Valérie Sengler psychanalyste à Paris et Saint-Mandé

Thérapies brèves. Psy pour enfant, adolescent, adulte. Spécialiste des pervers narcissiques.

Archive de l’étiquette souffrance

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Pratiques sexuelles : quand les injonctions sociétales créent des souffrances chez la femme

Les pratiques sexuelles des femmes sont fortement contraintes par les injonctions sociales, les modes de représentation de l’Autre et les stéréotypes. A la clé : la souffrance…

Ce sont les vacances, il fait beau, il fait chaud et je suis stupéfaite de me retrouver face à une grande majorité de patientes qui subitement se mettent à me confier leurs problématiques « au lit ». Bref, elles me parlent de leur sexualité.

Je reste tout aussi pantoise par ce qu’elles me disent. Dans cet article, j’ai eu envie de démêler les injonctions auxquelles la société les soumet, de ce qui est la réalité vécue, et de comment les individus s’en accommodent.

Les individus consomment en exerçant leur libre arbitre, ils choisissent en achetant… Du moins le croient-ils ! Ils pensent pour la plupart d’entre eux être totalement libres et prendre telle ou telle décision en complète indépendance. L’arbre de la décision individuelle prise en totale liberté cache en réalité une forêt de stéréotypes conduisant en fait à des critères de choix préformés qui déforment la relation à l’Autre. Ces critères préformés conduisent à des comportements stéréotypés source de souffrances chez les individus.

Mes patientes ne savent souvent pas ce qu’elles veulent tant elles sont déconnectées d’elles-mêmes, tant elles sont surconnectées aux injonctions de la société. En résulte une souffrance provenant d’un comportement qui ne vient pas d’elles-mêmes mais qu’elles s’imposent… et qui pour elles est obligatoire car une femme aimante « fait toujours ça ». Elles se livrent à un comportement sexuel idéalisé qui en réalité n’est qu’un simulacre s’appuyant lui-même sur des stéréotypes.

Les injonctions provenant de la pornographie

La consommation de sexe est un marché en pleine expansion, le consommateur pense y cheminer par lui-même, en faisant ses propres choix. Mais il est consciemment ou inconsciemment conditionné par les valeurs de la société et la pornographie. Penchons-nous sur certaines pratiques sexuelles illustrant ces injonctions et stéréotypes comportementaux…

La femme docile

Eva me raconte qu’avec ses partenaires, elle est performante. La performance consiste pour elle à être docile, se laisser faire, toujours faire des fellations et toujours faire semblant de jouir. Car elle n’a pas de plaisir, ne cherche qu’à satisfaire son partenaire pour qu’il se sente viril. Le sexe c’est pénible, elle ne sait pas ce qu’est le plaisir de faire l’amour. Elle se demande si elle est normale et ajoute que toutes ses copines vivent la même chose !

Annie me raconte que son mari lui impose une relation sexuelle par jour, et parfois 4 le week-end, qu’elle n’en peut plus. Elle a réussi à lui dire non, en écoutant pour la première fois son corps qui par des cystites à répétition lui signifiait que ce n’était plus supportable. Son mari l’a très mal pris et lui a parlé de devoir conjugal qu’elle ne respectait pas, son couple bat de l’aile. Pour lui, la femme est un objet sexuel qui doit se soumettre à ses désirs, peu importe si elle a des désirs ou non. Souvent le soir alors qu’elle lisait au lit, il venait, baissait son pantalon et lui tendait son sexe en lui disant « suce-moi ». Il ne lui est jamais venu à l’idée que ce comportement était immonde et ma patiente a mis du temps à conscientiser la violence de cet acte tant le diktat de la pornographie est puissant.

Il me semble que harcèlement ou même viol conjugal seraient des termes plus adaptés.

Faire l’amour : une performance individuelle

Flore me raconte avoir couché avec un homme qui lui a sauté dessus « comme si elle était un bonbon ». Elle était toute surprise par cet assaut et n’a su que faire. Elle a attendu que ça se passe. Il lui a demandé ce qu’elle voulait qu’il lui fasse et ça l’a bloqué. « C’était comme dans un restau, vous désirez encore un peu de gâteau ou plutôt du flanc ? ». « A la fin, il s’est détourné et s’est endormi. Il ne m’a pas prise dans ses bras et j’ai eu envie de pleurer ».

Virginie ne fait l’amour que tous les deux mois, son partenaire n’a pas envie de perdre son temps à de telles futilités et quand il lui arrive d’avoir envie, il la prend la nuit quand elle dort et éjacule au bout de 3 minutes quand elle se réveille. Au mot de viol, elle s’insurge et ne veut pas l’entendre. Elle est attirée par un ami mais n’ose pas succomber car elle aime son compagnon. Elle a régulièrement mal à l’utérus car elle a envie de faire l’amour et souffre physiquement de ce manque.

« Les femmes qui couchent, ce sont des putes (ou des salopes) »

Emilie dit aimer faire l’amour avec des inconnus mais en a honte. Elle est divorcée et mère de famille, ce comportement n’est pas en adéquation avec son éducation et les valeurs que ses parents lui ont inculquées. Elle me raconte et me demande d’un air contrit : « prendre un amant d’un soir, c’est mal ? ». A la question « Y avez-vous pris du plaisir ? », elle me répond avec des yeux brillants et un large sourire « oui ! ».

Nadège, qui ne trouve pas de compagnon et qui souffrait de ne pas avoir de relations sexuelles, m’explique qu’elle a trouvé la solution idéale. Elle se rend régulièrement en club échangiste, se choisit de beaux partenaires et « se fait baiser par eux », sous les regards d’hommes se masturbant. Elle y trouve une grande jouissance car elle est dans ce cas toute puissante, ce qui la venge de la vraie vie où personne ne s’intéresse à elle.

« Les poils c’est absolument dégueulasse, jamais je ne pourrais être avec une femme non épilée ». Paul me dit ne pouvoir faire l’amour qu’avec des femmes épilées intégralement. « La première chose que je leur demande, c’est ça ». Il va jusqu’à prendre rendez-vous pour elles chez l’esthéticienne pour qu’elles se fassent épiler avant de coucher avec elles.

La psychanalyse face à ces histoires de sexe

Nous avons donc dans un même lieu deux personnes qui font l’amour ou, plutôt, ont une relation sexuelle dans laquelle chacun joue une scène d’un scénario que lui aura édicté son vécu conditionné par la société et ses diktats. Deux individus seuls avec eux-mêmes qui jouent un rôle avec dans leur tête : « Il faut que je fasse ça, un cunni puis une fellation car il faut toujours commencer ainsi puis… », une sorte de clé multiprise du sexe. Et en avant la Légion !

Apprendre à exister pour soi

En apprenant par un travail psychanalytique à nous connaître, nous apprenons à faire la différence entre les injonctions et nos véritables désirs. Nos désirs seront alors assouvis en pleine conscience et donc en accord intime avec nous-même. Nadège n’aura plus honte d’aller en club, ni honte de prendre son pied en utilisant comme elle le dit des hommes beaux qu’elle ne pourrait pas avoir dans la vie ordinaire. Et Emilie pourra s’accorder le droit de faire l’amour avec des inconnus sans se qualifier des pires adjectifs et au final vivre ses aventures d’une nuit sereinement. Les partenaires de Paul oseront dire non à ses exigences de sexe entièrement épilés. Virginie finira par quitter son compagnon et a retrouvé un homme complétement différent qui lui fait l’amour avec attention et aussi souvent qu’elle le désire.

L’amour : la cérémonie japonaise du thé ?

Faire l’amour, c’est prendre soin de l’Autre, ne pas l’utiliser comme un objet duquel on veut tirer son propre plaisir, mais communiquer dans cette danse pour arriver à une apothéose finale avec ou sans orgasme.

Faire l’amour c’est ne pas avoir un comportement centré sur soi : la danse ne peut pas se réaliser si chacun regarde dans une direction différente. Recevoir et donner, ne plus vivre avec l’idée que l’autre vous juge et attend de vous telle ou telle chose, accepter l’Autre tel qu’il est… Tout cela s’apprend.

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

L’anus : le sujet enfoui

« Ca parle beaucoup, cet endroit-là », me fit remarquer un de mes soignants, me faisant considérer l’anus, en commençant par le mien, sous un nouvel angle…

La psychanalyse s’est originellement beaucoup concentrée sur les aspects génitaux et sexuels, sur la « production » matérielle de l’anus et la « gestion » des selles par le patient (rétention, expulsion, manipulation comme l’a montré Karl Abraham), le classant ensuite en stades (oral, anal…) qui s’additionnent -et renvoient chacun à une pathologie mentale.

L’anus, le mal-aimé de la psychanalyse

Nous pourrions ajouter qu’il est aussi média : irrité de nos irritations familiales et professionnelles, inflammé de nos souffrances, témoin d’un trop plein dans le langage courant… et le quotidien de mes consultations. L’anus est à la fois signal (d’un stade de l’évolution de l’individu) et un signe à décoder.

Pour cela, il convient de comprendre qu’il s’insère dans un système plus vaste, tant psychiquement que physiologiquement.

Nous pourrions déduire, à la suite de Le Moi peau écrit par Didier Anzieu, que l’anus est partie prenante de la peau… L’auteur affirme que le Moi-peau remplit entre autres une fonction de maintenance du psychisme et une fonction d’inscription des traces sensorielles tactiles. Comme les autres parties du corps, notre fondement est aussi partie de notre mémoire ; il est l’illustration de nos sensations et de nos perceptions, même inconscientes.

Le trou noir de la psychanalyse n’est pas sans mémoire

L’anus a pu être l’objet de violences ou de maltraitance, souvent pendant l’enfance, rendant cet endroit « sensible » à l’âge adulte du fait de douleurs, de phobies. Les personnes relèguent alors leur anus au rang de « chose » sale, étrangère, hors-soi. Il s’agit pourtant de leur propre corps.

En somme, il ne veulent pas « y » penser (et souvent leur praticien non plus), voire en font un déni. La véracité de l’abus, de l’atteinte à l’intimité de la personne peuvent être mieux cernées par la psychanalyse transgénérationnelle en remontant aux origines du fait, de la souffrance, de la pathologie, afin de se libérer du « non-dit » et du « pensionnaire ».

L’objet de la cure psychanalytique, brève car tournée vers l’efficacité, va être de reconsidérer cette partie du corps si longtemps restée dans l’ombre. Pour un mieux être… fondamental.

***

Cet article est volontairement écrit d’un ton léger. Il s’agit pourtant d’un sujet clé, souvent ignoré, enfoui par les patients, voire moqué, mis de côté par certains praticiens… mais abordé dans plus de la moitié des consultations de Valérie Sengler.

Article écrit à quatre mains avec Serge-Henri Saint-Michel.

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Harcèlement de l’enfant

Votre enfant a changé. De gai, il est devenu taciturne. Il n’a plus envie d’aller à l’école. Il dort mal… Après la surprise survient le questionnement et l’inquiétude. Que vit mon enfant ? Comment puis-je l’aider ?

Comment repérer le harcèlement ?

Deux chiffres qui parlent d’eux-mêmes : 1 enfant sur 10 souffre de harcèlement et 50% des enfants n’en parlent pas (source UNICEF 2014).

Les indices d’un possible harcèlement

Le harcèlement peut se repérer à deux niveaux : l’attitude de l’enfant et l’état de ses affaires.

En effet, l’attitude de votre enfant a changé. Il est irritable, se renferme sur lui, est nerveux, fatigué, il mange beaucoup ou moins, n’a plus d’entrain, fait des cauchemars, se néglige, se fait mal, ne veut pas aller à l’école, ne veut plus manger à la cantine et veut arriver à l’heure exacte des cours et jamais en avance.

En ce qui concerne ses affaires, de façon répétée son matériel scolaire est abîmé, ses vêtements peuvent être déchirés ou « disparaissent », les lunettes peuvent être cassées… Ce caractère répétitif doit être un signal d’alerte.

Harcèlement de l’enfant : à ne pas dire, à ne pas faire

La question à ne surtout pas poser est celle qui consiste à demander : «  es-tu victime de harcèlement ? » Elle est trop frontale et va susciter de la peur chez votre enfant. De fait, il répondra quasiment toujours par la négative. Pourquoi cette peur ? Peur d’être dépassé par votre réaction, par ce que vous allez faire. Il ne voit pas comment il va pouvoir continuer à gérer son quotidien à l’école après un éventuel esclandre de votre part.

Comment dire et faire dire le harcèlement ?

Il faut amener le sujet indirectement : « Je sais qu’il y a parfois des problèmes… est-ce que c’est ce qui t’arrive ? Je ne sais pas ce qui se passe à l’école pour toi, mais si j’avais été dans ce cas lors de ma scolarité, j’aurais aimé pouvoir en parler à mes parents. »

Il faut lui promettre de ne rien faire sans son accord. Cette promesse va le rassurer et lui permettre de s’ouvrir à vous en toute confiance. Il sera également décideur dans ce qui sera mis en œuvre et aura ainsi à nouveau un certain contrôle sur ce qui lui échappait auparavant. Il ne subit plus et c’est déjà un grand pas pour lui.

Quelles actions mener contre le harcèlement de l’enfant ?

La procédure officielle

En tant que parent, vous pouvez rencontrer le chef d’établissement et/ou le médecin scolaire ou l’infirmière scolaire pour leur faire part de ce que votre enfant vit. Vous pouvez également porter plainte. Ce sont là les procédures officielles. Pour ma part, je pencherai pour une autre approche…

La psychanalyse pour lutter contre le harcèlement

Pourquoi un travail psychanalytique plutôt que les procédures officielles ? Il me semble que les cours de récréation sont des microcosmes de notre société régis par des codes et que les conflits entre élèves doivent se régler entre élèves. Il ne faut pas se voiler la face en se disant que l’intervention des parents auprès de la hiérarchie va arranger les choses. Souvent, l’intervention va au contraire aggraver le vécu de l’enfant qui sera catalogué de « vraiment trop nul, tes parents sont obligés d’intervenir à ta place ». Ce message sera très humiliant pour votre enfant et va le conforter dans sa position de bouc émissaire. L’agresseur quant à lui, deviendra la star de la cour de récréation car il aura réussi à mobiliser les adultes par sa méchanceté et il va gagner en popularité auprès de ses pairs. L’intervention des adultes fragilise malheureusement le jeune.

Ensuite, intervenir à la place de votre enfant, c’est lui dire indirectement qu’il n’est pas capable de se défendre tout seul et cela va donc le fragiliser encore davantage. Cette attitude va de plus risquer de favoriser le phénomène de répétition en vertu duquel il est hautement probable que plus tard, dans sa vie professionnelle ou privée, voire les deux, il soit à nouveau en prise avec des harceleurs n’ayant pas réglé ce problème à sa source, c’est-à-dire à l’école.

Harcèlement de l’enfant : la solution proposée par la psychanalyste

Dans un premier temps, je vais demander à la victime de me décrire le harceleur. Nous allons ensemble faire un travail de décorticage : que dit-il ? Comment le dit-il ? Qu’est ce qui revient le plus souvent ? Comment est-il physiquement ? Cette phase d’analyse permet à la victime de dédramatiser en remettant le harceleur à sa juste position, par exemple un garçon qui n’est pas sûr de lui et qui, par son harcèlement, acquiert de l’assurance en devenant le leader d’un groupe.

Ensuite, chercher ensemble le talon d’Achille du harceleur, car derrière chaque harceleur se cache une personne souffrante qui masque sa souffrance au moyen de la violence qu’elle fait subir à l’autre. Par ce travail, la victime reprend confiance en elle et sort de l’emprise du harceleur en le voyant comme un être peu sûr de lui et non comme un caïd.

Enfin, la victime va apprendre à riposter sur mesure. Nous ferons ensemble des mises en situation où la victime va apprendre à retourner la flèche de l’agresseur vers ce dernier au lieu de la prendre en plein cœur. On va ainsi modifier la relation et réduire le potentiel agressif du harceleur. Concrètement, nous allons par exemple décortiquer l’insulte qui revient le plus souvent : « tu es énorme, on dirait un éléphant » et nous allons trouver une riposte sur mesure comme « je suis peut-être énorme, mais je peux maigrir ; par contre, toi, tu ne pourras jamais grossir du cerveau ».

En résumé ce travail psy qui va permettre à la victime d’être acteur dans sa démarche de protection d’elle-même. Il me semble primordial que cette attitude puisse émerger le plus rapidement possible car ainsi le phénomène de répétition sera stoppé et n’apparaîtra plus dans sa vie future et si cependant cela devait se reproduire, l’agression serait de fait moins violente et surtout la victime serait en capacité cette fois-ci de riposter efficacement.

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A lire sur le site :

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Victime d’un pervers narcissique au travail ?

« J’ai la sensation de ne plus vraiment faire partie de mon entreprise. On ne me confie plus guère de missions, je ne suis plus convié aux réunions de travail, je me sens isolé. Mon supérieur parfois m’ignore, parfois me demande d’accomplir des tâches irréalisables. J’ai l’impression de ne plus exister aux yeux des autres. Cette situation me pèse beaucoup, je ne vois pas de solution. Comment puis-je y mettre un terme ? »

Il me semble que vous pourriez-ici être en proie à un pervers narcissique (PN). Je vais dans un premier temps vous aider à repérer un pervers narcissique, ensuite je vais vous éclairer sur les failles en vous qui permettent au PN d’avoir de l’emprise sur vous et enfin je vous donnerai des conseils pour vous protéger des PN.

Comment repérer objectivement un pervers narcissique ?

Le pervers narcissique se trouve souvent à des postes à  responsabilité avec des subordonnés sous ses ordres. Il n’éprouve aucun affect et son manque de scrupule peut dérouter. Son comportement est différent en public et en privé. Il ne s’excuse pas, ne supporte pas la critique et n’avoue jamais ses fautes.

Le pervers narcissique donne des injonctions paradoxales ou des ordres contradictoires, flous. Les objectifs sont souvent inatteignables et les demandes irréalistes. Il va alterner la flatterie et la dévalorisation, il va calomnier sa victime et va l’humilier. Sans raison apparente, il va passer de la bienveillance à une attitude cassante et sèche.

Son but est purement et simplement de vous détruire.

Comment repérer en vous le travail de sabotage d’un pervers narcissique ?

Les symptômes vont s’amplifier au fur et à mesure que le temps passe. Une impression de mal être va progressivement se transformer en l’idée que l’on ne vaut rien, vous avez peur, vous êtes désespéré et vous pouvez en dernier lieu faire un burn out ou avoir des pensées suicidaires.

Des symptômes physiques comme entre autre des migraines, des maux de ventre, des douleurs chroniques, du stress des insomnies vont venir compléter ces effets néfastes. Ils viennent mettre « en maux » votre souffrance psychique.

Les victimes vont souvent utiliser des antidépresseurs.

Quelles sont vos failles ?

Les victimes d’un pervers narcissique ne le sont jamais par hasard, il y a une part de « responsabilité » chez elles, car le pervers narcissique et sa victime se choisissent.

En effet, elles ont une structure de personnalité qui les désigne comme des proies idéales.

La victime a souvent eu une enfance difficile avec des parents pervers narcissiques et ne connaît pas d’autres type de rapport affectifs que ce rapport de dépendance et d’humiliation, de chantage affectif, de « je t’aime et je te hais, tu es tout pour moi et tu ne vaux rien. ». Elle n’a pas eu de nourriture affective pour se construire et souffre de carences telles que le manque d’estime d’elle-même, le manque de confiance en elle.

En réalité la victime et le pervers narcissique ont eu une enfance semblable. La différence est que le pervers narcissique a réussi à survivre en devenant un être dépourvu d’affect et trouvant sa jouissance dans le mal qu’il fait à l’Autre, à l’image d’une forteresse barricadée, hérissée de pics en fer et impénétrable, alors que sa victime s’est construite à l’image d’une maison aux fondations instables et ouverte aux intempéries.

Comment se protéger des pervers narcissiques ?

Le meilleur moyen de protection est dans ce cas toujours la fuite.

La victime va souvent être isolée au sein de l’entreprise car les autres salariés ont peur de perdre leur emploi s’ils venaient à prendre parti pour elle. Parfois, le pervers narcissique va même aller à se poser en victime de dénonciations calomnieuses et est capable de porter plainte pour diffamation contre sa victime. Il y toujours un décalage entre l’image qu’il donne de lui à l’extérieur et qui est très flatteuse et l’attitude en privé qui est radicalement à l’opposé.

Si toute fois vous voulez rester dans cette entreprise, je vous conseille de ne pas montrer vos émotions en cas de propos humiliants ou blessants car le PN trouve sa jouissance dans la vue du mal qu’il vous afflige.

Essayez de ne pas parler de votre vie, afin de ne pas lui donner de prise pour vous anéantir ultérieurement. Soyez le plus secret possible pour vous protéger.

Ne vous culpabilisez plus, en vous disant que ce n’est pas de votre faute si vous n’atteignez pas les objectifs car objectivement ils ne sont pas atteignables.

Ne vous justifiez plus, ne discutez plus car vous aurez toujours torts. Utilisez des expressions toutes faîtes telles que «  c’est votre opinion », « c’est votre avis ». Ces expressions ont l’avantage de vous permettre de rétorquer et donc de ne pas subir l’attaque puisque vous  riposter, mais aussi de vous protéger car elles ne vous empêtrent pas dans des discussions où vous aurez de toute façon à nouveau torts.

Envoyez des mails de confirmation de ce qui vous a été demandé afin d’avoir une preuve écrite et ainsi de vous protéger.

Lire nos articles sur l’apport de la psychanalyse à la victime d’un manipulateur pervers narcissique en famille et , sur les pervers narcissiques en entreprise et sur Comment moins subir la pression et le conformisme du groupe en entreprise ?

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Self et faux self

« Pourquoi ai-je l’impression de ne pas être vraiment moi-même ? Suis-je bien en adéquation avec moi ? Je souffre de maux de dos, de crises d’angoisse, d’insomnies, et si je n’étais pas aligné dans ma vie entre ce que je veux et ce que je vis ? »

Parfois nous pouvons avoir l’impression que nous marchons à côté de notre vie, que ce que nous faisons sonne faux, que peut être nous ne sommes pas à la bonne place. Et parfois, nous sommes en complète adéquation avec celle-ci : «  Je vis la vie que je désire, ma vie est belle ». Quels sont les mécanismes qui sont à l’œuvre, lorsque nous somme en proie à de telles sensations ? Si nous sommes en accord avec notre vrai moi, nous avons ce que Winnicott appelle un vrai self. Dans le cas contraire, nous vivons avec un faux self, un moi qui ne l’est pas réellement et qui nous fait nous sentir en décalage. En quoi un faux self peut-il nous rendre la vie difficile voir insupportable ?

Ces deux notions se réfèrent à Donald W. Winnicott psychanalyste anglais qui en est le créateur. Aussi aborderons-nous, dans ce développement de psychanalyse expliquée…

  • Le vrai self désigne l’image que le sujet se fait de lui-même et qui correspond effectivement à ce qu’il est.
  • Le faux self désigne une instance qui s’est constituée pour s’adapter à une situation plus ou moins anormale et contraignante.

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Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Le self

Le terme de self est la traduction anglaise de «soi». L’œuvre de Winnicott est centrée sur la nécessité, pour le développement de l’enfant, d’un environnement «suffisamment bon».

D’après lui, il existerait dès le début de la vie un premier objet d’amour : sa mère. La base de cette relation d’objet primaire serait l’interdépendance de la mère et de l’enfant. Cette mère étant guidée par «la préoccupation maternelle primaire» qui fera d’elle une «mère suffisamment bonne». Cette mère suffisamment bonne est à l’origine du self de son enfant.

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Le faux self

Si la mère est incapable de répondre aux besoins de son enfant, elle va substituer au geste spontané du bébé le sien, auquel ce dernier est contraint de se soumettre. Cette soumission est le premier stade du faux self. Cette situation répétée à maintes reprises participera au développement d’un faux self. Insuffisamment bonne, la mère fait défaut au bébé lui refusant sa toute puissance.  A la place, elle substitue le sien propre, qui n’aura de sens que par la soumission du nourrisson. Cette mère peut être malade, ou mentalement absente, elle va conduire l’enfant à voir la chose vue et la perception physique va passer au premier plan par rapport à la subjectivité. La mère devient un objet extérieur, elle ne fait plus partie du bébé. L’expérience de la mère est alors vécue comme symbole de frustration. L’enfant au lieu de pouvoir faire l’expérience de l’action libre et spontanée qui trouve un écho dans la réalité extérieure est contraint à la réaction. L’environnement le détermine. En grandissant il s’adapte et peut ressembler à la personne qui occupe le premier plan. Le bébé va ressentir ces carences comme des empiétements qui représentent une forme de menace. Car, ces carences ne sont pas ressenties comme des carences maternelles, la mère déficiente n’est pas ressentie comme telle. Ces carences maternelles sont ressenties par son bébé comme des menaces contre l’existence personnelle du self.

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