Valérie Sengler psychanalyste à Paris et Saint-Mandé

Thérapies brèves. Psy pour enfant, adolescent, adulte. Spécialiste des pervers narcissiques.

Archive de l’étiquette harcèlement

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Le bashing, dénigrement de l’enfant en milieu scolaire

Le bashing en cours de récréation se traduit par le fait qu’un élève devient le bouc émissaire c’est-à-dire concrètement le souffre-douleur de tout un groupe, qui forme une entité se liguant contre l’un des leurs et qui va mettre à l’écart la personne désignée comme bouc émissaire. Le bashing prendra ensuite des formes diverses…

Le racket, le harcèlement, des coups…

Ainsi, Marco 14 ans se faisait racketter ses cigarettes, il lui était demandé de payer les menus achetés dans les fast foods. Le racket était mâtiné de harcèlement quand il faisait l’objet de moqueries concernant ses vêtements mais aussi ses cheveux et même son allure générale.

Lili 8 ans se faisait tirer les cheveux, voler ses serre-têtes, ses goûters. Elle a dû donner son argent de poche. Dans les toilettes, une petite fille du même âge menaçait de la tuer avec un couteau qu’elle pointait sur sa gorge si elle parlait.

Lucien 12 ans était isolé. Personne ne voulait être son ami. Il était très bon élève et se faisait traiter de « faillot ». Il se faisait bousculer, voler ses affaires, casser ses lunettes.

Marie 6 ans était elle aussi complétement rejetée par le groupe car bonne élève. Elle se mettait à l’écart dans la cour de récré pour ne pas se faire battre ou se faire pousser dès que les surveillants avaient le dos tourné. Elle était rentrée avec les lunettes cassées, parfois les vêtements déchirés, et souvent des plaies aux genoux car elle se faisait bousculer et souvent tombait.

Dans tous ces exemples, se dessine un comportement pervers d’un groupe envers une personne. Ces comportements vont engendrer de grandes souffrances chez les victimes.

Conséquences du bashing sur les enfants victimes : silence et mal être

Souvent, ces enfants ou ados ne diront rien par crainte de représailles. Ils craignent que leurs parents ne fassent un scandale chez le directeur et qu’alors ils soient encore à nouveau désignés comme celui qui ne va pas bien, celui par qui le scandale arrive. Pour au final, se retrouver dans la même cour de récré avec les mêmes élèves qui vont continuer à s’acharner de plus belle sur eux. D’où leur silence. En fait, ils ne voient pas de solution et sont dans un profond mal-être.

Ce mal-être va se traduire par des notes moins bonnes, par de la tristesse, un repli sur soi. L’enfant sera un peu comme une plante manquant d’eau et de soleil. Il se rabougrit lentement quasi en secret. Il n’est plus vraiment dans la vie. Il manque d’entrain, il n’a plus envie de rien. Des problèmes de sommeil, une envie de rester à la maison, un mutisme peuvent mettre la puce à l’oreille. Il peut s’il est ado, fumer, boire, se mettre à voler de l’argent à ses parents, fuguer, mentir, se scarifier…

Les cibles du bashing à l’école : la faille

Les enfants ou ado faisant l’objet du bashing ont une « faille » qui les désigne comme cible idéale. Ce sont souvent de bons élèves, des êtres gentils et prévenants dépourvus de tout instinct grégaire. Ils ne se défendront pas s’ils font l’objet d’attaque. Ils peuvent être très beaux et attiser la jalousie du groupe ou au contraire avoir une particularité physique qui va servir de prise au groupe. Viviane 12 ans portait des lunettes et un appareil dentaire, elle était toute gentille et toute timide. Le groupe s’est acharné contre elle. Il la nommait « quatre yeux » et « bouche d’acier », on lui volait ses affaires. Un jour en cours de sport, on lui avait caché ses chaussures de sport, et elle avait été mortifiée de devoir faire de la gymnastique en chaussettes. Ses chaussures sont réapparues miraculeusement en fin de cours dans les vestiaires. On lui avait pris son cahier de maths et on l’avait mis sous la pluie. Les feuilles étaient toutes ramollies et l’encre du stylo avait dégouliné sur les pages. Viviane avait des envies de pleurer mais restait stoïque. Elle ne voulait pas montrer sa souffrance et sa tristesse. Un autre jour une élève pendant le cours de volley lui avait lancé de toutes ses forces le ballon sur le nez. Face à ce harcèlement Viviane a plongé, elle n’a plus mangé, elle n’a plus travaillé. Elle a voulu mourir. La faille de Viviane était son impossibilité totale à rétorquer, à se défendre. Elle n’avait aucune confiance en elle et n’avait jamais eu la possibilité d’exprimer sa colère depuis toute petite. Elle est devenue une petite fille et ensuite une adolescente qui allait être la proie idéale du groupe : silencieuse, fragile, acceptant finalement sans mot dire les sévices qu’on lui faisait subir.

Pour synthétiser, les victimes du bashing sont souvent des personnes qui ont très peu confiance en elles, qui ont été élevées dans l’idée que l’Autre a toujours raison et que si quelqu’un vous fait du mal c’est qu’il y a certainement une vraie cause derrière cet acte. Elles font également souvent l’objet d’une grande pression familiale concernant la réussite et l’image qu’elles donnent d’elles-mêmes à l’extérieur. Il ne faut jamais faire de scandale et rentrer coûte que coûte dans le rang. Ne jamais se plaindre et faire face en silence.

Mais il existe des solutions au bashing de l’enfant…

Bashing de l’enfant : l’attitude à adopter par les parents

Dans la majorité des cas ce sont les parents qui se rendent compte que leur enfant ou ado a changé et qu’il ne va pas bien. Parfois ce sont les enseignants qui vont tirer la sonnette d’alarme. Si les parents posent alors frontalement la question à leur enfant : « Te fais-tu harceler ? », la réponse sera très majoritairement : « Non, tout va bien ! ».

Il est plus judicieux de dire par exemple : « Tu es soucieux ces derniers temps et tes notes ont chuté, si tu désires me parler, je suis là, je peux tout entendre ».

Si l’enfant est petit, il faut lui parler de soi. « Tu sais moi quand j’étais petite, quand j’avais ton âge, je n’aurais pas aimé qu’on m’embête à l’école, je l’aurais dit à mes parents qui auraient fait cesser ça ». Cette petite phrase parlant de soi va permettre d’amorcer un dialogue avec l’enfant qui pourra répondre que lui en fait, se fait tirer les cheveux ou voler ses affaires.

Lui dire qu’il peut tout nous dire sans avoir peur de se faire gronder est primordial car souvent les victimes se sentent coupables et n’osent rien dire. Elles ont également peur de se faire réprimander par les parents.

Consulter lorsqu’on se sent dépassé ou que l’enfant ou l’adolescent le demande

Il m’arrive souvent d’avoir en consultation des enfants de 7 ou 8 ans faisant l’objet de bashing. Les petits enfants ne veulent pas inquiéter leurs parents et de ce fait ne diront souvent rien de ce qu’ils subissent à l’école. Ils vont occulter les sévices graves. C’est donc en face à face avec moi qu’ils vont s’autoriser à raconter ce que les autres élèves leur font subir. Emilie m’a ainsi raconté que le groupe la faisait aller dans les toilettes et qu’on mettait ses stylos dans la cuvette des WC, stylos qu’elle devait récupérer avec ses mains. Parfois une élève se mettait derrière elle et commençait à l’étrangler en disant qu’elle allait la tuer. Emilie me l’a dit et nous avons pu échanger sur le fait qu’elle ne voulait pas que ses parents le sachent. Emilie a exprimé sa peur face à la réaction que pourraient avoir ses parents et à l’éventuel scandale qu’ils pourraient faire à l’école. Elle a compris qu’elle était trop petite pour faire face toute seule et a demandé que ses parents en soient informés lors d’une séance avec eux. Cet obstacle levé, ses parents ont pu procéder tant au niveau de l’école qu’au niveau pénal aux actes visant à faire cesser ces sévices et à obtenir réparation pour le préjudice subi par leur fille.

Les adolescents avec lesquels je travaille viennent car ils ont demandé à leurs parents de consulter un psy afin de se faire aider. Ils vivent de grands changements dans leur corps et parallèlement ont besoin de mettre de la distance entre eux et leurs parents. Ils ne peuvent plus parler de tout à leurs géniteurs. Le psychanalyste est un tiers qui leur garantit non seulement le secret de ce qui est déposé chez lui mais aussi une grande impartialité car il voit le jeune adulte et non le petit enfant.

Pour aider ces enfants et ces adolescents je vais utiliser principalement deux techniques…

L’apprentissage de la contre-attaque

Je vais proposer aux victimes d’apprendre à répondre à leurs agresseurs. Cela va se faire à l’aide de jeux de rôle où je vais prendre la place du ou des agresseurs. Je vais leur suggérer des réponses adéquates aux différents cas d’agression. Cette façon de faire est très efficace : en ayant la mainmise sur ce qui leur arrive la confiance en eux grandit. Ils déstabilisent leur agresseur et acquièrent de ce fait le respect du groupe qui va chercher une autre victime (malheureusement).

La psychanalyse transgénérationnelle

Je vais aussi travailler avec les écoliers, les collégiens et les lycéens en utilisant la psychanalyse transgénérationnelle et pointer dans la vie de leurs ascendants ce qui fait écho au bashing qu’ils subissent. Ainsi Saba a découvert que le bashing subi était le fantôme de bashings récurrents endurés par un aïeul dont elle était très proche et qui avait été un homme public souvent mis au banc du pays dans lequel il avait occupé des postes publics prestigieux.  Elle restait inconsciemment fidèle à cette personne et reproduisait les traumatismes de ce dernier. Lever ce fantôme lui a permis de faire cesser cette répétition douloureuse.

En conclusion, il me semble particulièrement important de régler au niveau psychanalytique le bashing vécu en cours de récré. Si tel n’est pas le cas, le phénomène de répétition s’enclenchera automatiquement et ces élèves victimes de bashing seront les mêmes personnes victimes de bashing en entreprise ou encore victimes de pervers narcissiques ou de manipulateurs dans leur vie d’adulte.

A lire sur le bashing, sur le dénigrement :

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Le bashing, souffrance, exclusion et harcèlement au travail

Le bashing, tel que nous l’avons décrit, est l’illustration de la violence d’un groupe envers un individu. Le harcèlement et la manipulation qui en sont constitutifs semblent trouver leur source dans certains modèles de management. In fine, le bashing au travail réunit à lui seul trois thèmes : le harcèlement, les comportements d’un individu pris dans un groupe, la notion de bouc émissaire…

Le bashing, une forme de harcèlement moral

Le bashing est clairement une forme de harcèlement moral. La victime ne peut se défendre. Malgré toute sa bonne volonté, malgré tous ses efforts, elle n’aura jamais raison et sera toujours en faute. Elle sera soumise à des injonctions contradictoires, subira des humiliations et finira par quitter d’elle-même son travail car sa santé physique et psychique sera profondément mise à mal. Dans les cas extrêmes, elle pourra attenter à ses jours. Ce qui est remarquable c’est que ce sont les individus du groupe qui harcèlent la victime. Or, un groupe de 50 personnes ne peut se composer de 50 harceleurs. Illustration que le groupe influence le comportement individuel…

La psychologie de masse, une explication au bashing

Dans « Psychologie des masses et analyse du moi », Freud a clairement démontré que l’individu noyé dans un groupe abdique son jugement personnel, sa capacité à réfléchir et même et surtout ses valeurs morales au bénéfice du groupe. Le groupe devient une entité vivant sa propre vie et créant ses propres schémas de pensée. Ainsi, nous pouvons remarquer cet effet de groupe lors d’une réunion de personnes chargées, par exemple, d’évaluer un candidat. Il a été démontré que la première opinion concernant le candidat fera loi (le biais cognitif de la première impression). Si l’avis est favorable, le reste du groupe va majoritairement suivre cet avis. Dire que nous ne sommes pas d’accord avec la majorité devient un acte de bravoure. Il faut alors une sacrée dose de confiance en soi pour oser s’opposer au groupe, comme le suggère l’expérience de Asch.

Proposée par le psychologue Solomon Asch, elle démontre à quel point les individus peuvent être sensibles à la pression du groupe, au point de faire des choix qui vont à l’encontre de l’évidence. Ainsi, des sujets pouvaient affirmer que deux lignes avaient la même longueur alors que l’écart était pourtant très visible car supérieur à 5 centimètres. Les résultats de cette expérience ont montré que la plupart des sujets répondaient correctement en l’absence d’influence extérieure, mais qu’un grand nombre (32%), finissait par se conformer aux mauvaises réponses soutenues à l’unanimité par les complices qui donnaient une réponse erronée.

Bashing et bouc émissaire

Le bouc émissaire était à l’origine une victime sacrificielle, innocente, que les sociétés primitives choisissaient dans un rite de purification afin de combattre une calamité ou de chasser une force menaçante. Un animal ou une personne était choisi et traîné hors de la cité, où il était parfois mis à mort ; cette victime était censée se charger de tous les maux de la cité.

Dans le cas du bashing, la victime porte sur elle tous les maux des individus composant l’entreprise. L’organisation, telle une cité, va désigner une victime expiatoire, la charger de tous les vices, de tous les maux afin de se soulager des blessures, du mal-être.

En conclusion, notre société si moderne, si « évoluée » qui essaye tellement de purifier, d’assainir, de stériliser, de désinfecter, de rendre les rapports entre humains bienveillants, cette société si aseptisée, ne peut en réalité rien contre le fait que nous sommes fondamentalement des peuples primitifs, et que malgré toute l’avancée des sciences nous réagissons,  sans peut-être même nous en rendre compte, comme les sociétés soi-disant archaïques en reproduisant le schéma primitif du bouc émissaire.

Un solide travail avec un psychanalyste peut être un remède à ces débordements, car plus nous nous connaissons et moins nous sommes susceptibles de nous laisser envahir par un groupe. Travailler sur soi permet d’exister en tant qu’individu maître de sa vie.

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Cet article sur le bashing en entreprise a donné lieu à une publication dans Les Echos Le Cercle.

Vous pouvez accéder à mes articles et interviews publiés dans la presse.

Sur un sujet proche :

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Le harcèlement d’un enfant de 6 ans

Mon petit garçon de 6 ans se fait harceler à l’école par son meilleur ami. Dernièrement, ce dernier l’a giflé, griffé au visage. Les maîtresses nous ont alertés mon mari et moi. Nous sommes tombés des nues car notre fils ne nous avait rien dit de ce qu’il vivait à l’école. Pouvez-vous nous aider ?

Bastien vient en consultation avec ses parents et les laisse m’expliquer que parfois Paul lui prend ses affaires, le gifle, l’insulte.

Bastien est victime d’un comportement pouvant être qualifié de pervers, de la part de Paul qui souffle le chaud et le froid : il est quelque fois gentil et souvent méchant. Bastien ne sait jamais à quoi s’attendre de la part de son ami.

Paul a également isolé Bastien des autres enfants de l’école. Les deux forment un binôme qui n’accepte pas les autres. Bastien et Paul n’ont pas d’ami. Ils font bande à part.

Bastien aime profondément son ami et ne veut pas le dénoncer de peur de le perdre. Il prend sur lui les souffrances que Paul lui inflige.

Les enfants portent nos souffrances

Les enfants sont les révélateurs des souffrances non parlées et parfois non conscientisées par leurs parents. Ils vont donc inconsciemment s’arranger pour créer des situations qui à travers eux vont faire revivre à leurs parents les traumatismes non guéris. Car nos enfants sont en quelque sorte nos thérapeutes.

La mère de Bastien a été victime de pervers narcissiques

Elle a été victime dans sa vie passée de personnes qui lui faisaient délibérément mal et auxquelles elle était très attachée. Elle me raconte alors avec beaucoup d’émotion devant Bastien qu’elle a vécu une grande histoire d’amour avec un homme qui la trompait ouvertement, qui disait qu’il cesserait et qui immanquablement recommençait. Pour se sauver, elle l’avait quitté et avait changé de pays pour plusieurs années afin de ne plus être tentée de retourner vers lui.

Le père de Bastien, victime de pervers narcissiques

Le papa de Bastien a lui aussi vécu une histoire semblable. Son amoureuse de l’époque lui racontait par le détail ses expériences sexuelles avec ses amants.

…L’enfant devient la proie d’un enfant pervers afin que ses parents guérissent de leurs histoires respectives.

Les enfants, reflets du vécu des parents

Quel est le parent de Bastien qui a lui-même en tant qu’enfant protégé son parent ?

Bastien ne veut pas inquiéter ses parents et ne leur dit rien de ce qu’il subit. Ils l’apprennent par l’école. Parfois, des griffures sur le visage ou des effets personnels qui manquent, témoignent de cette violence sourde.

Je questionne alors ses parents sur la volonté de Bastien de les protéger en ne leur racontant rien sur son vécu avec Paul.

La maman de Bastien a protégé son propre père

La maman de Bastien me raconte que sa mère a quitté son père alors qu’elle avait 8 ans. Elle a vu son papa en grande souffrance et a eu peur de le perdre aussi. Elle est devenue de ce fait une petite fille parfaite, qui prenait tout sur elle et qui consolait son papa. Elle s’est transformée en maman de son papa et n’a pas pu vivre une vie de petite fille qui peut s’appuyer sur ses parents pour grandir.

Bastien entend sa maman me raconter son histoire et je lui explique que ses parents à lui sont forts et qu’il peut sans crainte leur dire ce qui se passe dans sa vie. Les parents sont là pour protéger leurs enfants. Ils sont grands et peuvent tout entendre.

Bastien ne veut plus voir Paul car Paul lui fait du mal. Il me dit qu’il n’est pas triste. Paul n’est plus son ami. Il a de nouveaux copains et est invité aux anniversaires de ces derniers. Un de ses nouveau ami est même venu dormir à la maison.

La thérapie transgénérationnelle m’a permis de traiter la source du problème de Bastien : ses parents et leurs histoires respectives qui font fantômes car non résolues. Ces fantômes sont portés par Bastien. Il va donc vivre des situations qui vont obliger ses parents à se réparer. Le problème réglé, Bastien n’a plus aucune envie d’être l’ami de Paul.

Il aura suffi de cinq séances pour que Bastien soit guéri.

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A lire sur le site :

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Harcèlement de l’enfant

Votre enfant a changé. De gai, il est devenu taciturne. Il n’a plus envie d’aller à l’école. Il dort mal… Après la surprise survient le questionnement et l’inquiétude. Que vit mon enfant ? Comment puis-je l’aider ?

Comment repérer le harcèlement ?

Deux chiffres qui parlent d’eux-mêmes : 1 enfant sur 10 souffre de harcèlement et 50% des enfants n’en parlent pas (source UNICEF 2014).

Les indices d’un possible harcèlement

Le harcèlement peut se repérer à deux niveaux : l’attitude de l’enfant et l’état de ses affaires.

En effet, l’attitude de votre enfant a changé. Il est irritable, se renferme sur lui, est nerveux, fatigué, il mange beaucoup ou moins, n’a plus d’entrain, fait des cauchemars, se néglige, se fait mal, ne veut pas aller à l’école, ne veut plus manger à la cantine et veut arriver à l’heure exacte des cours et jamais en avance.

En ce qui concerne ses affaires, de façon répétée son matériel scolaire est abîmé, ses vêtements peuvent être déchirés ou « disparaissent », les lunettes peuvent être cassées… Ce caractère répétitif doit être un signal d’alerte.

Harcèlement de l’enfant : à ne pas dire, à ne pas faire

La question à ne surtout pas poser est celle qui consiste à demander : «  es-tu victime de harcèlement ? » Elle est trop frontale et va susciter de la peur chez votre enfant. De fait, il répondra quasiment toujours par la négative. Pourquoi cette peur ? Peur d’être dépassé par votre réaction, par ce que vous allez faire. Il ne voit pas comment il va pouvoir continuer à gérer son quotidien à l’école après un éventuel esclandre de votre part.

Comment dire et faire dire le harcèlement ?

Il faut amener le sujet indirectement : « Je sais qu’il y a parfois des problèmes… est-ce que c’est ce qui t’arrive ? Je ne sais pas ce qui se passe à l’école pour toi, mais si j’avais été dans ce cas lors de ma scolarité, j’aurais aimé pouvoir en parler à mes parents. »

Il faut lui promettre de ne rien faire sans son accord. Cette promesse va le rassurer et lui permettre de s’ouvrir à vous en toute confiance. Il sera également décideur dans ce qui sera mis en œuvre et aura ainsi à nouveau un certain contrôle sur ce qui lui échappait auparavant. Il ne subit plus et c’est déjà un grand pas pour lui.

Quelles actions mener contre le harcèlement de l’enfant ?

La procédure officielle

En tant que parent, vous pouvez rencontrer le chef d’établissement et/ou le médecin scolaire ou l’infirmière scolaire pour leur faire part de ce que votre enfant vit. Vous pouvez également porter plainte. Ce sont là les procédures officielles. Pour ma part, je pencherai pour une autre approche…

La psychanalyse pour lutter contre le harcèlement

Pourquoi un travail psychanalytique plutôt que les procédures officielles ? Il me semble que les cours de récréation sont des microcosmes de notre société régis par des codes et que les conflits entre élèves doivent se régler entre élèves. Il ne faut pas se voiler la face en se disant que l’intervention des parents auprès de la hiérarchie va arranger les choses. Souvent, l’intervention va au contraire aggraver le vécu de l’enfant qui sera catalogué de « vraiment trop nul, tes parents sont obligés d’intervenir à ta place ». Ce message sera très humiliant pour votre enfant et va le conforter dans sa position de bouc émissaire. L’agresseur quant à lui, deviendra la star de la cour de récréation car il aura réussi à mobiliser les adultes par sa méchanceté et il va gagner en popularité auprès de ses pairs. L’intervention des adultes fragilise malheureusement le jeune.

Ensuite, intervenir à la place de votre enfant, c’est lui dire indirectement qu’il n’est pas capable de se défendre tout seul et cela va donc le fragiliser encore davantage. Cette attitude va de plus risquer de favoriser le phénomène de répétition en vertu duquel il est hautement probable que plus tard, dans sa vie professionnelle ou privée, voire les deux, il soit à nouveau en prise avec des harceleurs n’ayant pas réglé ce problème à sa source, c’est-à-dire à l’école.

Harcèlement de l’enfant : la solution proposée par la psychanalyste

Dans un premier temps, je vais demander à la victime de me décrire le harceleur. Nous allons ensemble faire un travail de décorticage : que dit-il ? Comment le dit-il ? Qu’est ce qui revient le plus souvent ? Comment est-il physiquement ? Cette phase d’analyse permet à la victime de dédramatiser en remettant le harceleur à sa juste position, par exemple un garçon qui n’est pas sûr de lui et qui, par son harcèlement, acquiert de l’assurance en devenant le leader d’un groupe.

Ensuite, chercher ensemble le talon d’Achille du harceleur, car derrière chaque harceleur se cache une personne souffrante qui masque sa souffrance au moyen de la violence qu’elle fait subir à l’autre. Par ce travail, la victime reprend confiance en elle et sort de l’emprise du harceleur en le voyant comme un être peu sûr de lui et non comme un caïd.

Enfin, la victime va apprendre à riposter sur mesure. Nous ferons ensemble des mises en situation où la victime va apprendre à retourner la flèche de l’agresseur vers ce dernier au lieu de la prendre en plein cœur. On va ainsi modifier la relation et réduire le potentiel agressif du harceleur. Concrètement, nous allons par exemple décortiquer l’insulte qui revient le plus souvent : « tu es énorme, on dirait un éléphant » et nous allons trouver une riposte sur mesure comme « je suis peut-être énorme, mais je peux maigrir ; par contre, toi, tu ne pourras jamais grossir du cerveau ».

En résumé ce travail psy qui va permettre à la victime d’être acteur dans sa démarche de protection d’elle-même. Il me semble primordial que cette attitude puisse émerger le plus rapidement possible car ainsi le phénomène de répétition sera stoppé et n’apparaîtra plus dans sa vie future et si cependant cela devait se reproduire, l’agression serait de fait moins violente et surtout la victime serait en capacité cette fois-ci de riposter efficacement.

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A lire sur le site :

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Victime d’un pervers narcissique au travail ?

« J’ai la sensation de ne plus vraiment faire partie de mon entreprise. On ne me confie plus guère de missions, je ne suis plus convié aux réunions de travail, je me sens isolé. Mon supérieur parfois m’ignore, parfois me demande d’accomplir des tâches irréalisables. J’ai l’impression de ne plus exister aux yeux des autres. Cette situation me pèse beaucoup, je ne vois pas de solution. Comment puis-je y mettre un terme ? »

Il me semble que vous pourriez-ici être en proie à un pervers narcissique (PN). Je vais dans un premier temps vous aider à repérer un pervers narcissique, ensuite je vais vous éclairer sur les failles en vous qui permettent au PN d’avoir de l’emprise sur vous et enfin je vous donnerai des conseils pour vous protéger des PN.

Comment repérer objectivement un pervers narcissique ?

Le pervers narcissique se trouve souvent à des postes à  responsabilité avec des subordonnés sous ses ordres. Il n’éprouve aucun affect et son manque de scrupule peut dérouter. Son comportement est différent en public et en privé. Il ne s’excuse pas, ne supporte pas la critique et n’avoue jamais ses fautes.

Le pervers narcissique donne des injonctions paradoxales ou des ordres contradictoires, flous. Les objectifs sont souvent inatteignables et les demandes irréalistes. Il va alterner la flatterie et la dévalorisation, il va calomnier sa victime et va l’humilier. Sans raison apparente, il va passer de la bienveillance à une attitude cassante et sèche.

Son but est purement et simplement de vous détruire.

Comment repérer en vous le travail de sabotage d’un pervers narcissique ?

Les symptômes vont s’amplifier au fur et à mesure que le temps passe. Une impression de mal être va progressivement se transformer en l’idée que l’on ne vaut rien, vous avez peur, vous êtes désespéré et vous pouvez en dernier lieu faire un burn out ou avoir des pensées suicidaires.

Des symptômes physiques comme entre autre des migraines, des maux de ventre, des douleurs chroniques, du stress des insomnies vont venir compléter ces effets néfastes. Ils viennent mettre « en maux » votre souffrance psychique.

Les victimes vont souvent utiliser des antidépresseurs.

Quelles sont vos failles ?

Les victimes d’un pervers narcissique ne le sont jamais par hasard, il y a une part de « responsabilité » chez elles, car le pervers narcissique et sa victime se choisissent.

En effet, elles ont une structure de personnalité qui les désigne comme des proies idéales.

La victime a souvent eu une enfance difficile avec des parents pervers narcissiques et ne connaît pas d’autres type de rapport affectifs que ce rapport de dépendance et d’humiliation, de chantage affectif, de « je t’aime et je te hais, tu es tout pour moi et tu ne vaux rien. ». Elle n’a pas eu de nourriture affective pour se construire et souffre de carences telles que le manque d’estime d’elle-même, le manque de confiance en elle.

En réalité la victime et le pervers narcissique ont eu une enfance semblable. La différence est que le pervers narcissique a réussi à survivre en devenant un être dépourvu d’affect et trouvant sa jouissance dans le mal qu’il fait à l’Autre, à l’image d’une forteresse barricadée, hérissée de pics en fer et impénétrable, alors que sa victime s’est construite à l’image d’une maison aux fondations instables et ouverte aux intempéries.

Comment se protéger des pervers narcissiques ?

Le meilleur moyen de protection est dans ce cas toujours la fuite.

La victime va souvent être isolée au sein de l’entreprise car les autres salariés ont peur de perdre leur emploi s’ils venaient à prendre parti pour elle. Parfois, le pervers narcissique va même aller à se poser en victime de dénonciations calomnieuses et est capable de porter plainte pour diffamation contre sa victime. Il y toujours un décalage entre l’image qu’il donne de lui à l’extérieur et qui est très flatteuse et l’attitude en privé qui est radicalement à l’opposé.

Si toute fois vous voulez rester dans cette entreprise, je vous conseille de ne pas montrer vos émotions en cas de propos humiliants ou blessants car le PN trouve sa jouissance dans la vue du mal qu’il vous afflige.

Essayez de ne pas parler de votre vie, afin de ne pas lui donner de prise pour vous anéantir ultérieurement. Soyez le plus secret possible pour vous protéger.

Ne vous culpabilisez plus, en vous disant que ce n’est pas de votre faute si vous n’atteignez pas les objectifs car objectivement ils ne sont pas atteignables.

Ne vous justifiez plus, ne discutez plus car vous aurez toujours torts. Utilisez des expressions toutes faîtes telles que «  c’est votre opinion », « c’est votre avis ». Ces expressions ont l’avantage de vous permettre de rétorquer et donc de ne pas subir l’attaque puisque vous  riposter, mais aussi de vous protéger car elles ne vous empêtrent pas dans des discussions où vous aurez de toute façon à nouveau torts.

Envoyez des mails de confirmation de ce qui vous a été demandé afin d’avoir une preuve écrite et ainsi de vous protéger.

Lire nos articles sur l’apport de la psychanalyse à la victime d’un manipulateur pervers narcissique en famille et , sur les pervers narcissiques en entreprise et sur Comment moins subir la pression et le conformisme du groupe en entreprise ?