Valérie Sengler psychanalyste à Paris et Saint-Mandé

Thérapies brèves. Psy spécialiste des pathologies lourdes, enfant, adolescent, adulte

Archive de l’étiquette adolescent

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Petit monstre, ou quand l’enfant ainé devient tyran à l’arrivée de bébé

Bébé arrive, l’ainé(e) le jalouse, devient violent, souffre. Comment prévenir les maux de l’ainé ?

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Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Je me sens grosse et moche alors que je suis mince

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Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Le stress des lycéens et des étudiants

Le stress étudiant : un véritable mal-être. La prise en charge des émotions et du corps passe par la psychanalyse.

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Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Approches psychanalytiques de l’anorexie

« J’ai 18 ans, il y a deux ans je suis allée faire un séjour prolongé à l’étranger. J’ai décidé de perdre quelques kilos, car je me trouvais trop ronde. Très vite quelque chose a dérapé et je me suis retrouvée dans l’impossibilité de manger, j’ai perdu 10 kilos en quelques semaines, je ne contrôlais plus rien. »

Je vais expliquer dans un premier temps ce qu’est l’anorexie, avant de décrire les causes psy de cette maladie pour enfin donner des pistes pour s’en sortir.

Qu’est-ce que l’anorexie ?

L’anorexie est une maladie qui touche dans la plupart des cas les femmes. Souvent ce sont des jeunes femmes entre 15 et 25 ans. Au départ, elles décident de faire un régime afin de perdre du poids et elles ont faim. Elles vont donc lutter contre la prise d’aliments car l’appétit est encore là. Ensuite, la faim va disparaître et elles vont se trouver dans l’impossibilité de manger avec pour conséquence une perte de poids très rapide et une perte de contrôle sur ce qui leur arrive. C’est une maladie sévère où environ 15% des malades décèdent.

La personne anorexique va contrôler son assiette de façon drastique. Elle ne se trouve jamais assez mince. Elle va trier les aliments, éliminer les viandes, les féculents; elle va privilégier les fruits notamment les pommes et les laitages. Parfois elle prépare le repas, mais ne mange presque rien. Elle consomme une grande quantité de liquide, jusqu’à 3 litres par jour. Elle bouge beaucoup, afin d’éliminer « les kilos en trop », elle peut également faire usage de laxatifs et de diurétiques.

Quelles sont les causes psy de l’anorexie ?

Ces jeunes femmes sont dans une période soit de changement profond de leur corps ou alors elles n’ont pas accepté ou intégré le changement de leur corps et l’apparition des règles à l’adolescence. Elles ont leurs règles et leur corps se transforme de corps d’enfant en corps de femme avec comme corolaire la sexualité, la séduction et le désir. Ce chamboulement physique ajouté à un chamboulement hormonal va être la goutte d’eau qui va provoquer chez les jeunes femmes les plus fragilisées le basculement ou le basculement avec un effet retard lorsqu’elles sont plus âgées vers l’anorexie.

Les causes psy sont multiples….

Perte de contrôle du corps et plus largement perte du contrôle et de la maîtrise de leur vie

Parce qu’elles ont le sentiment de perdre le contrôle de leur corps en raison de ces modifications, elles vont essayer d’en reprendre le contrôle par une maîtrise hors norme de leur alimentation. Car contrôler leur image, leur corps et leur vie, c’est ce qui anime ces jeunes femmes.

Manque  de confiance en elles et sentiment de vide intérieur

Ces jeunes femmes souffrent souvent d’un manque de confiance en elles et d’un manque de confiance en l’Autre. Elles ne se sentent pas belles, elles sont mal dans leur corps, elles n’ont souvent pas de vision à moyen ou à long terme de ce que pourrait être leur vie, elles ont un sentiment d’impuissance face à leur vie, à l’amour, à l’avenir et à leur guérison de l’anorexie, elles ont la sensation d’un grand vide intérieur. Tout ce mal être va se stigmatiser sur le poids car elles se trouvent trop grosses et vont donc entamer un régime. En se focalisant sur leur corps, elles réussissent à mettre en veille inconsciemment toutes les autre souffrances et donc en quelque sorte de vivre mieux.

Sensation de souillure

L’objectif de ces jeunes femmes est de se purifier, d’éliminer, de se nettoyer. Il semble qu’elles ont une image souvent très négative de leur corps. Ce corps qui demande de la nourriture, qui digère, qui sue, a quelque chose d’animal. Elles sont dans une quête illusoire de pureté que ce processus vers une « désincorporation » progressive, en réalité la mort, vise à mettre en œuvre.

Rejet de la Femme en elles

Par cette perte de poids considérable, elles vont à nouveau avoir un « corps d’enfant ». Elles n’ont plus de seins, plus de formes, et surtout elles n’ont plus leurs règles. Elles échappent ainsi à ce statut de femme qui de toute évidence est ressentie comme une source considérable de danger et d’inconfort. On peut se demander quelle a été l’image de la Femme avec son corps, ses formes, l’expression de sa féminité qui  a été véhiculée inconsciemment dans l’entourage de ces jeunes femmes pour que le rejet soit à ce point violent.

Rejet de la sexualité

La relation à l’Autre n’existe plus dans l’anorexie. Il y a un complet retour sur elles-mêmes. Elles sont exclusivement centrées sur leur corps, la nourriture, la perte de poids. Elles ne se voient pas telles qu’elles sont en réalité, souvent squelettiques et toujours encore à leur yeux, trop grosses ! Elles n’ont pas la capacité de s’ouvrir à l’Autre, elles ne sont tout simplement pas en capacité d’investir une autre personne qu’elles-mêmes car trop en souffrance.

Rejet de la mère ?

Pendant longtemps et à l’heure actuelle encore souvent, il a été communément admis que l’anorexie est une maladie du lien : lien avec la mère. C’est la raison pour laquelle les jeunes filles hospitalisées sont généralement complétement coupées de leur famille. On considère donc que c’est la famille et la mère qui sont la cause de cette maladie. Pour ma part, je serais moins radicale, car jeter l’anathème sur la famille et surtout sur la mère, alors qu’il y déjà une telle souffrance face à la maladie de leur enfant et une telle impuissance, que ce jugement lapidaire ne fait que culpabiliser des personnes en état de faiblesse et ne résout au final rien du tout. Maintenant, je n’exclue pas cette possibilité mais je pense que c’est un aspect secondaire parmi une multitude d’autres causes.

Comment faire face à l’anorexie ?

Accepter de rompre avec la maladie

La personne anorexique est dans une relation de dépendance avec sa maladie. C’est un processus analogue au cas de la dépendance à l’alcool ou aux médicaments. Rompre avec elle signifie qu’il va y avoir une forte déstabilisation. Rejeter l’anorexie, c’est avoir la force de regarder en face ses angoisses et ses peurs. Car l’anorexie a permis à la jeune femme, en se focalisant sur son poids de mettre en veille ses intolérables souffrances et peurs et ainsi de pouvoir continuer à vivre. Il faut que ce processus de retour à une vie normale se fasse en finesse par une prise en charge psychanalytique afin de mettre à jour ses peurs et souffrances, où des mots seront mis sur celles-ci. A mon sens, le rapport à la nourriture ne devra être travaillé que bien plus tard quand toutes les causes psy inconscientes auront fait surface et auront été nettoyées.

Revenir sur le vécu…

Les causes de la maladie étant multiples, il conviendra de revenir sur le vécu et l’histoire familiale. Avant ce travail de fond, il me semble impensable de toucher au rapport à la nourriture car cela risque d’être contreproductif par une trop grande déstabilisation et pousser la personne anorexique à être encore plus extrême. Enfin, pour clore, j’estime que la guérison débutera et pourra se consolider grâce au lien qui se sera créé entre la personne souffrante et son thérapeute. C’est la confiance indéfectible du thérapeute dans le potentiel de guérison de son analysante qui va être selon moi, la pierre angulaire de sa guérison. Cette confiance qu’il déposera en elle, va lui permettre de reconquérir sa confiance en elle, de vivre une nouvelle maîtrise de sa vie, car il va la laisser libre de manger ou non, et de devenir une femme confiante en elle et en son avenir.

Lire notre article sur la thérapie de la boulimie par la psychanalyse.

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Mon petit frère de 10 ans dort dans le lit de mes parents…

« Mon petit frère de 10 ans dort dans le lit de mes parents et mon père dort dans celui de mon petit frère. Mon petit frère a peur de dormir seul dans sa chambre, c’est pour cela que maman accepte qu’il dorme avec elle. Cela fait maintenant plusieurs mois. » Qu’en pensez- vous ?

Cette situation fait naître plusieurs points que je vais développer successivement.

Où se trouvent le mari et le père ?

Un enfant aime  inconditionnellement  sa mère. Il se séparera d’elle en étant aidé par son père qui se positionne clairement en tant que mari de sa mère. L’enfant qui dort avec sa mère, chaque nuit, aura la confirmation qu’il a le droit d’empiéter sur le domaine réservé à son père. Comment va-t-il pouvoir se construire en tant qu’homme face à ce père défaillant, inexistant ?

Où est le couple ?

Comment préserver l’intimité des parents quand l’enfant squatte le lit conjugal ? L’intimité du couple est bafouée. Peut- être que votre mère amène son fils à combler un besoin de proximité qu’elle ne retrouve plus avec son conjoint. Elle doit se demander si son rôle de mère vient remplacer la relation avec son conjoint. Dans ce cas, il y a un problème.

L’enfant se trouve à la place potentielle d’un partenaire sexuel

L’enfant qui dort avec sa mère n’est pas à sa place et joue inconsciemment le rôle de partenaire potentiel. Même sans passage à l’acte, il est emprisonné dans une relation incestuelle. Cette confusion des identités peut avoir des effets délétères sur son développement et sa sexualité future. L’interdit de l’inceste incite l’enfant à se tourner vers d’autres objets d’amour et à grandir. Le lit conjugal est un lieu riche en symboles. La proximité que sa mère lui impose avec son corps, sa respiration, ses odeurs, peuvent lui procurer des sensations érogènes, source de culpabilité pour lui. La sexualité infantile se découvre seul, par des caresses et pas au contact d’un adulte.

L’enfant est victime d’un inceste virtuel

L’inconscient de l’enfant subit une agression par ce passage à l’acte qui est de devoir dormir avec sa mère. Chez ces enfants victimes, restera à l’âge adulte des troubles psychiques et sexuels. On parle d’inceste psychique symbolique, sans passage à l’acte mais avec des conséquences aussi gravissimes que si le passage à l’acte avait eu lieu. Ce sont des incestes non consommés, mais aux conséquences aussi graves que ceux commis physiquement.

L’enfant ne peut pas grandir

L’impossibilité de quitter le cocon familial à l’âge adulte n’est jamais affaire de constitution mais affaire d’éducation. L’enfant doit pouvoir grandir et se séparer. Après la naissance, l’enfant enchaîne les séparations, le sevrage, la marche… Il s’éloigne à chaque fois un peu plus de ses parents pour se construire comme un être à part entier. Pour quitter à l’âge adulte le cocon familial, l’enfant a besoin de ses parents qui lui font confiance et lui ont appris à affronter peu à peu les difficultés. Il s’agit de partir sans angoisse, il ne s’agit ici que de quitter son enfance. Pour naître à la vie d’homme. Or ici, l’enfant ne possède pas la forme d’autonomie qui est celle de dormir seul. Ses parents lui confirment qu’il a raison d’avoir peur, qu’il est dangereux de dormir seul dans sa chambre et au final que la vie est pleine de dangers. Cette pratique exacerbe l’angoisse de l’enfant. Ce que l’enfant désire c’est qu’on le rassure, qu’il sente qu’on l’accompagne et qu’on est là pour lui.  Mais cela ne veut pas dire lui ouvrir son lit. Le rôle du parent est de l’amener vers l’autonomie, vers l’extérieur, et les autres, non pas de l’amener vers soi. A 10 ans, la période œdipienne est terminée et ce garçon est entré dans une phase de latence, phase de repos et de consolidation des positions acquises. Les instincts sexuels sommeillent et le comportement peut être dominé par la pudeur et le dégout. L’enfant se tourne vers des domaines comme le sport, les amis. Cette phase de maturation demande à être respectée afin que puisse naître le futur homme. Or, dormir avec sa mère signifie ne pas respecter cette phase et en conséquent ne pas permettre à ce fils de devenir un homme à part entière. Votre mère a du mal à accepter que son fils puisse s’éloigner d’elle. Par cette situation, elle pousse son fils à retourner en arrière c’est-à-dire d’où l’on vient, or l’on vient toujours du ventre maternel. Le rôle du père est de barrer l’accès à ce retour mortifère et d’amener son fils vers la vie.

Comment faire cesser cela ? L’apport de la psychanalyse

Il faudrait avant tout que cette mère se fasse aider afin de pouvoir regarder sa propre histoire en face et ainsi se rendre compte de l’abus qu’elle fait subir à son enfant. Cette femme ne peut pas et ne veut pas voir quoi ?  Que lui a-t-on fait subir petite pour qu’elle reproduise sur son fils cet abus ?

Il y a des techniques qui existent pour permettre à l’enfant de reconquérir sa liberté.

On peut lui proposer de s’assoir à côté de lui lors de l’endormissement et on sort de la chambre après.

On peut placer une chaise à côté du lit et chaque soir on éloigne un peu plus la chaise du lit pour se diriger vers la porte.

On peut également mettre un  matelas à côté du lit, où on dort et faire glisser chaque jour progressivement le matelas vers la porte.

Il s’agit aussi et surtout de rassurer cet enfant en lui disant que la vie n’est pas pleine de dangers et que c’est merveilleux de grandir pour partir et vivre sa vie d’homme, libre.

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Approches psychanalytiques de la boulimie

« J’ai des crises de boulimie qui se répètent tous les jours et parfois plusieurs fois par jour. Je pense toujours à manger, à me gaver. Comme je ne veux pas prendre de poids, je prends la direction des toilettes pour me faire vomir. A  chaque fois, je me dis que j’arrête, que je redeviens normale. Mais ça ne fonctionne pas. Que puis-je faire ? »

La boulimie est un trouble du comportement alimentaire

Elle se caractérise par une pulsion incontrôlable de manger ou plus précisément de se remplir de nourriture sans nécessairement ressentir la faim. Ces crises sont le symptôme d’une souffrance dont l’apaisement passe par l’ingestion de nourriture. La boulimie  est  un réflexe de survie en réponse à une angoisse profonde. C’est le moyen qui vous permet de supporter cette immense souffrance.

Souvent, les boulimiques ont réussi dans la vie sociale et l’image de leur corps est primordiale. Elles ont peur de déplaire notamment en prenant du poids. En réalité, l’image corporelle et l’estime de soi sont souvent déficientes. En outre, il y a une forte culpabilité qui se manifeste lors des crises, on peut se ressentir comme étant anormale. Ici, rentre en compte un jugement de valeur sur vous qui vient renforcer votre souffrance. Vous êtes deux fois coupable, de vous faire vomir et vous faîtes, selon vous, quelque chose de pas normale.

Le travail psychanalytique pour soigner l’hyperphagie, la boulimie

Les crises de boulimie sont liées à un besoin de remplir un vide, un manque intérieur qui nous fait souffrir, en ingérant de la nourriture. Elles sont un signe de détresse, comblant un gouffre de peine, de chagrin ou de frustration. C’est le seul moyen que trouvent ces personnes et vous, pour dire à leur entourage de façon forte : «  j’existe ». Elles sont un démenti à l’impression d’inexistence, de peu de présence ressentie par les boulimiques.

Vous allez par le biais d’un travail thérapeutique remonter à l’origine de votre souffrance. Soulever les voiles de celle-ci, la regarder, la comprendre, mettre des mots sur elle afin d’arriver à un apaisement. Il ne s’agira pas de lutter contre la boulimie, mais dans un premier temps d’accepter cet état de fait pour arriver à un apaisement et dans le même temps réparer par un travail adapté à votre personnalité. Cela peut être un travail de face à face,  du divan, du dessin… C’est par la compréhension de ce grand vide et de votre souffrance que viendra un soulagement et à plus ou moins long terme la disparition des crises.

Lire notre article sur la thérapie de l’anorexie par la psychanalyse.

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Victime d’un manipulateur pervers narcissique en famille ?

« Depuis trois ans, je vis avec un homme qui, quand je l’ai rencontré, avait tout pour plaire: il avait un côté rassurant, il avait du charisme, il gagnait bien sa vie.

Très vite, sans même que je ne m’en rende compte, il a commencé à être dévalorisant et culpabilisant. Dès que j’essaye de parler avec lui de ce problème, dans l’espoir d’avoir une relation de couple saine, il me dit que c’était moi qui prend tout mal, que l’on ne peut rien me dire, que je suis excessive et susceptible. Toutes ses phrases commencent par : « mais c’est toi qui… ». Je ne peux pas avoir une discussion constructive avec lui. C’est tout simplement impossible, il est incapable de se remettre en question. Quand je n’en peux plus et que je finis par partir, il me le reproche. Il a levé la main sur moi plus d’une fois. Je me dis que je l’ai poussé à bout, que c’est moi qui l’entraine à se conduire de la sorte. Parce que j’agis forcément d’une façon qui ne lui convient pas. Il faut que je rentre dans son cadre, que je sois comme il veut que je sois. « Tu es trop ceci, tu es trop cela ». Tantôt il me culpabilise, tantôt il me fait des éloges. Notre vie n’est que disputes et pleurs. Que puis-je faire pour sortir de cette impasse ? »

Culpabilisation et destruction de l’autre

Charmeur, séduisant, intelligent… Au premier abord, un pervers narcissique présente de nombreuses qualités et c’est bien là le danger ! Il nous protège, nous comprend. C’est le prince charmant. Le premier moment d’enchantement passé, il va immanquablement révéler sa vraie nature : intrusif, manipulateur, parfois violent, mais aussi doucereux presque hypnotique. Alternant agression et douceur, démonstration de force et (fausse) soumission, le pervers narcissique réduit l’autre à l’état d’objet. Grâce à son emprise, le manipulateur grignote le cerveau de l’autre jusqu’à le faire douter de lui-même. Il le détruit à petit feu, le coupe de son entourage.

Il culpabilise, dévalorise l’autre, sème la zizanie, change ses opinions et ses comportements en fonction des situations, ne tient pas compte des besoins des autres, il est tout simplement incapable d’empathie. Il n’a aucun problème, va très bien et considère que tous les problèmes viennent de l’autre. D’où une incapacité totale à se remettre en cause. L’autre perd de plus en plus pied, cherche à s’améliorer, à lui plaire, ne comprend plus rien et sombre souvent dans la dépression, la dévalorisation de lui-même pouvant aller jusqu’à la tentative de suicide.

L’approche du psychanalyste

Le travail thérapeutique va consister à chercher dans l’histoire de la victime, les failles qui font qu’elle donne prise à ce type de personnes, à ensuite décortiquer les mécanismes de manipulation ne serait-ce que pour les identifier et éviter qu’ils ne se reproduisent. Mais, au final, et sans doute avant tout, à sortir de cette relation d’interdépendance en comprenant le pourquoi de cette attirance. Il importe ensuite d’apprendre à renoncer à l’attente, si valorisante, d’être aimé par cette personne et à faire le deuil d’une communication idéale avec celle-ci.

Toutes les victimes évoquent « un sentiment de malaise », mélange d’attirance et de répulsion devant ce type de personne. Toutes notent aussi qu’elles n’ont, le plus souvent, pas pu ou pas voulu entendre ces signaux d’alerte. Et lorsqu’elles en prennent conscience, il est déjà souvent trop tard. La thérapie va permettre, d’une part, à apprendre à entendre ces divers signaux, à les décrypter et, d’autre part,  de se remettre « après », de se reconstruire psychiquement et éviter d’y replonger. Car souvent, la solution la plus adéquate sera la fuite. Et un travail sur soi-même qui évitera de répéter cette situation, en d’autres termes de retomber sous le charme d’un autre manipulateur.

Lire les approches thérapeutiques et la psychanalyse d’une victime d’un manipulateur pervers narcissique au travail.