Valérie Sengler psychanalyste à Paris Saint-Mandé

Psy spécialiste des pathologies lourdes, enfant, adolescent, adulte

Archive de l’étiquette famille

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Petit monstre, ou quand l’enfant ainé devient tyran à l’arrivée de bébé

Bébé arrive, l’ainé(e) le jalouse, devient violent, souffre. Comment prévenir les maux de l’ainé ?

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Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Le déni de grossesse

Comment soigner le déni de grossesse ? Notre approche psy aborde le terme « déni » dans ses acceptions psychanalytiques. Lire la suite

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Mon petit frère de 10 ans dort dans le lit de mes parents…

« Mon petit frère de 10 ans dort dans le lit de mes parents et mon père dort dans celui de mon petit frère. Mon petit frère a peur de dormir seul dans sa chambre, c’est pour cela que maman accepte qu’il dorme avec elle. Cela fait maintenant plusieurs mois. » Qu’en pensez- vous ?

Cette situation fait naître plusieurs points que je vais développer successivement.

Où se trouvent le mari et le père ?

Un enfant aime  inconditionnellement  sa mère. Il se séparera d’elle en étant aidé par son père qui se positionne clairement en tant que mari de sa mère. L’enfant qui dort avec sa mère, chaque nuit, aura la confirmation qu’il a le droit d’empiéter sur le domaine réservé à son père. Comment va-t-il pouvoir se construire en tant qu’homme face à ce père défaillant, inexistant ?

Où est le couple ?

Comment préserver l’intimité des parents quand l’enfant squatte le lit conjugal ? L’intimité du couple est bafouée. Peut- être que votre mère amène son fils à combler un besoin de proximité qu’elle ne retrouve plus avec son conjoint. Elle doit se demander si son rôle de mère vient remplacer la relation avec son conjoint. Dans ce cas, il y a un problème.

L’enfant se trouve à la place potentielle d’un partenaire sexuel

L’enfant qui dort avec sa mère n’est pas à sa place et joue inconsciemment le rôle de partenaire potentiel. Même sans passage à l’acte, il est emprisonné dans une relation incestuelle. Cette confusion des identités peut avoir des effets délétères sur son développement et sa sexualité future. L’interdit de l’inceste incite l’enfant à se tourner vers d’autres objets d’amour et à grandir. Le lit conjugal est un lieu riche en symboles. La proximité que sa mère lui impose avec son corps, sa respiration, ses odeurs, peuvent lui procurer des sensations érogènes, source de culpabilité pour lui. La sexualité infantile se découvre seul, par des caresses et pas au contact d’un adulte.

L’enfant est victime d’un inceste virtuel

L’inconscient de l’enfant subit une agression par ce passage à l’acte qui est de devoir dormir avec sa mère. Chez ces enfants victimes, restera à l’âge adulte des troubles psychiques et sexuels. On parle d’inceste psychique symbolique, sans passage à l’acte mais avec des conséquences aussi gravissimes que si le passage à l’acte avait eu lieu. Ce sont des incestes non consommés, mais aux conséquences aussi graves que ceux commis physiquement.

L’enfant ne peut pas grandir

L’impossibilité de quitter le cocon familial à l’âge adulte n’est jamais affaire de constitution mais affaire d’éducation. L’enfant doit pouvoir grandir et se séparer. Après la naissance, l’enfant enchaîne les séparations, le sevrage, la marche… Il s’éloigne à chaque fois un peu plus de ses parents pour se construire comme un être à part entier. Pour quitter à l’âge adulte le cocon familial, l’enfant a besoin de ses parents qui lui font confiance et lui ont appris à affronter peu à peu les difficultés. Il s’agit de partir sans angoisse, il ne s’agit ici que de quitter son enfance. Pour naître à la vie d’homme. Or ici, l’enfant ne possède pas la forme d’autonomie qui est celle de dormir seul. Ses parents lui confirment qu’il a raison d’avoir peur, qu’il est dangereux de dormir seul dans sa chambre et au final que la vie est pleine de dangers. Cette pratique exacerbe l’angoisse de l’enfant. Ce que l’enfant désire c’est qu’on le rassure, qu’il sente qu’on l’accompagne et qu’on est là pour lui.  Mais cela ne veut pas dire lui ouvrir son lit. Le rôle du parent est de l’amener vers l’autonomie, vers l’extérieur, et les autres, non pas de l’amener vers soi. A 10 ans, la période œdipienne est terminée et ce garçon est entré dans une phase de latence, phase de repos et de consolidation des positions acquises. Les instincts sexuels sommeillent et le comportement peut être dominé par la pudeur et le dégout. L’enfant se tourne vers des domaines comme le sport, les amis. Cette phase de maturation demande à être respectée afin que puisse naître le futur homme. Or, dormir avec sa mère signifie ne pas respecter cette phase et en conséquent ne pas permettre à ce fils de devenir un homme à part entière. Votre mère a du mal à accepter que son fils puisse s’éloigner d’elle. Par cette situation, elle pousse son fils à retourner en arrière c’est-à-dire d’où l’on vient, or l’on vient toujours du ventre maternel. Le rôle du père est de barrer l’accès à ce retour mortifère et d’amener son fils vers la vie.

Comment faire cesser cela ? L’apport de la psychanalyse

Il faudrait avant tout que cette mère se fasse aider afin de pouvoir regarder sa propre histoire en face et ainsi se rendre compte de l’abus qu’elle fait subir à son enfant. Cette femme ne peut pas et ne veut pas voir quoi ?  Que lui a-t-on fait subir petite pour qu’elle reproduise sur son fils cet abus ?

Il y a des techniques qui existent pour permettre à l’enfant de reconquérir sa liberté.

On peut lui proposer de s’assoir à côté de lui lors de l’endormissement et on sort de la chambre après.

On peut placer une chaise à côté du lit et chaque soir on éloigne un peu plus la chaise du lit pour se diriger vers la porte.

On peut également mettre un  matelas à côté du lit, où on dort et faire glisser chaque jour progressivement le matelas vers la porte.

Il s’agit aussi et surtout de rassurer cet enfant en lui disant que la vie n’est pas pleine de dangers et que c’est merveilleux de grandir pour partir et vivre sa vie d’homme, libre.

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Victime d’un manipulateur pervers narcissique en famille ?

« Depuis trois ans, je vis avec un homme qui, quand je l’ai rencontré, avait tout pour plaire: il avait un côté rassurant, il avait du charisme, il gagnait bien sa vie.

Très vite, sans même que je ne m’en rende compte, il a commencé à être dévalorisant et culpabilisant. Dès que j’essaye de parler avec lui de ce problème, dans l’espoir d’avoir une relation de couple saine, il me dit que c’était moi qui prend tout mal, que l’on ne peut rien me dire, que je suis excessive et susceptible. Toutes ses phrases commencent par : « mais c’est toi qui… ». Je ne peux pas avoir une discussion constructive avec lui. C’est tout simplement impossible, il est incapable de se remettre en question. Quand je n’en peux plus et que je finis par partir, il me le reproche. Il a levé la main sur moi plus d’une fois. Je me dis que je l’ai poussé à bout, que c’est moi qui l’entraine à se conduire de la sorte. Parce que j’agis forcément d’une façon qui ne lui convient pas. Il faut que je rentre dans son cadre, que je sois comme il veut que je sois. « Tu es trop ceci, tu es trop cela ». Tantôt il me culpabilise, tantôt il me fait des éloges. Notre vie n’est que disputes et pleurs. Que puis-je faire pour sortir de cette impasse ? »

Culpabilisation et destruction de l’autre

Charmeur, séduisant, intelligent… Au premier abord, un pervers narcissique présente de nombreuses qualités et c’est bien là le danger ! Il nous protège, nous comprend. C’est le prince charmant. Le premier moment d’enchantement passé, il va immanquablement révéler sa vraie nature : intrusif, manipulateur, parfois violent, mais aussi doucereux presque hypnotique. Alternant agression et douceur, démonstration de force et (fausse) soumission, le pervers narcissique réduit l’autre à l’état d’objet. Grâce à son emprise, le manipulateur grignote le cerveau de l’autre jusqu’à le faire douter de lui-même. Il le détruit à petit feu, le coupe de son entourage.

Il culpabilise, dévalorise l’autre, sème la zizanie, change ses opinions et ses comportements en fonction des situations, ne tient pas compte des besoins des autres, il est tout simplement incapable d’empathie. Il n’a aucun problème, va très bien et considère que tous les problèmes viennent de l’autre. D’où une incapacité totale à se remettre en cause. L’autre perd de plus en plus pied, cherche à s’améliorer, à lui plaire, ne comprend plus rien et sombre souvent dans la dépression, la dévalorisation de lui-même pouvant aller jusqu’à la tentative de suicide.

L’approche du psychanalyste

Le travail thérapeutique va consister à chercher dans l’histoire de la victime, les failles qui font qu’elle donne prise à ce type de personnes, à ensuite décortiquer les mécanismes de manipulation ne serait-ce que pour les identifier et éviter qu’ils ne se reproduisent. Mais, au final, et sans doute avant tout, à sortir de cette relation d’interdépendance en comprenant le pourquoi de cette attirance. Il importe ensuite d’apprendre à renoncer à l’attente, si valorisante, d’être aimé par cette personne et à faire le deuil d’une communication idéale avec celle-ci.

Toutes les victimes évoquent « un sentiment de malaise », mélange d’attirance et de répulsion devant ce type de personne. Toutes notent aussi qu’elles n’ont, le plus souvent, pas pu ou pas voulu entendre ces signaux d’alerte. Et lorsqu’elles en prennent conscience, il est déjà souvent trop tard. La thérapie va permettre, d’une part, à apprendre à entendre ces divers signaux, à les décrypter et, d’autre part,  de se remettre « après », de se reconstruire psychiquement et éviter d’y replonger. Car souvent, la solution la plus adéquate sera la fuite. Et un travail sur soi-même qui évitera de répéter cette situation, en d’autres termes de retomber sous le charme d’un autre manipulateur.

Lire les approches thérapeutiques et la psychanalyse d’une victime d’un manipulateur pervers narcissique au travail.