Valérie Sengler psychanalyste à Paris Saint-Mandé

Psy spécialiste des pathologies lourdes, enfant, adolescent, adulte

Archives de catégorie Exemples de cas traités en séances de psychanalyse

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

La psychanalyse pour accompagner le deuil

« J’ai perdu ma femme et je n’arrive pas à reprendre goût à la vie. Chaque jour est un combat pour faire les choses : manger, aller à mon travail, vivre tout simplement. J’ai des envies de la rejoindre tant c’est difficile. Comment puis-je faire pour sortir de cette énorme souffrance ? »

Perdre un être cher est un événement tellement douloureux qu’on a l’impression que l’on ne pourra jamais surmonter cette peine. Il me semble important de vous décrire pour commencer, les étapes qui jalonnent le deuil, afin de vous donner des repères plus contenants. Ces étapes sont normales et leurs durées varient en fonction du vécu des personnes. Elles peuvent néanmoins devenir pathologiques si les personnes restent figées dans une de ces étapes.

Ces étapes sont en premier lieu le choc qui entraîne un état de sidération et une perte de contact avec la réalité. Les tâches et les décisions les plus simples sont difficilement effectuables.

Viennent ensuite la douleur face à l’impossibilité d’un retour à la situation passée. La personne se rend compte que la perte est bien réelle. C’est l’étape la plus chaotique et effrayante du deuil. Beaucoup de personnes vont compenser avec de l’alcool et des médicaments.

La dépression sera la suivante, elle se caractérise par une profonde tristesse qui intervient à distance du décès. La souffrance y est extrêmement forte. La personne va se comporter passivement. Elle ne voit pas comment atténuer cette immense souffrance et n’arrive pas à vivre normalement le quotidien.

La résignation viendra ensuite avec l’abandon de cette lutte et l’acceptation de la perte. On va être capable de regarder les bons moments mais aussi les moins bons moments du passé avec la personne décédée. On commence à avoir plus confiance en soi, on se sent mieux et l’avenir nous semble moins noir.

Vient enfin la reconstruction qui correspond à l’intégration du deuil dans l’histoire personnelle ; c’est l’acceptation de rentrer dans le cycle de la vie. On s’ouvre aux autres, on recommence à faire des activités afin d’échapper à la douleur.

Le deuil n’est pas une maladie mais il peut entraîner les symptômes d’une maladie ou en créer une. Un patient me disait avoir fait un infarctus suite au décès de son épouse. « Elle m’a brisé le cœur », tels sont ses mots. Maux d’estomac, insomnies, stress, maux de tête, peuvent être des effets secondaires ressentis. Il est important de se faire aider et d’aider son corps : séances  d’acuponctures, homéopathie…

Deuil : le travail psychanalytique est une aide précieuse

Ce travail sera un travail en état d’urgence. En effet, vous êtes en prise à des émotions extrêmement violentes. La psychanalyse va vous permettre de mettre des mots sur ces vagues et ainsi de les identifier pour arriver à mieux les canaliser et au final mieux les intégrer. L’expression de ces émotions : cris, pleurs, mutisme, colère se fera dans un cadre rassurant, bienveillant et donc contenant. Ce ne sera pas une déferlante d’émotions qui vous engloutit et sur laquelle vous n’avez pas de maîtrise mais le début d’une reprise de contrôle sur ce qui vous arrive.

Etre accompagné le temps nécessaire, savoir qu’on a un lieu qui vous accueille chaque semaine permet de poser des jalons qui vont vous aider à franchir le cap de chaque jour, puis celui de chaque semaine en maintenant un semblant  d’ordre dans votre vie. Cela va tout simplement, au début, vous obliger à vous prendre en main pour venir aux séances. Ces rendez-vous sont stables, fixes, solides, ce sont des balises de sécurité dans votre mer intérieure démontée.

Le deuil s’accompagne par une méthode psychanalytique adaptée

Nous ferons ensemble les différentes étapes du deuil. Nous revisiterons votre histoire avec celle de votre conjoint défunt. En étant dans la compréhension de ce qui se passe en vous, vous serez plus à même de gérer votre souffrance. Ce qui ne veut pas dire que ça ne se fera pas dans la souffrance. La souffrance est hélas nécessaire et saine.

Le travail psychanalytique va également vous permettre de vous pencher sur votre propre rapport à la mort et à votre propre mort. Parler de vos peurs ensevelies qui font soudainement surface, la peur des regrets, les conflits larvés, les pardons non accordés, les expériences non tentées, la peur de la souffrance, du vieillissement, celle de mourir seul, d’être oublié alors que tout continue… Toutes ces peurs ressurgissent lorsque nous sommes en deuil car ce deuil fait miroir avec notre propre finitude. Penser à notre fin pour finalement nous sentir davantage exister car la mort d’un être cher vous change à jamais et ce deuil qui n’est pas l’oubli, va déclencher en vous un processus de cicatrisation qui va au final vous apporter l’apaisement.

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Harcèlement de l’enfant

Votre enfant a changé. De gai, il est devenu taciturne. Il n’a plus envie d’aller à l’école. Il dort mal… Après la surprise survient le questionnement et l’inquiétude. Que vit mon enfant ? Comment puis-je l’aider ?

Comment repérer le harcèlement ?

Deux chiffres qui parlent d’eux-mêmes : 1 enfant sur 10 souffre de harcèlement et 50% des enfants n’en parlent pas (source UNICEF 2014).

Les indices d’un possible harcèlement

Le harcèlement peut se repérer à deux niveaux : l’attitude de l’enfant et l’état de ses affaires.

En effet, l’attitude de votre enfant a changé. Il est irritable, se renferme sur lui, est nerveux, fatigué, il mange beaucoup ou moins, n’a plus d’entrain, fait des cauchemars, se néglige, se fait mal, ne veut pas aller à l’école, ne veut plus manger à la cantine et veut arriver à l’heure exacte des cours et jamais en avance.

En ce qui concerne ses affaires, de façon répétée son matériel scolaire est abîmé, ses vêtements peuvent être déchirés ou « disparaissent », les lunettes peuvent être cassées… Ce caractère répétitif doit être un signal d’alerte.

Harcèlement de l’enfant : à ne pas dire, à ne pas faire

La question à ne surtout pas poser est celle qui consiste à demander : «  es-tu victime de harcèlement ? » Elle est trop frontale et va susciter de la peur chez votre enfant. De fait, il répondra quasiment toujours par la négative. Pourquoi cette peur ? Peur d’être dépassé par votre réaction, par ce que vous allez faire. Il ne voit pas comment il va pouvoir continuer à gérer son quotidien à l’école après un éventuel esclandre de votre part.

Comment dire et faire dire le harcèlement ?

Il faut amener le sujet indirectement : « Je sais qu’il y a parfois des problèmes… est-ce que c’est ce qui t’arrive ? Je ne sais pas ce qui se passe à l’école pour toi, mais si j’avais été dans ce cas lors de ma scolarité, j’aurais aimé pouvoir en parler à mes parents. »

Il faut lui promettre de ne rien faire sans son accord. Cette promesse va le rassurer et lui permettre de s’ouvrir à vous en toute confiance. Il sera également décideur dans ce qui sera mis en œuvre et aura ainsi à nouveau un certain contrôle sur ce qui lui échappait auparavant. Il ne subit plus et c’est déjà un grand pas pour lui.

Quelles actions mener contre le harcèlement de l’enfant ?

La procédure officielle

En tant que parent, vous pouvez rencontrer le chef d’établissement et/ou le médecin scolaire ou l’infirmière scolaire pour leur faire part de ce que votre enfant vit. Vous pouvez également porter plainte. Ce sont là les procédures officielles. Pour ma part, je pencherai pour une autre approche…

La psychanalyse pour lutter contre le harcèlement

Pourquoi un travail psychanalytique plutôt que les procédures officielles ? Il me semble que les cours de récréation sont des microcosmes de notre société régis par des codes et que les conflits entre élèves doivent se régler entre élèves. Il ne faut pas se voiler la face en se disant que l’intervention des parents auprès de la hiérarchie va arranger les choses. Souvent, l’intervention va au contraire aggraver le vécu de l’enfant qui sera catalogué de « vraiment trop nul, tes parents sont obligés d’intervenir à ta place ». Ce message sera très humiliant pour votre enfant et va le conforter dans sa position de bouc émissaire. L’agresseur quant à lui, deviendra la star de la cour de récréation car il aura réussi à mobiliser les adultes par sa méchanceté et il va gagner en popularité auprès de ses pairs. L’intervention des adultes fragilise malheureusement le jeune.

Ensuite, intervenir à la place de votre enfant, c’est lui dire indirectement qu’il n’est pas capable de se défendre tout seul et cela va donc le fragiliser encore davantage. Cette attitude va de plus risquer de favoriser le phénomène de répétition en vertu duquel il est hautement probable que plus tard, dans sa vie professionnelle ou privée, voire les deux, il soit à nouveau en prise avec des harceleurs n’ayant pas réglé ce problème à sa source, c’est-à-dire à l’école.

Harcèlement de l’enfant : la solution proposée par la psychanalyste

Dans un premier temps, je vais demander à la victime de me décrire le harceleur. Nous allons ensemble faire un travail de décorticage : que dit-il ? Comment le dit-il ? Qu’est ce qui revient le plus souvent ? Comment est-il physiquement ? Cette phase d’analyse permet à la victime de dédramatiser en remettant le harceleur à sa juste position, par exemple un garçon qui n’est pas sûr de lui et qui, par son harcèlement, acquiert de l’assurance en devenant le leader d’un groupe.

Ensuite, chercher ensemble le talon d’Achille du harceleur, car derrière chaque harceleur se cache une personne souffrante qui masque sa souffrance au moyen de la violence qu’elle fait subir à l’autre. Par ce travail, la victime reprend confiance en elle et sort de l’emprise du harceleur en le voyant comme un être peu sûr de lui et non comme un caïd.

Enfin, la victime va apprendre à riposter sur mesure. Nous ferons ensemble des mises en situation où la victime va apprendre à retourner la flèche de l’agresseur vers ce dernier au lieu de la prendre en plein cœur. On va ainsi modifier la relation et réduire le potentiel agressif du harceleur. Concrètement, nous allons par exemple décortiquer l’insulte qui revient le plus souvent : « tu es énorme, on dirait un éléphant » et nous allons trouver une riposte sur mesure comme « je suis peut-être énorme, mais je peux maigrir ; par contre, toi, tu ne pourras jamais grossir du cerveau ».

En résumé ce travail psy qui va permettre à la victime d’être acteur dans sa démarche de protection d’elle-même. Il me semble primordial que cette attitude puisse émerger le plus rapidement possible car ainsi le phénomène de répétition sera stoppé et n’apparaîtra plus dans sa vie future et si cependant cela devait se reproduire, l’agression serait de fait moins violente et surtout la victime serait en capacité cette fois-ci de riposter efficacement.

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Victime d’un pervers narcissique au travail ?

« J’ai la sensation de ne plus vraiment faire partie de mon entreprise. On ne me confie plus guère de missions, je ne suis plus convié aux réunions de travail, je me sens isolé. Mon supérieur parfois m’ignore, parfois me demande d’accomplir des tâches irréalisables. J’ai l’impression de ne plus exister aux yeux des autres. Cette situation me pèse beaucoup, je ne vois pas de solution. Comment puis-je y mettre un terme ? »

Il me semble que vous pourriez-ici être en proie à un pervers narcissique (PN). Je vais dans un premier temps vous aider à repérer un pervers narcissique, ensuite je vais vous éclairer sur les failles en vous qui permettent au PN d’avoir de l’emprise sur vous et enfin je vous donnerai des conseils pour vous protéger des PN.

Comment repérer objectivement un pervers narcissique ?

Le pervers narcissique se trouve souvent à des postes à  responsabilité avec des subordonnés sous ses ordres. Il n’éprouve aucun affect et son manque de scrupule peut dérouter. Son comportement est différent en public et en privé. Il ne s’excuse pas, ne supporte pas la critique et n’avoue jamais ses fautes.

Le pervers narcissique donne des injonctions paradoxales ou des ordres contradictoires, flous. Les objectifs sont souvent inatteignables et les demandes irréalistes. Il va alterner la flatterie et la dévalorisation, il va calomnier sa victime et va l’humilier. Sans raison apparente, il va passer de la bienveillance à une attitude cassante et sèche.

Son but est purement et simplement de vous détruire.

Comment repérer en vous le travail de sabotage d’un pervers narcissique ?

Les symptômes vont s’amplifier au fur et à mesure que le temps passe. Une impression de mal être va progressivement se transformer en l’idée que l’on ne vaut rien, vous avez peur, vous êtes désespéré et vous pouvez en dernier lieu faire un burn out ou avoir des pensées suicidaires.

Des symptômes physiques comme entre autre des migraines, des maux de ventre, des douleurs chroniques, du stress des insomnies vont venir compléter ces effets néfastes. Ils viennent mettre « en maux » votre souffrance psychique.

Les victimes vont souvent utiliser des antidépresseurs.

Quelles sont vos failles ?

Les victimes d’un pervers narcissique ne le sont jamais par hasard, il y a une part de « responsabilité » chez elles, car le pervers narcissique et sa victime se choisissent.

En effet, elles ont une structure de personnalité qui les désigne comme des proies idéales.

La victime a souvent eu une enfance difficile avec des parents pervers narcissiques et ne connaît pas d’autres type de rapport affectifs que ce rapport de dépendance et d’humiliation, de chantage affectif, de « je t’aime et je te hais, tu es tout pour moi et tu ne vaux rien. ». Elle n’a pas eu de nourriture affective pour se construire et souffre de carences telles que le manque d’estime d’elle-même, le manque de confiance en elle.

En réalité la victime et le pervers narcissique ont eu une enfance semblable. La différence est que le pervers narcissique a réussi à survivre en devenant un être dépourvu d’affect et trouvant sa jouissance dans le mal qu’il fait à l’Autre, à l’image d’une forteresse barricadée, hérissée de pics en fer et impénétrable, alors que sa victime s’est construite à l’image d’une maison aux fondations instables et ouverte aux intempéries.

Comment se protéger des pervers narcissiques ?

Le meilleur moyen de protection est dans ce cas toujours la fuite.

La victime va souvent être isolée au sein de l’entreprise car les autres salariés ont peur de perdre leur emploi s’ils venaient à prendre parti pour elle. Parfois, le pervers narcissique va même aller à se poser en victime de dénonciations calomnieuses et est capable de porter plainte pour diffamation contre sa victime. Il y toujours un décalage entre l’image qu’il donne de lui à l’extérieur et qui est très flatteuse et l’attitude en privé qui est radicalement à l’opposé.

Si toute fois vous voulez rester dans cette entreprise, je vous conseille de ne pas montrer vos émotions en cas de propos humiliants ou blessants car le PN trouve sa jouissance dans la vue du mal qu’il vous afflige.

Essayez de ne pas parler de votre vie, afin de ne pas lui donner de prise pour vous anéantir ultérieurement. Soyez le plus secret possible pour vous protéger.

Ne vous culpabilisez plus, en vous disant que ce n’est pas de votre faute si vous n’atteignez pas les objectifs car objectivement ils ne sont pas atteignables.

Ne vous justifiez plus, ne discutez plus car vous aurez toujours torts. Utilisez des expressions toutes faîtes telles que «  c’est votre opinion », « c’est votre avis ». Ces expressions ont l’avantage de vous permettre de rétorquer et donc de ne pas subir l’attaque puisque vous  riposter, mais aussi de vous protéger car elles ne vous empêtrent pas dans des discussions où vous aurez de toute façon à nouveau torts.

Envoyez des mails de confirmation de ce qui vous a été demandé afin d’avoir une preuve écrite et ainsi de vous protéger.

Lire nos articles sur l’apport de la psychanalyse à la victime d’un manipulateur pervers narcissique en famille et , sur les pervers narcissiques en entreprise et sur Comment moins subir la pression et le conformisme du groupe en entreprise ?

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Approches psychanalytiques de l’anorexie

« J’ai 18 ans, il y a deux ans je suis allée faire un séjour prolongé à l’étranger. J’ai décidé de perdre quelques kilos, car je me trouvais trop ronde. Très vite quelque chose a dérapé et je me suis retrouvée dans l’impossibilité de manger, j’ai perdu 10 kilos en quelques semaines, je ne contrôlais plus rien. »

Je vais expliquer dans un premier temps ce qu’est l’anorexie, avant de décrire les causes psy de cette maladie pour enfin donner des pistes pour s’en sortir.

Qu’est-ce que l’anorexie ?

L’anorexie est une maladie qui touche dans la plupart des cas les femmes. Souvent ce sont des jeunes femmes entre 15 et 25 ans. Au départ, elles décident de faire un régime afin de perdre du poids et elles ont faim. Elles vont donc lutter contre la prise d’aliments car l’appétit est encore là. Ensuite, la faim va disparaître et elles vont se trouver dans l’impossibilité de manger avec pour conséquence une perte de poids très rapide et une perte de contrôle sur ce qui leur arrive. C’est une maladie sévère où environ 15% des malades décèdent.

La personne anorexique va contrôler son assiette de façon drastique. Elle ne se trouve jamais assez mince. Elle va trier les aliments, éliminer les viandes, les féculents; elle va privilégier les fruits notamment les pommes et les laitages. Parfois elle prépare le repas, mais ne mange presque rien. Elle consomme une grande quantité de liquide, jusqu’à 3 litres par jour. Elle bouge beaucoup, afin d’éliminer « les kilos en trop », elle peut également faire usage de laxatifs et de diurétiques.

Quelles sont les causes psy de l’anorexie ?

Ces jeunes femmes sont dans une période soit de changement profond de leur corps ou alors elles n’ont pas accepté ou intégré le changement de leur corps et l’apparition des règles à l’adolescence. Elles ont leurs règles et leur corps se transforme de corps d’enfant en corps de femme avec comme corolaire la sexualité, la séduction et le désir. Ce chamboulement physique ajouté à un chamboulement hormonal va être la goutte d’eau qui va provoquer chez les jeunes femmes les plus fragilisées le basculement ou le basculement avec un effet retard lorsqu’elles sont plus âgées vers l’anorexie.

Les causes psy sont multiples….

Perte de contrôle du corps et plus largement perte du contrôle et de la maîtrise de leur vie

Parce qu’elles ont le sentiment de perdre le contrôle de leur corps en raison de ces modifications, elles vont essayer d’en reprendre le contrôle par une maîtrise hors norme de leur alimentation. Car contrôler leur image, leur corps et leur vie, c’est ce qui anime ces jeunes femmes.

Manque  de confiance en elles et sentiment de vide intérieur

Ces jeunes femmes souffrent souvent d’un manque de confiance en elles et d’un manque de confiance en l’Autre. Elles ne se sentent pas belles, elles sont mal dans leur corps, elles n’ont souvent pas de vision à moyen ou à long terme de ce que pourrait être leur vie, elles ont un sentiment d’impuissance face à leur vie, à l’amour, à l’avenir et à leur guérison de l’anorexie, elles ont la sensation d’un grand vide intérieur. Tout ce mal être va se stigmatiser sur le poids car elles se trouvent trop grosses et vont donc entamer un régime. En se focalisant sur leur corps, elles réussissent à mettre en veille inconsciemment toutes les autre souffrances et donc en quelque sorte de vivre mieux.

Sensation de souillure

L’objectif de ces jeunes femmes est de se purifier, d’éliminer, de se nettoyer. Il semble qu’elles ont une image souvent très négative de leur corps. Ce corps qui demande de la nourriture, qui digère, qui sue, a quelque chose d’animal. Elles sont dans une quête illusoire de pureté que ce processus vers une « désincorporation » progressive, en réalité la mort, vise à mettre en œuvre.

Rejet de la Femme en elles

Par cette perte de poids considérable, elles vont à nouveau avoir un « corps d’enfant ». Elles n’ont plus de seins, plus de formes, et surtout elles n’ont plus leurs règles. Elles échappent ainsi à ce statut de femme qui de toute évidence est ressentie comme une source considérable de danger et d’inconfort. On peut se demander quelle a été l’image de la Femme avec son corps, ses formes, l’expression de sa féminité qui  a été véhiculée inconsciemment dans l’entourage de ces jeunes femmes pour que le rejet soit à ce point violent.

Rejet de la sexualité

La relation à l’Autre n’existe plus dans l’anorexie. Il y a un complet retour sur elles-mêmes. Elles sont exclusivement centrées sur leur corps, la nourriture, la perte de poids. Elles ne se voient pas telles qu’elles sont en réalité, souvent squelettiques et toujours encore à leur yeux, trop grosses ! Elles n’ont pas la capacité de s’ouvrir à l’Autre, elles ne sont tout simplement pas en capacité d’investir une autre personne qu’elles-mêmes car trop en souffrance.

Rejet de la mère ?

Pendant longtemps et à l’heure actuelle encore souvent, il a été communément admis que l’anorexie est une maladie du lien : lien avec la mère. C’est la raison pour laquelle les jeunes filles hospitalisées sont généralement complétement coupées de leur famille. On considère donc que c’est la famille et la mère qui sont la cause de cette maladie. Pour ma part, je serais moins radicale, car jeter l’anathème sur la famille et surtout sur la mère, alors qu’il y déjà une telle souffrance face à la maladie de leur enfant et une telle impuissance, que ce jugement lapidaire ne fait que culpabiliser des personnes en état de faiblesse et ne résout au final rien du tout. Maintenant, je n’exclue pas cette possibilité mais je pense que c’est un aspect secondaire parmi une multitude d’autres causes.

Comment faire face à l’anorexie ?

Accepter de rompre avec la maladie

La personne anorexique est dans une relation de dépendance avec sa maladie. C’est un processus analogue au cas de la dépendance à l’alcool ou aux médicaments. Rompre avec elle signifie qu’il va y avoir une forte déstabilisation. Rejeter l’anorexie, c’est avoir la force de regarder en face ses angoisses et ses peurs. Car l’anorexie a permis à la jeune femme, en se focalisant sur son poids de mettre en veille ses intolérables souffrances et peurs et ainsi de pouvoir continuer à vivre. Il faut que ce processus de retour à une vie normale se fasse en finesse par une prise en charge psychanalytique afin de mettre à jour ses peurs et souffrances, où des mots seront mis sur celles-ci. A mon sens, le rapport à la nourriture ne devra être travaillé que bien plus tard quand toutes les causes psy inconscientes auront fait surface et auront été nettoyées.

Revenir sur le vécu…

Les causes de la maladie étant multiples, il conviendra de revenir sur le vécu et l’histoire familiale. Avant ce travail de fond, il me semble impensable de toucher au rapport à la nourriture car cela risque d’être contreproductif par une trop grande déstabilisation et pousser la personne anorexique à être encore plus extrême. Enfin, pour clore, j’estime que la guérison débutera et pourra se consolider grâce au lien qui se sera créé entre la personne souffrante et son thérapeute. C’est la confiance indéfectible du thérapeute dans le potentiel de guérison de son analysante qui va être selon moi, la pierre angulaire de sa guérison. Cette confiance qu’il déposera en elle, va lui permettre de reconquérir sa confiance en elle, de vivre une nouvelle maîtrise de sa vie, car il va la laisser libre de manger ou non, et de devenir une femme confiante en elle et en son avenir.

Lire notre article sur la thérapie de la boulimie par la psychanalyse.

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Approches psychanalytiques de la boulimie

« J’ai des crises de boulimie qui se répètent tous les jours et parfois plusieurs fois par jour. Je pense toujours à manger, à me gaver. Comme je ne veux pas prendre de poids, je prends la direction des toilettes pour me faire vomir. A  chaque fois, je me dis que j’arrête, que je redeviens normale. Mais ça ne fonctionne pas. Que puis-je faire ? »

La boulimie est un trouble du comportement alimentaire

Elle se caractérise par une pulsion incontrôlable de manger ou plus précisément de se remplir de nourriture sans nécessairement ressentir la faim. Ces crises sont le symptôme d’une souffrance dont l’apaisement passe par l’ingestion de nourriture. La boulimie  est  un réflexe de survie en réponse à une angoisse profonde. C’est le moyen qui vous permet de supporter cette immense souffrance.

Souvent, les boulimiques ont réussi dans la vie sociale et l’image de leur corps est primordiale. Elles ont peur de déplaire notamment en prenant du poids. En réalité, l’image corporelle et l’estime de soi sont souvent déficientes. En outre, il y a une forte culpabilité qui se manifeste lors des crises, on peut se ressentir comme étant anormale. Ici, rentre en compte un jugement de valeur sur vous qui vient renforcer votre souffrance. Vous êtes deux fois coupable, de vous faire vomir et vous faîtes, selon vous, quelque chose de pas normale.

Le travail psychanalytique pour soigner l’hyperphagie, la boulimie

Les crises de boulimie sont liées à un besoin de remplir un vide, un manque intérieur qui nous fait souffrir, en ingérant de la nourriture. Elles sont un signe de détresse, comblant un gouffre de peine, de chagrin ou de frustration. C’est le seul moyen que trouvent ces personnes et vous, pour dire à leur entourage de façon forte : «  j’existe ». Elles sont un démenti à l’impression d’inexistence, de peu de présence ressentie par les boulimiques.

Vous allez par le biais d’un travail thérapeutique remonter à l’origine de votre souffrance. Soulever les voiles de celle-ci, la regarder, la comprendre, mettre des mots sur elle afin d’arriver à un apaisement. Il ne s’agira pas de lutter contre la boulimie, mais dans un premier temps d’accepter cet état de fait pour arriver à un apaisement et dans le même temps réparer par un travail adapté à votre personnalité. Cela peut être un travail de face à face,  du divan, du dessin… C’est par la compréhension de ce grand vide et de votre souffrance que viendra un soulagement et à plus ou moins long terme la disparition des crises.

Lire notre article sur la thérapie de l’anorexie par la psychanalyse.

Valerie Sengler, psychanalyste, Paris ParValerie Sengler, psychanalyste, Paris

Victime d’un manipulateur pervers narcissique en famille ?

« Depuis trois ans, je vis avec un homme qui, quand je l’ai rencontré, avait tout pour plaire: il avait un côté rassurant, il avait du charisme, il gagnait bien sa vie.

Très vite, sans même que je ne m’en rende compte, il a commencé à être dévalorisant et culpabilisant. Dès que j’essaye de parler avec lui de ce problème, dans l’espoir d’avoir une relation de couple saine, il me dit que c’était moi qui prend tout mal, que l’on ne peut rien me dire, que je suis excessive et susceptible. Toutes ses phrases commencent par : « mais c’est toi qui… ». Je ne peux pas avoir une discussion constructive avec lui. C’est tout simplement impossible, il est incapable de se remettre en question. Quand je n’en peux plus et que je finis par partir, il me le reproche. Il a levé la main sur moi plus d’une fois. Je me dis que je l’ai poussé à bout, que c’est moi qui l’entraine à se conduire de la sorte. Parce que j’agis forcément d’une façon qui ne lui convient pas. Il faut que je rentre dans son cadre, que je sois comme il veut que je sois. « Tu es trop ceci, tu es trop cela ». Tantôt il me culpabilise, tantôt il me fait des éloges. Notre vie n’est que disputes et pleurs. Que puis-je faire pour sortir de cette impasse ? »

Culpabilisation et destruction de l’autre

Charmeur, séduisant, intelligent… Au premier abord, un pervers narcissique présente de nombreuses qualités et c’est bien là le danger ! Il nous protège, nous comprend. C’est le prince charmant. Le premier moment d’enchantement passé, il va immanquablement révéler sa vraie nature : intrusif, manipulateur, parfois violent, mais aussi doucereux presque hypnotique. Alternant agression et douceur, démonstration de force et (fausse) soumission, le pervers narcissique réduit l’autre à l’état d’objet. Grâce à son emprise, le manipulateur grignote le cerveau de l’autre jusqu’à le faire douter de lui-même. Il le détruit à petit feu, le coupe de son entourage.

Il culpabilise, dévalorise l’autre, sème la zizanie, change ses opinions et ses comportements en fonction des situations, ne tient pas compte des besoins des autres, il est tout simplement incapable d’empathie. Il n’a aucun problème, va très bien et considère que tous les problèmes viennent de l’autre. D’où une incapacité totale à se remettre en cause. L’autre perd de plus en plus pied, cherche à s’améliorer, à lui plaire, ne comprend plus rien et sombre souvent dans la dépression, la dévalorisation de lui-même pouvant aller jusqu’à la tentative de suicide.

L’approche du psychanalyste

Le travail thérapeutique va consister à chercher dans l’histoire de la victime, les failles qui font qu’elle donne prise à ce type de personnes, à ensuite décortiquer les mécanismes de manipulation ne serait-ce que pour les identifier et éviter qu’ils ne se reproduisent. Mais, au final, et sans doute avant tout, à sortir de cette relation d’interdépendance en comprenant le pourquoi de cette attirance. Il importe ensuite d’apprendre à renoncer à l’attente, si valorisante, d’être aimé par cette personne et à faire le deuil d’une communication idéale avec celle-ci.

Toutes les victimes évoquent « un sentiment de malaise », mélange d’attirance et de répulsion devant ce type de personne. Toutes notent aussi qu’elles n’ont, le plus souvent, pas pu ou pas voulu entendre ces signaux d’alerte. Et lorsqu’elles en prennent conscience, il est déjà souvent trop tard. La thérapie va permettre, d’une part, à apprendre à entendre ces divers signaux, à les décrypter et, d’autre part,  de se remettre « après », de se reconstruire psychiquement et éviter d’y replonger. Car souvent, la solution la plus adéquate sera la fuite. Et un travail sur soi-même qui évitera de répéter cette situation, en d’autres termes de retomber sous le charme d’un autre manipulateur.

Lire les approches thérapeutiques et la psychanalyse d’une victime d’un manipulateur pervers narcissique au travail.