Valérie Sengler psychanalyste à Paris et Saint-Mandé

Thérapies brèves. Psy pour enfant, adolescent, adulte. Spécialiste des pervers narcissiques.

Archives de catégorie La psychanalyse expliquée

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Pratiques sexuelles : quand les injonctions sociétales créent des souffrances chez la femme

Les pratiques sexuelles des femmes sont fortement contraintes par les injonctions sociales, les modes de représentation de l’Autre et les stéréotypes. A la clé : la souffrance…

Ce sont les vacances, il fait beau, il fait chaud et je suis stupéfaite de me retrouver face à une grande majorité de patientes qui subitement se mettent à me confier leurs problématiques « au lit ». Bref, elles me parlent de leur sexualité.

Je reste tout aussi pantoise par ce qu’elles me disent. Dans cet article, j’ai eu envie de démêler les injonctions auxquelles la société les soumet, de ce qui est la réalité vécue, et de comment les individus s’en accommodent.

Les individus consomment en exerçant leur libre arbitre, ils choisissent en achetant… Du moins le croient-ils ! Ils pensent pour la plupart d’entre eux être totalement libres et prendre telle ou telle décision en complète indépendance. L’arbre de la décision individuelle prise en totale liberté cache en réalité une forêt de stéréotypes conduisant en fait à des critères de choix préformés qui déforment la relation à l’Autre. Ces critères préformés conduisent à des comportements stéréotypés source de souffrances chez les individus.

Mes patientes ne savent souvent pas ce qu’elles veulent tant elles sont déconnectées d’elles-mêmes, tant elles sont surconnectées aux injonctions de la société. En résulte une souffrance provenant d’un comportement qui ne vient pas d’elles-mêmes mais qu’elles s’imposent… et qui pour elles est obligatoire car une femme aimante « fait toujours ça ». Elles se livrent à un comportement sexuel idéalisé qui en réalité n’est qu’un simulacre s’appuyant lui-même sur des stéréotypes.

Les injonctions provenant de la pornographie

La consommation de sexe est un marché en pleine expansion, le consommateur pense y cheminer par lui-même, en faisant ses propres choix. Mais il est consciemment ou inconsciemment conditionné par les valeurs de la société et la pornographie. Penchons-nous sur certaines pratiques sexuelles illustrant ces injonctions et stéréotypes comportementaux…

La femme docile

Eva me raconte qu’avec ses partenaires, elle est performante. La performance consiste pour elle à être docile, se laisser faire, toujours faire des fellations et toujours faire semblant de jouir. Car elle n’a pas de plaisir, ne cherche qu’à satisfaire son partenaire pour qu’il se sente viril. Le sexe c’est pénible, elle ne sait pas ce qu’est le plaisir de faire l’amour. Elle se demande si elle est normale et ajoute que toutes ses copines vivent la même chose !

Annie me raconte que son mari lui impose une relation sexuelle par jour, et parfois 4 le week-end, qu’elle n’en peut plus. Elle a réussi à lui dire non, en écoutant pour la première fois son corps qui par des cystites à répétition lui signifiait que ce n’était plus supportable. Son mari l’a très mal pris et lui a parlé de devoir conjugal qu’elle ne respectait pas, son couple bat de l’aile. Pour lui, la femme est un objet sexuel qui doit se soumettre à ses désirs, peu importe si elle a des désirs ou non. Souvent le soir alors qu’elle lisait au lit, il venait, baissait son pantalon et lui tendait son sexe en lui disant « suce-moi ». Il ne lui est jamais venu à l’idée que ce comportement était immonde et ma patiente a mis du temps à conscientiser la violence de cet acte tant le diktat de la pornographie est puissant.

Il me semble que harcèlement ou même viol conjugal seraient des termes plus adaptés.

Faire l’amour : une performance individuelle

Flore me raconte avoir couché avec un homme qui lui a sauté dessus « comme si elle était un bonbon ». Elle était toute surprise par cet assaut et n’a su que faire. Elle a attendu que ça se passe. Il lui a demandé ce qu’elle voulait qu’il lui fasse et ça l’a bloqué. « C’était comme dans un restau, vous désirez encore un peu de gâteau ou plutôt du flanc ? ». « A la fin, il s’est détourné et s’est endormi. Il ne m’a pas prise dans ses bras et j’ai eu envie de pleurer ».

Virginie ne fait l’amour que tous les deux mois, son partenaire n’a pas envie de perdre son temps à de telles futilités et quand il lui arrive d’avoir envie, il la prend la nuit quand elle dort et éjacule au bout de 3 minutes quand elle se réveille. Au mot de viol, elle s’insurge et ne veut pas l’entendre. Elle est attirée par un ami mais n’ose pas succomber car elle aime son compagnon. Elle a régulièrement mal à l’utérus car elle a envie de faire l’amour et souffre physiquement de ce manque.

« Les femmes qui couchent, ce sont des putes (ou des salopes) »

Emilie dit aimer faire l’amour avec des inconnus mais en a honte. Elle est divorcée et mère de famille, ce comportement n’est pas en adéquation avec son éducation et les valeurs que ses parents lui ont inculquées. Elle me raconte et me demande d’un air contrit : « prendre un amant d’un soir, c’est mal ? ». A la question « Y avez-vous pris du plaisir ? », elle me répond avec des yeux brillants et un large sourire « oui ! ».

Nadège, qui ne trouve pas de compagnon et qui souffrait de ne pas avoir de relations sexuelles, m’explique qu’elle a trouvé la solution idéale. Elle se rend régulièrement en club échangiste, se choisit de beaux partenaires et « se fait baiser par eux », sous les regards d’hommes se masturbant. Elle y trouve une grande jouissance car elle est dans ce cas toute puissante, ce qui la venge de la vraie vie où personne ne s’intéresse à elle.

« Les poils c’est absolument dégueulasse, jamais je ne pourrais être avec une femme non épilée ». Paul me dit ne pouvoir faire l’amour qu’avec des femmes épilées intégralement. « La première chose que je leur demande, c’est ça ». Il va jusqu’à prendre rendez-vous pour elles chez l’esthéticienne pour qu’elles se fassent épiler avant de coucher avec elles.

La psychanalyse face à ces histoires de sexe

Nous avons donc dans un même lieu deux personnes qui font l’amour ou, plutôt, ont une relation sexuelle dans laquelle chacun joue une scène d’un scénario que lui aura édicté son vécu conditionné par la société et ses diktats. Deux individus seuls avec eux-mêmes qui jouent un rôle avec dans leur tête : « Il faut que je fasse ça, un cunni puis une fellation car il faut toujours commencer ainsi puis… », une sorte de clé multiprise du sexe. Et en avant la Légion !

Apprendre à exister pour soi

En apprenant par un travail psychanalytique à nous connaître, nous apprenons à faire la différence entre les injonctions et nos véritables désirs. Nos désirs seront alors assouvis en pleine conscience et donc en accord intime avec nous-même. Nadège n’aura plus honte d’aller en club, ni honte de prendre son pied en utilisant comme elle le dit des hommes beaux qu’elle ne pourrait pas avoir dans la vie ordinaire. Et Emilie pourra s’accorder le droit de faire l’amour avec des inconnus sans se qualifier des pires adjectifs et au final vivre ses aventures d’une nuit sereinement. Les partenaires de Paul oseront dire non à ses exigences de sexe entièrement épilés. Virginie finira par quitter son compagnon et a retrouvé un homme complétement différent qui lui fait l’amour avec attention et aussi souvent qu’elle le désire.

L’amour : la cérémonie japonaise du thé ?

Faire l’amour, c’est prendre soin de l’Autre, ne pas l’utiliser comme un objet duquel on veut tirer son propre plaisir, mais communiquer dans cette danse pour arriver à une apothéose finale avec ou sans orgasme.

Faire l’amour c’est ne pas avoir un comportement centré sur soi : la danse ne peut pas se réaliser si chacun regarde dans une direction différente. Recevoir et donner, ne plus vivre avec l’idée que l’autre vous juge et attend de vous telle ou telle chose, accepter l’Autre tel qu’il est… Tout cela s’apprend.

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Le bashing, souffrance, exclusion et harcèlement au travail

Le bashing, tel que nous l’avons décrit, est l’illustration de la violence d’un groupe envers un individu. Le harcèlement et la manipulation qui en sont constitutifs semblent trouver leur source dans certains modèles de management. In fine, le bashing au travail réunit à lui seul trois thèmes : le harcèlement, les comportements d’un individu pris dans un groupe, la notion de bouc émissaire…

Le bashing, une forme de harcèlement moral

Le bashing est clairement une forme de harcèlement moral. La victime ne peut se défendre. Malgré toute sa bonne volonté, malgré tous ses efforts, elle n’aura jamais raison et sera toujours en faute. Elle sera soumise à des injonctions contradictoires, subira des humiliations et finira par quitter d’elle-même son travail car sa santé physique et psychique sera profondément mise à mal. Dans les cas extrêmes, elle pourra attenter à ses jours. Ce qui est remarquable c’est que ce sont les individus du groupe qui harcèlent la victime. Or, un groupe de 50 personnes ne peut se composer de 50 harceleurs. Illustration que le groupe influence le comportement individuel…

La psychologie de masse, une explication au bashing

Dans « Psychologie des masses et analyse du moi », Freud a clairement démontré que l’individu noyé dans un groupe abdique son jugement personnel, sa capacité à réfléchir et même et surtout ses valeurs morales au bénéfice du groupe. Le groupe devient une entité vivant sa propre vie et créant ses propres schémas de pensée. Ainsi, nous pouvons remarquer cet effet de groupe lors d’une réunion de personnes chargées, par exemple, d’évaluer un candidat. Il a été démontré que la première opinion concernant le candidat fera loi (le biais cognitif de la première impression). Si l’avis est favorable, le reste du groupe va majoritairement suivre cet avis. Dire que nous ne sommes pas d’accord avec la majorité devient un acte de bravoure. Il faut alors une sacrée dose de confiance en soi pour oser s’opposer au groupe, comme le suggère l’expérience de Asch.

Proposée par le psychologue Solomon Asch, elle démontre à quel point les individus peuvent être sensibles à la pression du groupe, au point de faire des choix qui vont à l’encontre de l’évidence. Ainsi, des sujets pouvaient affirmer que deux lignes avaient la même longueur alors que l’écart était pourtant très visible car supérieur à 5 centimètres. Les résultats de cette expérience ont montré que la plupart des sujets répondaient correctement en l’absence d’influence extérieure, mais qu’un grand nombre (32%), finissait par se conformer aux mauvaises réponses soutenues à l’unanimité par les complices qui donnaient une réponse erronée.

Bashing et bouc émissaire

Le bouc émissaire était à l’origine une victime sacrificielle, innocente, que les sociétés primitives choisissaient dans un rite de purification afin de combattre une calamité ou de chasser une force menaçante. Un animal ou une personne était choisi et traîné hors de la cité, où il était parfois mis à mort ; cette victime était censée se charger de tous les maux de la cité.

Dans le cas du bashing, la victime porte sur elle tous les maux des individus composant l’entreprise. L’organisation, telle une cité, va désigner une victime expiatoire, la charger de tous les vices, de tous les maux afin de se soulager des blessures, du mal-être.

En conclusion, notre société si moderne, si « évoluée » qui essaye tellement de purifier, d’assainir, de stériliser, de désinfecter, de rendre les rapports entre humains bienveillants, cette société si aseptisée, ne peut en réalité rien contre le fait que nous sommes fondamentalement des peuples primitifs, et que malgré toute l’avancée des sciences nous réagissons,  sans peut-être même nous en rendre compte, comme les sociétés soi-disant archaïques en reproduisant le schéma primitif du bouc émissaire.

Un solide travail avec un psychanalyste peut être un remède à ces débordements, car plus nous nous connaissons et moins nous sommes susceptibles de nous laisser envahir par un groupe. Travailler sur soi permet d’exister en tant qu’individu maître de sa vie.

***

Sur un sujet proche :

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Retrouvez votre psychanalyste dans la presse

J’ai eu le plaisir d’être interviewée sur des sujets en rapport avec mes expertises et pratiques thérapeutiques en psychanalyse. Accédez directement aux articles en cliquant sur leur titre !

Deuil : comment surmonter la perte d’un proche ?

« Faire le deuil d’un proche est un processus délicat et douloureux, plus ou moins difficile selon chacun. Comment le surmonter ? Quand et auprès de qui demander de l’aide ? Valérie Sengler, psychanalyste à Saint-Mandé (94), nous explique plus en détail les étapes du deuil et comment faire pour vivre au mieux cette période difficile. »

Top Santé.com – article écrit par Jade Boches, 17 mai 2018.

Mots clé : médecine, psycho, dépression.

Top Santé.com - article écrit par Jade Boches, 17 mai 2018

Deuil et réseaux sociaux

« L’argent. La mort. Deux tabous de nos sociétés, deux mots qu’on pourrait croire antagonistes. Lorsqu’ils s’assemblent, ils posent des questions morales : peut-on vivre de la mort ? » Et comment gérer le deuil sur les réseaux sociaux ?

Selon Valérie Sengler, « La personne continue d’exister pour les gens, avec une vie réelle et, en réalité, elle est décédée. Il y a un décalage avec la vision de la personne et la réalité. C’est extrêmement violent ». Les mémoriaux numériques n’aideraient pas le deuil. Les endeuillé·e·s « n’arrivent pas à décrocher, ils continuent à regarder même s’ils n’aiment pas ».

S’offrir mille morts, Webdocumentaire réalisé par des étudiants en journalisme de l’IUT de Lannion, mai 2018
S'offrir mille morts. Deuil, psychanalyse et réseaux sociaux.

Enterrement : les 3 choses les plus difficiles à surmonter

« Affronter un enterrement reste toujours un moment délicat et chargé d’émotions. Valérie Sengler, psychanalyste, revient sur cette étape difficile. »

Medisite – article écrit par Johanna Amselem, journaliste santé, 19 Avril 2018.
Medisite - Article écrit par Johanna Amselem, journaliste santé, 19 Avril 2018

Perdre Johnny, est-ce comme perdre un proche ?

« Emporté par un cancer du poumon, Johnny Hallyday s’est éteint, la nuit dernière, à 74 ans. Le décès de cette véritable icône, adulée par certains, ne laisse personne indifférent. « Sa mort s’apparente à la perte d’un proche », confirme Valérie Sengler. Entretien avec cette psychanalyste, spécialiste du deuil. »

Ouest France, propos recueillis par Bruno Alvarez, 6 décembre 2017

Ouest France, propos recueillis par Bruno Alvarez, 6 décembre 2017

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Le déni de grossesse

Comment soigner le déni de grossesse ? Notre approche psy aborde le terme « déni » dans ses acceptions psychanalytiques. Lire la suite

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Le stress des lycéens et des étudiants

Le stress étudiant : un véritable mal-être. La prise en charge des émotions et du corps passe par la psychanalyse.

Lire la suite

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Faire le deuil de Johnny Hallyday

Le décès de Johnny Hallyday est ressenti comme la perte d’un proche pour des Français car l’idole des jeunes faisait partie de notre vie, à tous, et cela d’autant plus fortement que la star incarnait un symbole français, quelque chose de l’ordre du mythique (mais aussi de Tennessee 😉 ).

Johnny facilitait la projection et la procuration : ce qu’il vivait, nous avions l’impression de le vivre ou de pouvoir le vivre. Ce qu’il était à nos yeux, nous l’aimions : un père ou un homme idéal, le symbole de richesse et de réussite, la capacité à se battre et à surmonter les épreuves, une renégat pour les uns, un repère pour les autres…

Johnny, déclencheur d’émotions

En ce sens, Johnny Halliday incarnera toujours un inconscient français et une sorte de force supérieure honorée d’une ferveur quasi-religieuse.

Mais Johnny, c’est aussi le déclencheur d’émotions liées au deuil. Nous savons que le cancer du poumon se guérit difficilement à l’heure actuelle. La souffrance de la star, l’issue fatale de sa maladie nous renvoient à nos propres angoisses de la maladie, de la mort, de se retrouver seul, avec ou sans enfants. Un mécanisme empathique.

La douleur du deuil s’estompera avec le temps. A court terme, les funérailles permettront de  dire au revoir et concrétiseront la disparition du rocker. Ce cérémonial social est psychanalytiquement important. Ensuite, seul le souvenir restera.

Lire mon interview Perdre Johnny, est-ce comme perdre un proche ? publiée dans Ouest France du mercredi 6 décembre 2017, propos recueillis par Bruno Alvarez.

Autre article sur ce site : La psychanalyse pour accompagner le deuil

Lire nos interviews publiées dans la presse au sujet du deuil.

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

L’anus : le sujet enfoui

« Ca parle beaucoup, cet endroit-là », me fit remarquer un de mes soignants, me faisant considérer l’anus, en commençant par le mien, sous un nouvel angle…

La psychanalyse s’est originellement beaucoup concentrée sur les aspects génitaux et sexuels, sur la « production » matérielle de l’anus et la « gestion » des selles par le patient (rétention, expulsion, manipulation comme l’a montré Karl Abraham), le classant ensuite en stades (oral, anal…) qui s’additionnent -et renvoient chacun à une pathologie mentale.

L’anus, le mal-aimé de la psychanalyse

Nous pourrions ajouter qu’il est aussi média : irrité de nos irritations familiales et professionnelles, inflammé de nos souffrances, témoin d’un trop plein dans le langage courant… et le quotidien de mes consultations. L’anus est à la fois signal (d’un stade de l’évolution de l’individu) et un signe à décoder.

Pour cela, il convient de comprendre qu’il s’insère dans un système plus vaste, tant psychiquement que physiologiquement.

Nous pourrions déduire, à la suite de Le Moi peau écrit par Didier Anzieu, que l’anus est partie prenante de la peau… L’auteur affirme que le Moi-peau remplit entre autres une fonction de maintenance du psychisme et une fonction d’inscription des traces sensorielles tactiles. Comme les autres parties du corps, notre fondement est aussi partie de notre mémoire ; il est l’illustration de nos sensations et de nos perceptions, même inconscientes.

Le trou noir de la psychanalyse n’est pas sans mémoire

L’anus a pu être l’objet de violences ou de maltraitance, souvent pendant l’enfance, rendant cet endroit « sensible » à l’âge adulte du fait de douleurs, de phobies. Les personnes relèguent alors leur anus au rang de « chose » sale, étrangère, hors-soi. Il s’agit pourtant de leur propre corps.

En somme, il ne veulent pas « y » penser (et souvent leur praticien non plus), voire en font un déni. La véracité de l’abus, de l’atteinte à l’intimité de la personne peuvent être mieux cernées par la psychanalyse transgénérationnelle en remontant aux origines du fait, de la souffrance, de la pathologie, afin de se libérer du « non-dit » et du « pensionnaire ».

L’objet de la cure psychanalytique, brève car tournée vers l’efficacité, va être de reconsidérer cette partie du corps si longtemps restée dans l’ombre. Pour un mieux être… fondamental.

***

Cet article est volontairement écrit d’un ton léger. Il s’agit pourtant d’un sujet clé, souvent ignoré, enfoui par les patients, voire moqué, mis de côté par certains praticiens… mais abordé dans plus de la moitié des consultations de Valérie Sengler.

Article écrit à quatre mains avec Serge-Henri Saint-Michel.

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Réponses psy aux questions sur le déni de grossesse

Le déni de grossesse est le fait pour une femme d’être enceinte en n’en ayant pas conscience pendant un temps relativement long pouvant aller de 5 mois de grossesse à la date de l’accouchement.

Cet article aborde les questions les plus frappantes qui m’ont été posées par les participantes à la conférence que j’ai tenue à Argenteuil le 6 octobre 2017, à l’association Cause biberon qui traite de thèmes tournant autour de la parentalité et de la petite enfance.

Toutes les femmes ne font pas un déni de grossesse

Clairement non, toutes les femmes ne peuvent pas faire l’objet d’un déni. Le déni est le résultat d’une faille dans la vie des femmes qui en ont fait l’objet. Ces failles ne vont pas permettre à la jeune femme de se sentir femme dans sa tête et par conséquent, elle ne va pas pouvoir s’autoriser le droit de devenir mère.

Des causes multiples peuvent être à l’origine de ces failles. Souvent, elles ne sont même pas conscientisées par ces jeunes femmes qui vont dire que tout va bien dans leur vie.

L’origine peut provenir d’une enfance avec de la maltraitance, par exemple un inceste ayant eu lieu très tôt dans l’enfance et ayant été oublié par le mécanisme du refoulement. La cause peut aussi relever d’un climat incestuel lourd ou encore de la violence larvée d’autant plus traumatisante que non conscientisée par la victime. Une de mes patientes victime d’un déni se faisait depuis toujours insulter, battre par ses parents, elle n’avait le droit de ne rien faire et tout ce qu’elle faisait, était de toute façon « mal ».

Déni : la Femme n’existe pas chez ces jeunes femmes

Dans le cas cité précédemment, les parents la traitaient comme une petite fille alors même qu’elle avait 19 ans. La sexualité était décrite comme sale. Cette jeune femme n’a pas eu l’autorisation de devenir une femme, elle se devait pour répondre aux exigences de ses parents, de rester une petite fille. Il était frappant de l’entendre parler car elle parlait d’une voix de petite fille et utilisait un vocabulaire de petite fille.

Ces jeunes femmes n’ont pas eu la possibilité de faire naître en elles la femme qu’elles sont. Une femme victime d’un déni de 5 mois disait ne pas être contente d’être une femme. Elle aurait toujours voulu être un homme. Elle se rase régulièrement les cheveux et porte un foulard sur son crâne chauve. Les cheveux sont un symbole sexuel et sont un signe de la féminité. Elle n’a pas pu allaiter son enfant. Ici encore, la femme n’a pas la possibilité d’exister. Le livre du docteur Danièle Flaumenbaum, Femme désirée, femme désirante, 2006, édition Payot aborde longuement ces réalités.

Risque de décompensation à la découverte de la grossesse

Elles ne peuvent pas conscientiser leur grossesse sous peine de décompenser, c’est-à-dire de se mettre en danger, à l’annonce de leur grossesse. Une autre de mes patientes m’a racontée qu’après avoir appris par son gynécologue lors d’un banal examen gynécologique, sa grossesse de 5 mois, qu’elle était sortie en état de choc et s’était demandée pendant plusieurs minutes comment elle allait pouvoir mettre fin à ses jours. Se poignarder ou se jeter sous le métro. Finalement, sa pulsion de vie a été plus forte et elle a réussi à rentrer chez elle.

L’origine peut également être transgénérationnelle, comme l’a montré Bruno Clavier, Les fantômes familiaux, 2013, édition Payot.

Il peut arriver que l’enfance se soit passée sans encombres mais qu’il y ait tout de même un déni.

Il faudra alors chercher dans l’arbre généalogique les femmes qui auraient également fait un déni au même âge. Il s’agira de faire une enquête dans la famille afin de trouver le traumatisme dans les lignées paternelle et maternelle pour faire cesser le phénomène de répétition. Il sera courant, de retrouver une grand-mère ou une arrière- grand-mère, une tante ou une grande tante qui auront fait un déni au même âge. Et ce n’est pas toujours chose aisée car une patiente me disait qu’elle se heurtait à une véritable omerta familiale face aux questions qu’elle posait afin d’élucider son déni de 5 mois.

L’enfant issu du déni souffre aussi

Je terminerais par l’enfant qui est issu du déni. Il semble, bien qu’il y ait là encore une absence de statistiques, que l’enfant est souvent un enfant qui ne va pas bien. Être pendant 5 voire 9 mois dans un ventre où il n’y a pas d’interaction avec la femme qui le porte est source d’une profonde souffrance in utero.

Une maman victime d’un déni de 5 mois me racontait que son bébé une fois né n’a cessé de pleurer des semaines entières. Elle n’arrivait pas à le calmer. Il n’a pas voulu téter, comme si le lien avec sa mère n’était pas fait. Il ne veut pas de son lait, il ne veut pas être nourri par elle.

Cet enfant a eu des troubles du comportement, des problèmes auditifs. Cela vient corroborer les observations que j’ai faites dans mon mémoire sur le déni. L’absence d’interaction lors de la grossesse affecte l’audition, cet enfant n’entendait pas d’une oreille et a dû être opéré. Dans mon mémoire, l’enfant a des bouchons tellement énormes qu’il doit tous les 3 mois se faire faire un nettoyage chez son médecin ORL. Ces enfants s’enferment dans une bulle, ou sont enfermés dans une bulle pendant la durée du déni. Bulle qu’ils recherchent en n’ayant pas inconsciemment envie d’entendre.

En conclusion, il me semble que le déni gagne à être plus sujet à étude car, aussi bien les femmes que les enfants qui en sont issus, sont placés dans une situation de déni de leurs souffrances respectives. Écouter, expliquer pour réparer afin de pouvoir passer à autre chose me semble la meilleure solution.

***

A lire sur le site : Le déni de grossesse

Je travaille depuis 2013 sur le déni vu du côté de l’enfant. Cette approche a donné lieu à des restitutions devant mes pairs dans le cadre de ma formation de psychanalyste.

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Le syndrome de l’imposteur

Vous avez le sentiment de ne pas être digne du poste auquel vous venez d’être nommé, vous vous faîtes régulièrement la remarque que tous vos succès tiennent à la chance, au hasard, vous vous sentez régulièrement à la mauvaise place dans votre métier car vous pensez être moins bon que ce que tout le monde dit de vous. Vous craignez qu’un jour vos collaborateurs ou bien vos supérieurs ne découvrent que vous êtes mauvais et qu’en fait ils se sont trompés sur votre compte.

Vous souffrez sans doute du syndrome de l’imposteur (aussi appelé syndrome de l’usurpateur). Chaque personne peut à un moment de sa vie expérimenter ce mécanisme psy que 70% de la population aurait déjà vécu…

Le syndrome de l’imposteur a des causes psy

N’avoir pas été aimé de façon inconditionnelle pendant son enfance est la première cause. L’enfant se dit qu’il n’est pas aimé car mauvais, nul… Cette croyance se poursuivra dans sa vie d’adulte. Il ne pourra pas admettre qu’il est bon dans son métier car depuis toujours il est persuadé d’être mauvais.

La deuxième cause est l’adolescence. Pendant cette période, l’adolescent est fragile et va parfois se trouver une figure de référence, qu’il va idolâtrer. Il va essayer d’être comme elle et n’y arrivera que très rarement.

La troisième cause est tout simplement le fait d’être issu d’une famille modeste et d’avoir réussi. La réussite va engendrer un sentiment inconscient de déloyauté envers sa famille.

Syndrome de l’imposteur et conséquences comportementales

La peur d’être démasqué va engendrer deux types de comportements chez les personnes atteintes du syndrome de l’imposteur…

L’overdoing consiste à travailler comme un forcené pour réaliser une tâche. La personne va s’épuiser à court terme. Elle a tellement peur de mal faire qu’elle va travailler de façon disproportionnée pour rendre un travail parfait. Le burn out la guette.

L’underdoing consiste à négliger son travail, ainsi si il est mal fait c’est plus simple, les personnes n’ont plus peur d’être découvertes comme étant nulles. Elles se sabotent elles- mêmes.

Le syndrome de l’imposteur impacte la personnalité de l’individu

Les personnes victimes de ce syndrome vont se dénigrer, se dévaloriser. Elles n’ont pas confiance en elles, elles se remettent toujours en cause et ont une mauvaise image d’elles- mêmes. Elles somatisent et peuvent avoir des insomnies, des migraines, des troubles alimentaires, faire une dépression…

Comment dépasser le syndrome de l’imposteur ?

Il faudrait faire un travail psychanalytique afin de revisiter l’enfance et de guérir toutes les blessures précoces à l’origine de ce comportement douloureux.

Il est aussi possible de mener un travail psychanalytique court qui va simplement nous permettre de nous voir tel que nous sommes réellement et non pas comme nos parents nous ont dit que nous étions. Ce changement de point de vue nous permettra d’avoir une meilleure estime de nous-même et de mettre en échec ce syndrome de l’imposteur.

Lire un article complet portant sur le syndrome de l’imposteur au service marketing. mais bien évidemment applicable à tout service, toute fonction et toute organisation ou entreprise !

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Petit monstre, ou quand l’enfant ainé devient tyran à l’arrivée de bébé

Bébé arrive, l’ainé(e) le jalouse, devient violent, souffre. Comment prévenir les maux de l’ainé ?

Lire la suite