Valérie Sengler psychanalyste à Paris et Saint-Mandé

Thérapies brèves. Psy spécialiste des pathologies lourdes, enfant, adolescent, adulte

Archive de l’étiquette deuil

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Faire le deuil de Johnny Hallyday

Le décès de Johnny Hallyday est ressenti comme la perte d’un proche pour des Français car l’idole des jeunes faisait partie de notre vie, à tous, et cela d’autant plus fortement que la star incarnait un symbole français, quelque chose de l’ordre du mythique (mais aussi de Tennessee 😉 ).

Johnny facilitait la projection et la procuration : ce qu’il vivait, nous avions l’impression de le vivre ou de pouvoir le vivre. Ce qu’il était à nos yeux, nous l’aimions : un père ou un homme idéal, le symbole de richesse et de réussite, la capacité à se battre et à surmonter les épreuves, une renégat pour les uns, un repère pour les autres…

Johnny, déclencheur d’émotions

En ce sens, Johnny Halliday incarnera toujours un inconscient français et une sorte de force supérieure honorée d’une ferveur quasi-religieuse.

Mais Johnny, c’est aussi le déclencheur d’émotions liées au deuil. Nous savons que le cancer du poumon se guérit difficilement à l’heure actuelle. La souffrance de la star, l’issue fatale de sa maladie nous renvoient à nos propres angoisses de la maladie, de la mort, de se retrouver seul, avec ou sans enfants. Un mécanisme empathique.

La douleur du deuil s’estompera avec le temps. A court terme, les funérailles permettront de  dire au revoir et concrétiseront la disparition du rocker. Ce cérémonial social est psychanalytiquement important. Ensuite, seul le souvenir restera.

Lire mon interview Perdre Johnny, est-ce comme perdre un proche ? publiée dans Ouest France du mercredi 6 décembre 2017, propos recueillis par Bruno Alvarez.

Autre article sur ce site : La psychanalyse pour accompagner le deuil

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

La psychanalyse pour accompagner le deuil

« J’ai perdu ma femme et je n’arrive pas à reprendre goût à la vie. Chaque jour est un combat pour faire les choses : manger, aller à mon travail, vivre tout simplement. J’ai des envies de la rejoindre tant c’est difficile. Comment puis-je faire pour sortir de cette énorme souffrance ? »

Perdre un être cher est un événement tellement douloureux qu’on a l’impression que l’on ne pourra jamais surmonter cette peine. Il me semble important de vous décrire pour commencer, les étapes qui jalonnent le deuil, afin de vous donner des repères plus contenants. Ces étapes sont normales et leurs durées varient en fonction du vécu des personnes. Elles peuvent néanmoins devenir pathologiques si les personnes restent figées dans une de ces étapes.

Ces étapes sont en premier lieu le choc qui entraîne un état de sidération et une perte de contact avec la réalité. Les tâches et les décisions les plus simples sont difficilement effectuables.

Viennent ensuite la douleur face à l’impossibilité d’un retour à la situation passée. La personne se rend compte que la perte est bien réelle. C’est l’étape la plus chaotique et effrayante du deuil. Beaucoup de personnes vont compenser avec de l’alcool et des médicaments.

La dépression sera la suivante, elle se caractérise par une profonde tristesse qui intervient à distance du décès. La souffrance y est extrêmement forte. La personne va se comporter passivement. Elle ne voit pas comment atténuer cette immense souffrance et n’arrive pas à vivre normalement le quotidien.

La résignation viendra ensuite avec l’abandon de cette lutte et l’acceptation de la perte. On va être capable de regarder les bons moments mais aussi les moins bons moments du passé avec la personne décédée. On commence à avoir plus confiance en soi, on se sent mieux et l’avenir nous semble moins noir.

Vient enfin la reconstruction qui correspond à l’intégration du deuil dans l’histoire personnelle ; c’est l’acceptation de rentrer dans le cycle de la vie. On s’ouvre aux autres, on recommence à faire des activités afin d’échapper à la douleur.

Le deuil n’est pas une maladie mais il peut entraîner les symptômes d’une maladie ou en créer une. Un patient me disait avoir fait un infarctus suite au décès de son épouse. « Elle m’a brisé le cœur », tels sont ses mots. Maux d’estomac, insomnies, stress, maux de tête, peuvent être des effets secondaires ressentis. Il est important de se faire aider et d’aider son corps : séances  d’acuponctures, homéopathie…

Deuil : le travail psychanalytique est une aide précieuse

Ce travail sera un travail en état d’urgence. En effet, vous êtes en prise à des émotions extrêmement violentes. La psychanalyse va vous permettre de mettre des mots sur ces vagues et ainsi de les identifier pour arriver à mieux les canaliser et au final mieux les intégrer. L’expression de ces émotions : cris, pleurs, mutisme, colère se fera dans un cadre rassurant, bienveillant et donc contenant. Ce ne sera pas une déferlante d’émotions qui vous engloutit et sur laquelle vous n’avez pas de maîtrise mais le début d’une reprise de contrôle sur ce qui vous arrive.

Etre accompagné le temps nécessaire, savoir qu’on a un lieu qui vous accueille chaque semaine permet de poser des jalons qui vont vous aider à franchir le cap de chaque jour, puis celui de chaque semaine en maintenant un semblant  d’ordre dans votre vie. Cela va tout simplement, au début, vous obliger à vous prendre en main pour venir aux séances. Ces rendez-vous sont stables, fixes, solides, ce sont des balises de sécurité dans votre mer intérieure démontée.

Le deuil s’accompagne par une méthode psychanalytique adaptée

Nous ferons ensemble les différentes étapes du deuil. Nous revisiterons votre histoire avec celle de votre conjoint défunt. En étant dans la compréhension de ce qui se passe en vous, vous serez plus à même de gérer votre souffrance. Ce qui ne veut pas dire que ça ne se fera pas dans la souffrance. La souffrance est hélas nécessaire et saine.

Le travail psychanalytique va également vous permettre de vous pencher sur votre propre rapport à la mort et à votre propre mort. Parler de vos peurs ensevelies qui font soudainement surface, la peur des regrets, les conflits larvés, les pardons non accordés, les expériences non tentées, la peur de la souffrance, du vieillissement, celle de mourir seul, d’être oublié alors que tout continue… Toutes ces peurs ressurgissent lorsque nous sommes en deuil car ce deuil fait miroir avec notre propre finitude. Penser à notre fin pour finalement nous sentir davantage exister car la mort d’un être cher vous change à jamais et ce deuil qui n’est pas l’oubli, va déclencher en vous un processus de cicatrisation qui va au final vous apporter l’apaisement.

***

Autre article sur le deuil sur ce site : Faire le deuil de Johnny Hallyday

Lire mon interview Perdre Johnny, est-ce comme perdre un proche ? publiée dans Ouest France du mercredi 6 décembre 2017, propos recueillis par Bruno Alvarez.