Valérie Sengler psychanalyste à Paris et Saint-Mandé

Thérapies brèves. Psy spécialiste des pathologies lourdes, enfant, adolescent, adulte

Archives de l’auteur Valerie Sengler, psychanalyste, Paris

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

L’anus : le sujet enfoui

« Ca parle beaucoup, cet endroit-là », me fit remarquer un de mes soignants, me faisant considérer l’anus, en commençant par le mien, sous un nouvel angle…

La psychanalyse s’est originellement beaucoup concentrée sur les aspects génitaux et sexuels, sur la « production » matérielle de l’anus et la « gestion » des selles par le patient (rétention, expulsion, manipulation comme l’a montré Karl Abraham), le classant ensuite en stades (oral, anal…) qui s’additionnent -et renvoient chacun à une pathologie mentale.

L’anus, le mal-aimé de la psychanalyse

Nous pourrions ajouter qu’il est aussi média : irrité de nos irritations familiales et professionnelles, inflammé de nos souffrances, témoin d’un trop plein dans le langage courant… et le quotidien de mes consultations. L’anus est à la fois signal (d’un stade de l’évolution de l’individu) et un signe à décoder.

Pour cela, il convient de comprendre qu’il s’insère dans un système plus vaste, tant psychiquement que physiologiquement.

Nous pourrions déduire, à la suite de Le Moi peau écrit par Didier Anzieu, que l’anus est partie prenante de la peau… L’auteur affirme que le Moi-peau remplit entre autres une fonction de maintenance du psychisme et une fonction d’inscription des traces sensorielles tactiles. Comme les autres parties du corps, notre fondement est aussi partie de notre mémoire ; il est l’illustration de nos sensations et de nos perceptions, même inconscientes.

Le trou noir de la psychanalyse n’est pas sans mémoire

L’anus a pu être l’objet de violences ou de maltraitance, souvent pendant l’enfance, rendant cet endroit « sensible » à l’âge adulte du fait de douleurs, de phobies. Les personnes relèguent alors leur anus au rang de « chose » sale, étrangère, hors-soi. Il s’agit pourtant de leur propre corps.

En somme, il ne veulent pas « y » penser (et souvent leur praticien non plus), voire en font un déni. La véracité de l’abus, de l’atteinte à l’intimité de la personne peuvent être mieux cernées par la psychanalyse transgénérationnelle en remontant aux origines du fait, de la souffrance, de la pathologie, afin de se libérer du « non-dit » et du « pensionnaire ».

L’objet de la cure psychanalytique, brève car tournée vers l’efficacité, va être de reconsidérer cette partie du corps si longtemps restée dans l’ombre. Pour un mieux être… fondamental.

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Cet article est volontairement écrit d’un ton léger. Il s’agit pourtant d’un sujet clé, souvent ignoré, enfoui par les patients, voire moqué, mis de côté par certains praticiens… mais abordé dans plus de la moitié des consultations de Valérie Sengler.

Article écrit à quatre mains avec Serge-Henri Saint-Michel.

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Réponses psy aux questions sur le déni de grossesse

Le déni de grossesse est le fait pour une femme d’être enceinte en n’en ayant pas conscience pendant un temps relativement long pouvant aller de 5 mois de grossesse à la date de l’accouchement.

Cet article aborde les questions les plus frappantes qui m’ont été posées par les participantes à la conférence que j’ai tenue à Argenteuil le 6 octobre 2017, à l’association Cause biberon qui traite de thèmes tournant autour de la parentalité et de la petite enfance.

Toutes les femmes ne font pas un déni de grossesse

Clairement non, toutes les femmes ne peuvent pas faire l’objet d’un déni. Le déni est le résultat d’une faille dans la vie des femmes qui en ont fait l’objet. Ces failles ne vont pas permettre à la jeune femme de se sentir femme dans sa tête et par conséquent, elle ne va pas pouvoir s’autoriser le droit de devenir mère.

Des causes multiples peuvent être à l’origine de ces failles. Souvent, elles ne sont même pas conscientisées par ces jeunes femmes qui vont dire que tout va bien dans leur vie.

L’origine peut provenir d’une enfance avec de la maltraitance, par exemple un inceste ayant eu lieu très tôt dans l’enfance et ayant été oublié par le mécanisme du refoulement. La cause peut aussi relever d’un climat incestuel lourd ou encore de la violence larvée d’autant plus traumatisante que non conscientisée par la victime. Une de mes patientes victime d’un déni se faisait depuis toujours insulter, battre par ses parents, elle n’avait le droit de ne rien faire et tout ce qu’elle faisait, était de toute façon « mal ».

Déni : la Femme n’existe pas chez ces jeunes femmes

Dans le cas cité précédemment, les parents la traitaient comme une petite fille alors même qu’elle avait 19 ans. La sexualité était décrite comme sale. Cette jeune femme n’a pas eu l’autorisation de devenir une femme, elle se devait pour répondre aux exigences de ses parents, de rester une petite fille. Il était frappant de l’entendre parler car elle parlait d’une voix de petite fille et utilisait un vocabulaire de petite fille.

Ces jeunes femmes n’ont pas eu la possibilité de faire naître en elles la femme qu’elles sont. Une femme victime d’un déni de 5 mois disait ne pas être contente d’être une femme. Elle aurait toujours voulu être un homme. Elle se rase régulièrement les cheveux et porte un foulard sur son crâne chauve. Les cheveux sont un symbole sexuel et sont un signe de la féminité. Elle n’a pas pu allaiter son enfant. Ici encore, la femme n’a pas la possibilité d’exister. Le livre du docteur Danièle Flaumenbaum, Femme désirée, femme désirante, 2006, édition Payot aborde longuement ces réalités.

Risque de décompensation à la découverte de la grossesse

Elles ne peuvent pas conscientiser leur grossesse sous peine de décompenser, c’est-à-dire de se mettre en danger, à l’annonce de leur grossesse. Une autre de mes patientes m’a racontée qu’après avoir appris par son gynécologue lors d’un banal examen gynécologique, sa grossesse de 5 mois, qu’elle était sortie en état de choc et s’était demandée pendant plusieurs minutes comment elle allait pouvoir mettre fin à ses jours. Se poignarder ou se jeter sous le métro. Finalement, sa pulsion de vie a été plus forte et elle a réussi à rentrer chez elle.

L’origine peut également être transgénérationnelle, comme l’a montré Bruno Clavier, Les fantômes familiaux, 2013, édition Payot.

Il peut arriver que l’enfance se soit passée sans encombres mais qu’il y ait tout de même un déni.

Il faudra alors chercher dans l’arbre généalogique les femmes qui auraient également fait un déni au même âge. Il s’agira de faire une enquête dans la famille afin de trouver le traumatisme dans les lignées paternelle et maternelle pour faire cesser le phénomène de répétition. Il sera courant, de retrouver une grand-mère ou une arrière- grand-mère, une tante ou une grande tante qui auront fait un déni au même âge. Et ce n’est pas toujours chose aisée car une patiente me disait qu’elle se heurtait à une véritable omerta familiale face aux questions qu’elle posait afin d’élucider son déni de 5 mois.

L’enfant issu du déni souffre aussi

Je terminerais par l’enfant qui est issu du déni. Il semble, bien qu’il y ait là encore une absence de statistiques, que l’enfant est souvent un enfant qui ne va pas bien. Être pendant 5 voire 9 mois dans un ventre où il n’y a pas d’interaction avec la femme qui le porte est source d’une profonde souffrance in utero.

Une maman victime d’un déni de 5 mois me racontait que son bébé une fois né n’a cessé de pleurer des semaines entières. Elle n’arrivait pas à le calmer. Il n’a pas voulu téter, comme si le lien avec sa mère n’était pas fait. Il ne veut pas de son lait, il ne veut pas être nourri par elle.

Cet enfant a eu des troubles du comportement, des problèmes auditifs. Cela vient corroborer les observations que j’ai faites dans mon mémoire sur le déni. L’absence d’interaction lors de la grossesse affecte l’audition, cet enfant n’entendait pas d’une oreille et a dû être opéré. Dans mon mémoire, l’enfant a des bouchons tellement énormes qu’il doit tous les 3 mois se faire faire un nettoyage chez son médecin ORL. Ces enfants s’enferment dans une bulle, ou sont enfermés dans une bulle pendant la durée du déni. Bulle qu’ils recherchent en n’ayant pas inconsciemment envie d’entendre.

En conclusion, il me semble que le déni gagne à être plus sujet à étude car, aussi bien les femmes que les enfants qui en sont issus, sont placés dans une situation de déni de leurs souffrances respectives. Écouter, expliquer pour réparer afin de pouvoir passer à autre chose me semble la meilleure solution.

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A lire sur le site : Le déni de grossesse

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Le syndrome de l’imposteur

Vous avez le sentiment de ne pas être digne du poste auquel vous venez d’être nommé, vous vous faîtes régulièrement la remarque que tous vos succès tiennent à la chance, au hasard, vous vous sentez régulièrement à la mauvaise place dans votre métier car vous pensez être moins bon que ce que tout le monde dit de vous. Vous craignez qu’un jour vos collaborateurs ou bien vos supérieurs ne découvrent que vous êtes mauvais et qu’en fait ils se sont trompés sur votre compte.

Vous souffrez sans doute du syndrome de l’imposteur (aussi appelé syndrome de l’usurpateur). Chaque personne peut à un moment de sa vie expérimenter ce mécanisme psy que 70% de la population aurait déjà vécu…

Le syndrome de l’imposteur a des causes psy

N’avoir pas été aimé de façon inconditionnelle pendant son enfance est la première cause. L’enfant se dit qu’il n’est pas aimé car mauvais, nul… Cette croyance se poursuivra dans sa vie d’adulte. Il ne pourra pas admettre qu’il est bon dans son métier car depuis toujours il est persuadé d’être mauvais.

La deuxième cause est l’adolescence. Pendant cette période, l’adolescent est fragile et va parfois se trouver une figure de référence, qu’il va idolâtrer. Il va essayer d’être comme elle et n’y arrivera que très rarement.

La troisième cause est tout simplement le fait d’être issu d’une famille modeste et d’avoir réussi. La réussite va engendrer un sentiment inconscient de déloyauté envers sa famille.

Syndrome de l’imposteur et conséquences comportementales

La peur d’être démasqué va engendrer deux types de comportements chez les personnes atteintes du syndrome de l’imposteur…

L’overdoing consiste à travailler comme un forcené pour réaliser une tâche. La personne va s’épuiser à court terme. Elle a tellement peur de mal faire qu’elle va travailler de façon disproportionnée pour rendre un travail parfait. Le burn out la guette.

L’underdoing consiste à négliger son travail, ainsi si il est mal fait c’est plus simple, les personnes n’ont plus peur d’être découvertes comme étant nulles. Elles se sabotent elles- mêmes.

Le syndrome de l’imposteur impacte la personnalité de l’individu

Les personnes victimes de ce syndrome vont se dénigrer, se dévaloriser. Elles n’ont pas confiance en elles, elles se remettent toujours en cause et ont une mauvaise image d’elles- mêmes. Elles somatisent et peuvent avoir des insomnies, des migraines, des troubles alimentaires, faire une dépression…

Comment dépasser le syndrome de l’imposteur ?

Il faudrait faire un travail psychanalytique afin de revisiter l’enfance et de guérir toutes les blessures précoces à l’origine de ce comportement douloureux.

Il est aussi possible de mener un travail psychanalytique court qui va simplement nous permettre de nous voir tel que nous sommes réellement et non pas comme nos parents nous ont dit que nous étions. Ce changement de point de vue nous permettra d’avoir une meilleure estime de nous-même et de mettre en échec ce syndrome de l’imposteur.

Lire un article complet portant sur le syndrome de l’imposteur au service marketing. mais bien évidemment applicable à tout service, toute fonction et toute organisation ou entreprise !

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

La psychanalyse pour accompagner le deuil

« J’ai perdu ma femme et je n’arrive pas à reprendre goût à la vie. Chaque jour est un combat pour faire les choses : manger, aller à mon travail, vivre tout simplement. J’ai des envies de la rejoindre tant c’est difficile. Comment puis-je faire pour sortir de cette énorme souffrance ? »

Perdre un être cher est un événement tellement douloureux qu’on a l’impression que l’on ne pourra jamais surmonter cette peine. Il me semble important de vous décrire pour commencer, les étapes qui jalonnent le deuil, afin de vous donner des repères plus contenants. Ces étapes sont normales et leurs durées varient en fonction du vécu des personnes. Elles peuvent néanmoins devenir pathologiques si les personnes restent figées dans une de ces étapes.

Ces étapes sont en premier lieu le choc qui entraîne un état de sidération et une perte de contact avec la réalité. Les tâches et les décisions les plus simples sont difficilement effectuables.

Viennent ensuite la douleur face à l’impossibilité d’un retour à la situation passée. La personne se rend compte que la perte est bien réelle. C’est l’étape la plus chaotique et effrayante du deuil. Beaucoup de personnes vont compenser avec de l’alcool et des médicaments.

La dépression sera la suivante, elle se caractérise par une profonde tristesse qui intervient à distance du décès. La souffrance y est extrêmement forte. La personne va se comporter passivement. Elle ne voit pas comment atténuer cette immense souffrance et n’arrive pas à vivre normalement le quotidien.

La résignation viendra ensuite avec l’abandon de cette lutte et l’acceptation de la perte. On va être capable de regarder les bons moments mais aussi les moins bons moments du passé avec la personne décédée. On commence à avoir plus confiance en soi, on se sent mieux et l’avenir nous semble moins noir.

Vient enfin la reconstruction qui correspond à l’intégration du deuil dans l’histoire personnelle ; c’est l’acceptation de rentrer dans le cycle de la vie. On s’ouvre aux autres, on recommence à faire des activités afin d’échapper à la douleur.

Le deuil n’est pas une maladie mais il peut entraîner les symptômes d’une maladie ou en créer une. Un patient me disait avoir fait un infarctus suite au décès de son épouse. « Elle m’a brisé le cœur », tels sont ses mots. Maux d’estomac, insomnies, stress, maux de tête, peuvent être des effets secondaires ressentis. Il est important de se faire aider et d’aider son corps : séances  d’acuponctures, homéopathie…

Deuil : le travail psychanalytique est une aide précieuse

Ce travail sera un travail en état d’urgence. En effet, vous êtes en prise à des émotions extrêmement violentes. La psychanalyse va vous permettre de mettre des mots sur ces vagues et ainsi de les identifier pour arriver à mieux les canaliser et au final mieux les intégrer. L’expression de ces émotions : cris, pleurs, mutisme, colère se fera dans un cadre rassurant, bienveillant et donc contenant. Ce ne sera pas une déferlante d’émotions qui vous engloutit et sur laquelle vous n’avez pas de maîtrise mais le début d’une reprise de contrôle sur ce qui vous arrive.

Etre accompagné le temps nécessaire, savoir qu’on a un lieu qui vous accueille chaque semaine permet de poser des jalons qui vont vous aider à franchir le cap de chaque jour, puis celui de chaque semaine en maintenant un semblant  d’ordre dans votre vie. Cela va tout simplement, au début, vous obliger à vous prendre en main pour venir aux séances. Ces rendez-vous sont stables, fixes, solides, ce sont des balises de sécurité dans votre mer intérieure démontée.

Le deuil s’accompagne par une méthode psychanalytique adaptée

Nous ferons ensemble les différentes étapes du deuil. Nous revisiterons votre histoire avec celle de votre conjoint défunt. En étant dans la compréhension de ce qui se passe en vous, vous serez plus à même de gérer votre souffrance. Ce qui ne veut pas dire que ça ne se fera pas dans la souffrance. La souffrance est hélas nécessaire et saine.

Le travail psychanalytique va également vous permettre de vous pencher sur votre propre rapport à la mort et à votre propre mort. Parler de vos peurs ensevelies qui font soudainement surface, la peur des regrets, les conflits larvés, les pardons non accordés, les expériences non tentées, la peur de la souffrance, du vieillissement, celle de mourir seul, d’être oublié alors que tout continue… Toutes ces peurs ressurgissent lorsque nous sommes en deuil car ce deuil fait miroir avec notre propre finitude. Penser à notre fin pour finalement nous sentir davantage exister car la mort d’un être cher vous change à jamais et ce deuil qui n’est pas l’oubli, va déclencher en vous un processus de cicatrisation qui va au final vous apporter l’apaisement.

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Harcèlement de l’enfant

Votre enfant a changé. De gai, il est devenu taciturne. Il n’a plus envie d’aller à l’école. Il dort mal… Après la surprise survient le questionnement et l’inquiétude. Que vit mon enfant ? Comment puis-je l’aider ?

Comment repérer le harcèlement ?

Deux chiffres qui parlent d’eux-mêmes : 1 enfant sur 10 souffre de harcèlement et 50% des enfants n’en parlent pas (source UNICEF 2014).

Les indices d’un possible harcèlement

Le harcèlement peut se repérer à deux niveaux : l’attitude de l’enfant et l’état de ses affaires.

En effet, l’attitude de votre enfant a changé. Il est irritable, se renferme sur lui, est nerveux, fatigué, il mange beaucoup ou moins, n’a plus d’entrain, fait des cauchemars, se néglige, se fait mal, ne veut pas aller à l’école, ne veut plus manger à la cantine et veut arriver à l’heure exacte des cours et jamais en avance.

En ce qui concerne ses affaires, de façon répétée son matériel scolaire est abîmé, ses vêtements peuvent être déchirés ou « disparaissent », les lunettes peuvent être cassées… Ce caractère répétitif doit être un signal d’alerte.

Harcèlement de l’enfant : à ne pas dire, à ne pas faire

La question à ne surtout pas poser est celle qui consiste à demander : «  es-tu victime de harcèlement ? » Elle est trop frontale et va susciter de la peur chez votre enfant. De fait, il répondra quasiment toujours par la négative. Pourquoi cette peur ? Peur d’être dépassé par votre réaction, par ce que vous allez faire. Il ne voit pas comment il va pouvoir continuer à gérer son quotidien à l’école après un éventuel esclandre de votre part.

Comment dire et faire dire le harcèlement ?

Il faut amener le sujet indirectement : « Je sais qu’il y a parfois des problèmes… est-ce que c’est ce qui t’arrive ? Je ne sais pas ce qui se passe à l’école pour toi, mais si j’avais été dans ce cas lors de ma scolarité, j’aurais aimé pouvoir en parler à mes parents. »

Il faut lui promettre de ne rien faire sans son accord. Cette promesse va le rassurer et lui permettre de s’ouvrir à vous en toute confiance. Il sera également décideur dans ce qui sera mis en œuvre et aura ainsi à nouveau un certain contrôle sur ce qui lui échappait auparavant. Il ne subit plus et c’est déjà un grand pas pour lui.

Quelles actions mener contre le harcèlement de l’enfant ?

La procédure officielle

En tant que parent, vous pouvez rencontrer le chef d’établissement et/ou le médecin scolaire ou l’infirmière scolaire pour leur faire part de ce que votre enfant vit. Vous pouvez également porter plainte. Ce sont là les procédures officielles. Pour ma part, je pencherai pour une autre approche…

La psychanalyse pour lutter contre le harcèlement

Pourquoi un travail psychanalytique plutôt que les procédures officielles ? Il me semble que les cours de récréation sont des microcosmes de notre société régis par des codes et que les conflits entre élèves doivent se régler entre élèves. Il ne faut pas se voiler la face en se disant que l’intervention des parents auprès de la hiérarchie va arranger les choses. Souvent, l’intervention va au contraire aggraver le vécu de l’enfant qui sera catalogué de « vraiment trop nul, tes parents sont obligés d’intervenir à ta place ». Ce message sera très humiliant pour votre enfant et va le conforter dans sa position de bouc émissaire. L’agresseur quant à lui, deviendra la star de la cour de récréation car il aura réussi à mobiliser les adultes par sa méchanceté et il va gagner en popularité auprès de ses pairs. L’intervention des adultes fragilise malheureusement le jeune.

Ensuite, intervenir à la place de votre enfant, c’est lui dire indirectement qu’il n’est pas capable de se défendre tout seul et cela va donc le fragiliser encore davantage. Cette attitude va de plus risquer de favoriser le phénomène de répétition en vertu duquel il est hautement probable que plus tard, dans sa vie professionnelle ou privée, voire les deux, il soit à nouveau en prise avec des harceleurs n’ayant pas réglé ce problème à sa source, c’est-à-dire à l’école.

Harcèlement de l’enfant : la solution proposée par la psychanalyste

Dans un premier temps, je vais demander à la victime de me décrire le harceleur. Nous allons ensemble faire un travail de décorticage : que dit-il ? Comment le dit-il ? Qu’est ce qui revient le plus souvent ? Comment est-il physiquement ? Cette phase d’analyse permet à la victime de dédramatiser en remettant le harceleur à sa juste position, par exemple un garçon qui n’est pas sûr de lui et qui, par son harcèlement, acquiert de l’assurance en devenant le leader d’un groupe.

Ensuite, chercher ensemble le talon d’Achille du harceleur, car derrière chaque harceleur se cache une personne souffrante qui masque sa souffrance au moyen de la violence qu’elle fait subir à l’autre. Par ce travail, la victime reprend confiance en elle et sort de l’emprise du harceleur en le voyant comme un être peu sûr de lui et non comme un caïd.

Enfin, la victime va apprendre à riposter sur mesure. Nous ferons ensemble des mises en situation où la victime va apprendre à retourner la flèche de l’agresseur vers ce dernier au lieu de la prendre en plein cœur. On va ainsi modifier la relation et réduire le potentiel agressif du harceleur. Concrètement, nous allons par exemple décortiquer l’insulte qui revient le plus souvent : « tu es énorme, on dirait un éléphant » et nous allons trouver une riposte sur mesure comme « je suis peut-être énorme, mais je peux maigrir ; par contre, toi, tu ne pourras jamais grossir du cerveau ».

En résumé ce travail psy qui va permettre à la victime d’être acteur dans sa démarche de protection d’elle-même. Il me semble primordial que cette attitude puisse émerger le plus rapidement possible car ainsi le phénomène de répétition sera stoppé et n’apparaîtra plus dans sa vie future et si cependant cela devait se reproduire, l’agression serait de fait moins violente et surtout la victime serait en capacité cette fois-ci de riposter efficacement.

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

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