdimensionnée ?

Cet envahissement ne leur permettra que très difficilement de savoir qui ils sont car inconsciemment sera mélangée l’image du sexe parental adulte avec le leur non encore formé, générant un trauma qui obérera la capacité de l’enfant à devenir un adulte équilibré.

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